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Elle s’appelait Catherine Nzuzi Wa Mbombo (Oraison funèbre par Thomas Luhaka Losendjola)

Par La Prospérité
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Il était une fois, au cœur de l’Afrique profonde, là où la terre rouge parle encore aux ancêtres et où les rivières murmurent les secrets des lignées, une enfant vint au monde loin de sa tribu . . . comme si le destin l’avait déjà choisie. L’enfant née entre deux mondes Ses parents, Henri Nzuji et Alice Mbombo, étaient du peuple Lulua, enracinés dans les terres du Kasaï. Mais la vie, dans sa sagesse mystérieuse, décida que leur fille naîtrait ailleurs. Ainsi, le 19 décembre 1944, à Tshumbe–Sainte–Marie, au cœur du territoire des Batetela, là où grandit l’intrépide Ngongo Lutete, naquit Catherine. On raconte, dans les traditions africaines, que les enfants qui naissent loin de leur terre portent souvent un destin plus large que leur clan.Catherine était de ceux-là. Son père, infirmier respecté, était en mission. Sa mère, femme de devoir, veillait sur le foyer. Ensemble, ils formaient ce que l’on appelait alors une famille d’évolués — ces Congolais qui, à l’aube des indépendances, marchaient déjà entre tradition et modernité.Le vent de l’Histoire souffle Lorsque la famille retourna à Luluabourg, le père devint bourgmestre. La maison Nzuji rayonnait.Mais dans le ciel du Congo, les nuages s’amoncelaient. Le pays entrait dans l’histoire . . . et dans la tourmente. Au loin, une voix s’élevait, forte, digne, indomptable : celle de Patrice Emery Lumumba, héros national, porteur du rêve d’un Congo libre et debout. Et dans l’ombre de ce rêve, un jeune homme avançait avec foi : Emmanuel Nzuji, le frère aîné de Catherine. Le frère devenu martyr À Kinshasa, la ville aux mille visages, Emmanuel devint Nzuzi — un nom transformé par la rencontre des peuples, comme souvent au Congo.Il était jeune, courageux, engagé. Président de la jeunesse du MNC-Lumumba, il croyait en l’avenir.Mais les temps étaient cruels.En janvier 1961, il fut arrêté. Quelques semaines plus tard, après la chute et l’assassinat de Lumumba, le destin s’assombrit encore. Le groupe de Mbinza, dans les jeux de pouvoir de l’époque, lança la chasse aux lumumbistes. Emmanuel fut envoyé à Bakwanga. Et là, le 13 février 1961, dans la nuit sans lune du Kasaï, comme si l’obscurité pouvait atténuer le forfait de leurs bourreaux, il fut exécuté avec ses compagnons . . .Au cours d’un cirque macabre qui horrifia les âmes sensibles, non par justice, mais par la violence sauvage des hommes. Catherine, encore jeune, porta ce deuil comme une cicatrice invisible.Une blessure qui ne se referme jamais, mais qui forge une âme. La femme qui se relève La vie ne s’arrête jamais en Afrique. Même dans la douleur, elle pousse. Comme ces herbes folles qui poussent à des endroits improbables Catherine, digne, courageuse, se lança dans le petit commerce. Elle apprit à survivre, à observer, à comprendre les hommes et leurs jeux. C’est alors que le destin croisa à nouveau sa route. Elle rencontra Roger Kithima, homme de pouvoir, ancien proche de Lumumba, qui deviendra l’un des piliers du régime à venir. Leur rencontre n’était pas un hasard. C’était un passage initiatique au rituel congolais du pouvoir. Catherine appris le jeu du pouvoir . . . L’homme au léopard et la naissance d’un nouveau monde Puis vint 1965.Un homme surgit sur la scène du Congo, bientôt appelé Zaïre. Un homme à la toque de léopard, symbole d’autorité et de puissance : Mobutu Sese Seko. Avec lui, une nouvelle ère commença. Les partis furent dissous, puis un seul naquit, comme un soleil unique dans le ciel politique : le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR). C’était plus qu’un parti.C’était un système. Une vision. Un monde. L’étoile de Catherine En mai 1967, au moment même où le MPR voyait le jour à la N’sele, une autre étoile s’élevait. Catherine Nzuzi wa Mbombo fut nommée bourgmestre de la Gombe. Elle n’avait que 23 ans. Jeune. Belle. Intelligente. Déterminée. Dans une ville où se jouaient les destinées du pays, elle entra dans l’histoire. Certains diront plus tard :Ce mois-là, deux forces naquirent à Kinshasa : le MPR… et Catherine Nzuzi. L’amour d’une vie : le pouvoir et la loyauté Pendant plus de quarante ans, Catherine resta fidèle.Fidèle à un système.Fidèle à une vision.Fidèle à une époque. Pour beaucoup, le MPR fut son grand amour politique.Elle traversa les années comme on traverse une longue saison africaine : avec endurance, avec intelligence, avec instinct.Et l’histoire continue… A luta continua victoria e certa Car en Afrique, les destins ne s’achèvent jamais vraiment. Ils se transmettent. Ils se racontent. Ils deviennent mémoire. Et l’histoire de Catherine Nzuzi wa Mbombo, née loin de sa terre mais destinée à marquer son temps, n’est pas encore terminée. . . Elle ne fait que commencer en cette année de grâce 1967. À suivre… Thomas Luhaka Losendjola Avocat au barreau de Kinshasa-Gombe

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