Hier, mercredi 8 avril 2026, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a lancé à Kinshasa la première édition de la Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux publics, une initiative gouvernementale majeure pensée pour dresser un état des lieux concret du secteur infrastructurel, réajuster les priorités et engager des mécanismes clairs afin de permettre à la RDC de s’adapter durablement aux mutations du monde moderne.
Dans son allocution solennelle, le Chef de l’État a démontré l’importance d’une politique efficace en matière des infrastructures dans un pays aux ambitions multidimensionnelles comme la République démocratique du Congo, affirmant en profondeur son engagement en faveur d’une gouvernance au service du bien-être des populations. Dans un ton de sérénité assumée, le Président Tshisekedi a laissé entendre que les infrastructures constituent l’âme d’un État, rappelant leur impact dans les échanges humains, la valorisation de la production intérieure et le renforcement des investissements. Dans un ton plus serein, il a vivement affirmé sa détermination à faire des infrastructures et des travaux publics le socle de l’intégration et de la diversification de l’économie nationale. »Cette orientation s’inscrit pleinement dans le Plan national stratégique de développement 2024-2028, qui place la modernisation des infrastructures au cœur de la transformation économique, sociale et territoriale de notre pays. Elle rejoint également les dynamiques africaines actuelles, qui font des corridors, de l’intégration logistique, des chaînes de valeur régionales et de la résilience climatique des priorités de premier ordre », a démontré Félix Tshisekedi. « À l’horizon 2034, ma vision est de faire de la République Démocratique du Congo un pays pleinement intégré, moderne et compétitif sur la scène continentale.Notre ambition est de transformer notre position géographique exceptionnelle en avantage stratégique décisif. Située au cœur du continent, notre pays a vocation à devenir un grand corridor de transit entre l’océan Indien et l’océan Atlantique, mais aussi entre l’Afrique du Nord et l’Afrique australe. Cette centralité doit cesser d’être une donnée géographique passive ; elle doit devenir un levier actif de richesse, d’intégration et de puissance économique » a clarifié, en outre, le Chef de l’État dans son discours, devant les autorités politico-administratives du pays et d’autres personnalités de marque.
La Pros.
MOT DE SON EXCELLENCE MONSIEUR FELIX-ANTOINE TSHISEKEDI TSHILOMBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO, A L’OCCASION DE LA CONFÉRENCE NATIONALE SUR LES INFRASTRUCTURES ET LES TRAVAUX PUBLICS (CN-ITP)
Kinshasa, le 08 Avril 2026Honorable Président de l’Assemblée nationale,Honorable Président du Sénat,Madame la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement,Honorables Députés et Sénateurs,Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,Mesdames et Messieurs les Chefs de missions diplomatiques et Représentants des Organisations du Système des Nations Unies,Mesdames et Messieurs les Représentants des Partenaires techniques et financiers,Mesdames et Messieurs les Chefs d’entreprises,Mesdames et Messieurs les experts, universitaires et membres de la diaspora,Distingués invités,Mesdames et Messieurs,C’est avec une réelle confiance dans les capacités de notre pays, que je procède ce jour à l’ouverture de la première édition de la Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics.Je voudrais, avant toute chose, saluer le Gouvernement de la République, les administrations sectorielles, les partenaires techniques et financiers, les opérateurs économiques, les experts, les universitaires, ainsi que tous les organisateurs qui ont contribué à la tenue de cette importante rencontre. Je salue également la présence de nos compatriotes de la diaspora, dont les compétences, l’expérience et l’attachement à la Nation peuvent utilement nourrir la transformation structurelle que nous voulons engager. Mesdames et Messieurs,Le thème retenu pour cette conférence — « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les infrastructures et les travaux publics en République Démocratique du Congo » — touche à l’une des questions les plus décisives pour l’avenir de notre pays.Car les infrastructures ne sont pas seulement une affaire de routes, de ponts, de ports, d’aéroports ou de bâtiments. Elles sont l’ossature même de