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OIF : face à la RDC et au Rwanda, comment la Mauritanie prépare en coulisses sa candidate

Par La Prospérité
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Depuis plusieurs mois, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani travaille dans l’ombre à la candidature de la ministre Coumba Ba au poste de secrétaire générale de la Francophonie. Explications.

Si elle n’est pas encore officiellement lancée dans la course, c’est désormais une question de semaines, voire de jours. Envoyée spéciale pour la Francophonie (avec rang de ministre) du chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, Coumba Ba compte bien concurrencer en novembre prochain la candidate du Rwanda, Louise Mushikiwabo, en lice pour sa propre succession, et celle de la RDC, l’ex-ministre Julienne Adame Lusengu.

L’annonce officielle de la candidature de cette dernière, fille de Patrice Lumumba, a été faite ce 27 février, deux jours après un déjeuner à l’Élysée entre Félix Tshisekedi et Emmanuel Macron. La stratégie de Nouakchott est claire : imposer Coumba Ba comme un choix consensuel pour les pays membres de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) alors que le conflit dans l’est de la RDC continue et que les tensions entre Kinshasa et Kigali, allié des rebelles de l’AFC/M23, sont extrêmement vives. Et donc, leur éviter de trancher en faveur de la RDC ou du Rwanda.

Ould Ghazouani à Paris

Le succès diplomatique remporté par Nouakchott avec l’élection de Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), en mai 2025, a galvanisé les équipes de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. « Nous sommes un pays à la périphérie de tout le monde et en conflit avec personne », glisse l’un des proches collaborateurs du chef de l’État. La Mauritanie mise aussi sur le fait d’être « le seul allié de la France au Sahel » et « le seul pays francophone assumé » de la région pour séduire des pays comme le Canada, la Belgique ou encore la Suisse.

Elle compte également sur le soutien des pays francophones de la Ligue arabe. Enfin, elle table sur le carnet d’adresses de sa candidate, qui fut très proche de Macky Sall et qui a ses entrées chez Denis Sassou Nguesso, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, ou encore Félix Tshisekedi. C’est d’ailleurs ce qu’Ould Ghazouani devrait redire à Emmanuel Macron lors de sa visite d’État en France le 15 avril prochain.

Le refus de Louise Mushikiwabo

Coumba Ba, 54 ans, a l’oreille des présidents mauritaniens depuis Maaouiya Ould Taya, au pouvoir de 1984 à 2005. Originaire de la région du Gorgol (Sud), issue d’une grande famille aristocratique peule, cette chirurgienne-dentiste de formation avait été nommée ministre de la Fonction publique dès la première élection de Mohamed Ould Abdelaziz, en juillet 2009, avec qui elle entretenait de bonnes relations.

Elle s’est par la suite vue confier d’autres portefeuilles (Affaires africaines, Jeunesse et Sports, Fonction publique) avant de rebondir comme conseillère, toujours avec rang de ministre, après l’arrivée au pouvoir de Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, dont elle est également proche – ce qui est une particularité en Mauritanie, le chef de l’État et son prédécesseur, autrefois amis, étant devenus des ennemis jurés, obligeant de fait chacun à choisir son camp.

Devenue envoyée spéciale pour la Francophonie en septembre dernier et bien connectée à Niamey, elle avait, selon nos informations, d’abord cherché il y a quelques mois à obtenir un mandat d’envoyée spéciale de l’OIF pour le Sahel. Mais Louise Mushikiwabo, qu’elle avait personnellement démarchée, n’avait pas donné suite à sa demande.

Jeune Afrique

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