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Protéger le droit à l’enfance et à l’éducation

Par La Prospérité
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A 14 ans, Islam se lève avant l’aube pour travailler dans les champs de la campagne égyptienne, aidant son père, tout en rêvant de devenir ingénieur. Comme lui, 138 millions d’enfants dans le monde sont pris dans l’engrenage du travail. Le secteur agricole demeure le plus touché, malgré une légère baisse de la part relative du travail des enfants avec l’âge.

Cette situation alarmante ne cesse de se rappeler à l’agenda international, et c’est dans ce contexte que se tient au Maroc un rendez-vous essentiel. Du 11 au 13 février à Marrakech, la Conférence des Nations Unies sur le travail des enfants met en lumière l’urgence de protéger le droit à l’enfance et à l’éducation.

Pourtant, malgré la promesse mondiale d’éradiquer le travail des enfants d’ici 2025, cet objectif semble déjà hors de portée, soulignant l’ampleur du défi à relever. Ces résultats en deçà des attentes se reflètent dans les chiffres alarmants rapportés par les agences de l’ONU.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), près de 8 % des enfants du monde entier travaillent. Parmi eux, 54 millions, soit environ 4 enfants astreints au travail sur 10, effectuent des travaux dangereux susceptibles de nuire à leur santé, à leur sécurité ou à leur moralité.

Les dangers de l’agriculture

Comme Islam, sur les 138 millions d’enfants travailleurs dans le monde, plus de 60 % % sont dans l’agriculture, « un secteur central mais dangereux ».

L’OIT pointe du doigt « une exposition aux pesticides, aux machines et outils tranchants, des efforts physiques intenses et des conditions climatiques extrêmes, limitant l’accès à l’éducation et renforçant le cycle de pauvreté ».

Mais au-delà des champs, les zones de conflit exposent également des millions d’enfants à des risques extrêmes. Les enfants dans ces zones ne sont pas seulement confrontés aux souffrances dues aux conflits, mais aussi aux conditions de travail extrêmes qui les attendent.

Dans un entretien accordé à ONU Info, Vera Paquete-Perdigão, Directrice du Département de la gouvernance à l’OIT, alerte sur la situation des enfants dans les zones de conflit, où 77 % d’entre eux vivent dans des conditions dramatiques. Ils sont confrontés à la perte de leurs moyens de subsistance, à la fermeture des écoles et à l’effondrement des services sociaux. Pire encore, beaucoup sont soumis à des formes de travail extrême, voire à la traite ou au recrutement par des groupes armés.

L’urgence d’agir

« L’entrée trop précoce dans la vie active compromet leur scolarisation et fragilise leur avenir », insiste-t-elle, soulignant l’urgence d’agir sur l’éducation, la protection sociale et le travail décent pour les adultes.

Face à cette urgence, la conférence de l’ONU au Maroc s’annonce cruciale. Elle se tient à un moment clé, après le bilan en demi-teinte sur certains aspects des Objectifs de développement durable (ODD). Elle devra évaluer les progrès, analyser les échecs et définir les priorités futures. Gouvernements, société civile et enfants fixeront ensemble le cap du prochain agenda de développement.

Pour comprendre les limites des ODD, il faut creuser les causes profondes du travail des enfants, un phénomène complexe et omniprésent qui freine l’avancée des objectifs mondiaux. Interrogée sur les raisons de ces progrès insuffisants sur l’ODD 8.7, la responsable de l’OIT rappelle que le travail des enfants n’est pas un problème isolé.

Résultat des inégalités sociales et éducatives

« Il reflète des enjeux plus larges, comme l’absence de protection sociale, l’accès limité à une éducation de qualité et le manque de travail décent pour les adultes. Ces facteurs structurels rendent la conférence de l’ONU au Maroc d’autant plus cruciale pour définir des solutions durables », a insisté Mme Paquete-Perdigão.

Ces défis structurels se trouvent amplifiés par les crises mondiales, qui exacerbent la vulnérabilité des enfants, en particulier lorsqu’ils perdent un parent ou vivent sans protection sociale. Confrontés à des risques accablants, leur situation devient de plus en plus insoutenable.

Face à cette réalité accablante, l’ONU appelle à une action urgente, notamment en Afrique subsaharienne, pour inverser cette tendance. L’OIT plaide pour un investissement massif dans l’éducation, afin de garantir un accès équitable pour tous, particulièrement pour les filles, souvent contraintes de quitter l’école trop tôt. La protection sociale et la création d’emplois décents sont aussi essentielles pour soutenir les familles et éviter le travail des enfants.

Pour un cadre juridique plus strict

Cependant, ces mesures ne suffiront pas sans un cadre juridique plus contraignant sur le travail des enfants. Pour lutter efficacement contre le travail des enfants, l’OIT plaide pour un cadre juridique plus contraignant.

Elle exhorte les États à ratifier la convention sur l’âge minimum d’accès à l’emploi et à appliquer pleinement la convention 182, qui cible les pires formes de travail des enfants. Cela passe par l’alignement de l’âge d’emploi sur la fin de la scolarité obligatoire et la révision des listes de travaux dangereux.

Mais au-delà de la législation, l’OIT insiste sur la nécessité d’améliorer l’éducation dans les zones à risque, notamment dans les secteurs comme l’agriculture ou les mines. « L’éducation de base gratuite est essentielle, mais elle doit aussi être de qualité et adaptée aux secteurs à risque, comme l’agriculture, les mines ou le travail domestique », a souligné Mme Paquete-Perdigão.

Cette approche éducative prend tout son sens dans des cas concrets, comme celui d’Islam, qui incarne cette lutte pour une enfance préservée. Au Maroc, l’OIT et ses partenaires attendent donc des engagements des Etats afin de garantir l’éducation des enfants et combattre le travail des enfants dans les secteurs à risque.

(Avec l’ONU)

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