l’État. Elles structurent le territoire. Elles relient les populations. Elles fluidifient les échanges. Elles soutiennent la production. Elles sécurisent l’investissement. Elles conditionnent, en définitive, la capacité d’une nation à transformer ses ressources en prospérité partagée.Pour un pays-continent comme la République Démocratique du Congo, la question des infrastructures est donc une question de souveraineté, de cohésion nationale et de compétitivité.Distingués participants,Mesdames et Messieurs,Pour savoir où nous devons aller, il nous faut regarder avec lucidité d’où nous venons.Notre pays a longtemps souffert d’un déficit chronique de connectivité. L’excentricité de plusieurs de nos espaces, l’enclavement de nombreux territoires, la faiblesse du réseau routier revêtu, la dégradation des voies ferrées, le sous-équipement portuaire et fluvial, ainsi que l’insuffisance de l’offre énergétique et numérique, ont freiné l’intégration du marché national, renchéri les coûts logistiques et affaibli la dynamique de production. Or, sans infrastructures adaptées, il ne peut y avoir ni essor agricole durable, ni industrialisation solide, ni émergence urbaine véritablement maîtrisée.Au cours de mon premier mandat, nous avons entrepris de stabiliser les fondations et de relancer l’action publique dans des secteurs où l’État s’était trop souvent effacé.C’est dans cet esprit que nous avons lancé le Programme de Développement Local des 145 Territoires, initiative sans précédent qui a permis de rapprocher l’action publique des populations à travers la construction d’écoles, de centres de santé, de forages, ainsi que d’infrastructures de base. Cette logique était simple : il ne saurait y avoir d’émergence nationale durable sans base territoriale solide. Malgré des contraintes budgétaires majeures, nous avons engagé la réhabilitation de plusieurs tronçons critiques, poursuivi la modernisation d’infrastructures aéroportuaires, portuaires et administratives, et réaffirmé, avec constance, le rôle stratégique des routes nationales en tant qu’artères de l’unité économique du pays.Mais nous devons aussi avoir la lucidité de reconnaître que l’ampleur des besoins reste considérable. C’est pourquoi le moment est venu de franchir une nouvelle étape, de changer d’échelle, et d’inscrire notre action dans une dynamique plus ambitieuse, plus structurée et plus soutenue.Distingués participants,Mesdames et Messieurs,Ma vision demeure claire : faire des infrastructures et des travaux publics le socle de la diversification de notre économie et de l’intégration effective de notre territoire.Cette orientation s’inscrit pleinement dans le Plan national stratégique de développement 2024-2028, qui place la modernisation des infrastructures au cœur de la transformation économique, sociale et territoriale de notre pays. Elle rejoint également les dynamiques africaines actuelles, qui font des corridors, de l’intégration logistique, des chaînes de valeur régionales et de la résilience climatique des priorités de premier ordre. Cette ambition repose sur plusieurs axes.Le premier est l’aménagement et la réhabilitation du réseau routier national et des voies de desserte agricole.Nos routes ne sont pas de simples ouvrages de circulation. Elles sont des vecteurs d’unité, des leviers de production, des instruments de présence de l’État et des supports de justice territoriale. Accélérer les travaux sur les axes structurants, désenclaver les bassins de production et améliorer la qualité des dessertes rurales, c’est agir concrètement sur le coût de la vie, sur la fluidité des échanges et sur la compétitivité de notre économie. Telle est l’ambition qui guide notre action. Elle se traduit par un objectif clair : porter à 25 % la part des routes nationales revêtues à l’horizon 2030. Dans cette perspective, les travaux s’intensifient sur la RN1, véritable colonne vertébrale reliant l’Atlantique au Katanga, sur la RN2, qui relie le centre du pays à l’Est, ainsi que sur les axes stratégiques que constituent les RN4 et RN5.Le deuxième axe est la construction de corridors de développement le long de nos principales voies de transport structurantes.Il ne s’agit plus seulement de construire des routes isolées, mais d’organiser de véritables espaces économiques reliés aux zones de production, aux centres de consommation, aux plateformes logistiques, aux pôles énergétiques et aux débouchés régionaux.Le troisième