A l’occasion de son intervention devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à
Genève, le Ministre des Droits humains de la République Démocratique du Congo, Samuel Mbemba, a lancé un appel solennel à la communauté internationale face à la gravité de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
S’appuyant sur le rapport officiel publié le 21 février 2026 par le Ministère des Droits humains, élaboré à partir des données consolidées des experts des Nations Unies et des ONG présentes sur le terrain, le Ministre a présenté un document accablant portant exclusivement sur la dernière année, soit 12 mois d’occupation de Goma, Bukavu et leurs environs.
Une année d’occupation, une année d’horreur
Le rapport dresse un tableau dramatique de la situation des droits humains au cours de cette seule année :
• 1 femme violée toutes les 4 minutes
• 17.015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique
• 7 millions de déplacés forcés
Ces chiffres, qualifiés de « glaçants » par le Ministre, illustrent l’ampleur des exactions commises dans les territoires occupés.
Selon les autorités congolaises, ces violences ne sont pas accidentelles : elles s’inscrivent dans une stratégie visant à assurer le contrôle et l’exploitation des ressources minières du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Le pillage systématique des minerais : le cas de Rubaya
Le rapport met particulièrement en lumière la situation dans les mines de Rubaya, où les forces rwandaises auraient pris en otage 30.000 exploitants artisanaux, contraints d’extraire 3 kg de Coltan par jour chacun.
Sur la base d’un prix estimé à 70 dollars le kilo, le calcul est sans appel :
3 kg × 70 $ × 30.000 exploitants × 365 jours = plus de 2 milliards de dollars par an, rien qu’à Rubaya.
Selon Me Samuel Mbemba, ceux qui refusent de se plier à ces exigences seraient exécutés sommairement.
Le Ministre a été sans ambiguïté :
La RDC demande des sanctions contre Paul Kagame.
Il a rappelé que le président rwandais demeure le supérieur hiérarchique des forces rwandaises présentes en RDC ainsi que des supplétifs de l’AFC/M23 opérant dans l’Est du pays.
Dans une déclaration forte, il a affirmé :
« Le Rwanda de Paul Kagame tue en RDC plus que le Roi Léopold II de Belgique ne l’a fait. »
Une comparaison historique destinée à illustrer l’ampleur des pertes humaines subies par la RDC au cours des décennies d’agression, et plus particulièrement au cours de cette dernière année d’occupation documentée.
Le Ministre Samuel Mbemba a interpellé directement la communauté internationale :
« Pour le Ministre des droits humains de la RDC, le silence n’est pas synonyme de neutralité. Il correspond à la complexité. »
Et d’ajouter que face à des crimes d’une telle ampleur, l’inaction ne saurait être tolérée.
La République Démocratique du Congo se dit prête à coopérer pleinement avec toute commission d’enquête internationale indépendante, tout en rappelant que plusieurs rapports onusiens ont déjà établi la présence des forces rwandaises et documenté les atrocités commises.
L’heure est à l’action
La RDC appelle :
• A des sanctions immédiates contre Paul Kagame ;
• A des sanctions contre les responsables militaires et les supplétifs de l’AFC/M23 ;
• A la cessation du pillage des ressources naturelles ;
• A la protection urgente des populations civiles.
Le message adressé à Genève est clair :
Une année d’occupation a produit une année d’atrocités. Trop, c’est trop.
La République Démocratique du Congo demande à la communauté internationale de transformer les constats en décisions concrètes et de faire prévaloir la justice face aux crimes commis sur son territoire.
Cellule de communication