axe est la consolidation d’un système multimodal moderne, articulant routes, rail, ports, voies fluviales, lacs et aéroports.Sur ce point, le projet du port en eau profonde de Banana revêt une importance stratégique majeure. Il a vocation à renforcer durablement l’ouverture maritime de la République Démocratique du Congo, à réduire les coûts et les délais logistiques, et à accroitre l’attractivité commerciale du pays. Dans le même élan, la modernisation des aéroports, notamment ceux de Kisangani, Kananga, Mbuji-Mayi et Bunia, ainsi que celle des ports fluviaux et lacustres, en particulier à Kalemie et Mbandaka, doit être poursuivie avec méthode, constance et sens de la priorité. Le quatrième axe est l’intégration des infrastructures énergétiques et numériques dans notre stratégie de connectivité.Il n’y a pas d’infrastructures modernes sans énergie fiable et accessible. Il n’y a pas de compétitivité durable sans un socle numérique solide. C’est pourquoi le déploiement de la fibre optique, l’extension des capacités de production et de distribution de l’électricité, ainsi que le soutien aux solutions énergétiques décentralisées, notamment solaires, conformément aux orientations du Programme d’Investissement Public 2026-2028, doivent accompagner étroitement notre politique d’infrastructures pour transformer nos territoires en espaces d’opportunités. Dans cette perspective, chaque kilomètre d’infrastructure réalisé doit être pensé non seulement comme un ouvrage de desserte, mais aussi comme un levier de modernisation économique et de transformation sociale.Mesdames et Messieurs,Mais bâtir ne suffit plus. Il faut bâtir mieux, durablement et de façon innovante.Nous devons sortir d’une logique de réparation permanente pour entrer dans une véritable culture de système. Un système qui planifie, qui norme, qui entretient, qui anticipe, qui évalue les coûts sur le cycle de vie des ouvrages ; un système, enfin, qui intègre les exigences du climat, de l’innovation, de la durabilité et de la compétitivité.Le changement climatique nous impose désormais de penser des infrastructures résilientes, capables de supporter des épisodes météorologiques plus extrêmes, des régimes hydrologiques plus instables et une pression accrue sur les sols et les ouvrages. La Banque mondiale appuie d’ailleurs désormais en République Démocratique du Congo l’élaboration d’approches multimodales résilientes au climat et de programmes prioritaires d’investissement associés. De la même manière, nous devons mieux valoriser les matériaux locaux, promouvoir la recherche appliquée, encourager les innovations techniques adaptées à nos réalités environnementales, et intégrer pleinement les outils numériques dans la conception, le suivi, la maintenance et la gestion de nos infrastructures. Cela suppose, en parallèle, une évolution résolue vers des normes de construction plus rigoureuses, plus durables et mieux adaptées à notre contexte national.À l’horizon 2034, ma vision est de faire de la République Démocratique du Congo un pays pleinement intégré, moderne et compétitif sur la scène continentale.Notre ambition est de transformer notre position géographique exceptionnelle en avantage stratégique décisif. Située au cœur du continent, notre pays a vocation à devenir un grand corridor de transit entre l’océan Indien et l’océan Atlantique, mais aussi entre l’Afrique du Nord et l’Afrique australe. Cette centralité doit cesser d’être une donnée géographique passive ; elle doit devenir un levier actif de richesse, d’intégration et de puissance économique.C’est dans cette perspective que nous visons la mise en place d’un système de transport intégré, fluide et performant, dans lequel les échanges pourront se déployer sans entrave de Banana à Goma, de Banana à Sakania, et au-delà, vers les grands espaces économiques régionaux. Cette ambition implique notamment le développement du chemin de fer à écartement standard, la montée en puissance du port en eau profonde de Banana, ainsi que l’interconnexion progressive de nos infrastructures routières, ferroviaires, fluviales et portuaires, afin de capter une part croissante des flux de marchandises et de personnes générés par la Zone de libre-échange continentale africaine.Nous projetons également de développer un réseau ferroviaire moderne à écartement standard, capable de relier nos ports fluviaux et maritimes aux réseaux de l’Afrique australe et de l’Afrique de l’Est. Dans cette vision, le port en eau profonde de Banana, tout comme le pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville, ne doivent plus être perçus comme de simples projets, mais comme les piliers structurants d’une économie de transit dynamique, compétitive et créatrice de valeur pour notre pays.Mesdames et Messieurs les panelistes,Chers participants,Cette conférence ne doit pas être un exercice de plus. Elle ne doit pas être un forum d’intentions. Elle doit être un moment de clarification, de méthode et de décision.J’attends de vos travaux qu’ils débouchent sur des recommandations directement opérationnelles, ainsi que sur une feuille de route claire pour la mise en œuvre de la politique nationale des infrastructures et des travaux publics. J’attends, à cet effet, des propositions concrètes permettant d’identifier avec précision ce qui doit être engagé à court terme, structuré à moyen terme, et porté avec ambition à long terme.Pour réussir ce pari, l’implication de toutes les parties prenantes est indispensable.J’en appelle au secteur privé, national comme international, pour qu’il s’engage davantage dans le financement, la réalisation, l’entretien et l’exploitation des infrastructures structurantes, dans le cadre de partenariats public-privé équilibrés, transparents et mutuellement bénéfiques.J’en appelle à nos partenaires techniques et financiers, pour qu’ils continuent d’accompagner la République Démocratique du Congo dans une logique de transformation systémique, de transfert de compétences et de renforcement institutionnel.J’en appelle à notre diaspora, qui peut contribuer utilement à l’ingénierie, à l’innovation, au management des projets et à la structuration des filières techniques.J’en appelle enfin à la responsabilité de tous les acteurs politiques, sociaux et économiques. Le développement des infrastructures exige de la continuité, de la stabilité et de la cohérence. Les intérêts partisans ne peuvent l’emporter sur l’intérêt supérieur de la Nation. Le temps des blocages stériles doit céder devant la culture de l’exécution. Distingués participants,Mesdames et Messieurs,Nous nous sommes longtemps réunis autour de cartes, de rapports et de diagnostics. Nous avons mesuré nos retards, identifié nos lacunes et documenté nos besoins.Mais le développement ne se décrète pas. Il se bâtit.Le béton, l’acier, le bitume, les rails, les réseaux et les ports ne sont pas de simples objets techniques. Ils sont les supports matériels de notre liberté économique. Sans routes praticables, nos productions restent enclavées. Sans ports modernes, notre commerce reste captif. Sans énergie fiable, notre industrialisation demeure incertaine. Sans infrastructures entretenues, nos ambitions s’épuisent dans la répétition des urgences.C’est pourquoi je vous le dis avec conviction : le temps du diagnostic doit désormais céder la place au temps de l’action structurée.Je veux que chaque route tracée devienne une artère nouvelle irriguant le cœur de nos provinces. Je veux que chaque pont jeté sur nos fleuves soit un trait d’union entre nos territoires, nos peuples et nos ambitions. Je veux que chaque école bâtie soit un sanctuaire du savoir, où s’éveille l’intelligence de nos enfants. Je veux que chaque hôpital érigé soit un rempart pour la vie et la dignité humaine. Je veux que chaque port modernisé ouvre davantage notre pays aux échanges et à la prospérité. Je veux que chaque aéroport réhabilité devienne un levier de mobilité, d’intégration et de rayonnement. Je veux, enfin et surtout, que chaque infrastructure utile soit une pierre de plus posée à l’édifice de notre souveraineté économique et de notre puissance nationale.Le défi est immense, mais notre détermination l’est davantage. La République Démocratique du Congo n’est pas condamnée à l’enclavement. Elle n’est pas condamnée à subir son immensité.Nous pouvons faire de notre géographie une force, de nos corridors une richesse, de nos infrastructures un levier de puissance et de notre territoire un espace mieux intégré, plus productif, plus moderne et plus compétitif.C’est à cette tâche que je vous convie. C’est à cette œuvre que j’engage le Gouvernement. C’est à cette ambition que j’appelle la Nation.Sur cette conviction, je déclare officiellement ouverte la Conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics.
Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo et son peuple.
Je vous remercie.