Dans son message pascal 2026, le Cardinal Fridolin Ambongo Besungu, Archevêque métropolitain de Kinshasa, a lancé une ferme interpellation aux autorités congolaises. Il a dénoncé une situation qui ‘’blesse la communion nationale’’ par manque de lucidité dans la conduite de l’action publique, mettant en exergue des défis liés entre autres à la sécurité des populations, à la qualité des infrastructures, au rétablissement de la paix dans l’Est du territoire national.‘’
Au fil du temps, les prophètes présentent cette communion comme une alliance de paix indestructible (Is 54), comme une table ouverte à toutes et tous sans exclusion (Is 55) et comme un renouveau intérieur du peuple par le don d’un cœur nouveau et d’un esprit nouveau (Ez 36). Dans le Christ, cette communion atteint son accomplissement dans le baptême, par lequel nous sommes unis à sa mort et à sa résurrection, pour devenir un seul peuple convié à annoncer les merveilles de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière (Rm 6). La Résurrection fait ainsi naître une humanité réconciliée, appelée à l’unité et à la fraternité. Pourtant, la réalité dans notre Pays semble profondément contredire ce projet de communion. En effet, notre terre est meurtrie. A Kinshasa, par exemple, la violence sous ses multiples formes ne cesse de croître. Les infrastructures se dégradent, rendant les conditions de vie de plus en plus difficiles. Se déplacer devient un véritable casse-tête, même pour celles et ceux qui travaillent pourtant à soutenir l’économie nationale. En même temps, une partie de notre territoire demeure encore occupée. Les conflits armés persistent. Des populations déplacées vivent dans le dénuement et la précarité. La jeunesse est exposée au désespoir. Toutes ces situations blessent gravement la communion nationale. Mais la lumière de Pâques nous invite à croire fermement que rien n’est irréversible’’, a souligné, dans son message solennel de Pâques, le Prélat catholique.
La Pros.
MESSAGE À L’OCCASION DE LA PAQUES 2026
‘‘Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut (Col 3,1)’’Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,1. Le Christ est ressuscité, Alléluia ! Il est vraiment ressuscité, Alléluia ! En cette fête très sainte de Pâques, l’Église exulte de joie : la mort est vaincue et la vie a triomphé. Mais la Résurrection n’est pas seulement un événement à célébrer ; elle est un appel à une transformation profonde de notre existence. Comme nous y exhorte l’Apôtre Paul Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut (Col 3,1).2. Célébrer Pâques, c’est entrer dans une vie nouvelle, une existence de communion. Cette union intime plonge ses racines aux origines mêmes de l’humanité, lorsque Dieu crée l’être humain à son image pour vivre en relation avec lui, avec les autres et avec la création (Gn 1-2). Avec Abraham, cette communion prend la forme d’une alliance fondée sur la confiance et la fidélité, même au cœur de l’épreuve (Gn 22). Dans la traversée de la mer Rouge, elle devient l’expérience collective d’un peuple qui marche ensemble, vers sa liberté (Ex 14).3. Au fil du temps, les prophètes présentent cette communion comme une alliance de paix indestructible (Is 54), comme une table ouverte à toutes et tous sans exclusion (Is 55) et comme un renouveau intérieur du peuple par le don d’un cœur nouveau et d’un esprit nouveau (Ez 36). Dans le Christ, cette communion atteint son accomplissement dans le baptême, par lequel nous sommes unis à sa mort et à sa résurrection, pour devenir un seul peuple convié à annoncer les merveilles de Celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable Lumière (Rm 6). La Résurrection fait ainsi naître une humanité réconciliée, appelée à l’unité et à la fraternité.4. Pourtant, la réalité dans notre Pays semble profondément contredire ce projet de communion. En effet, notre terre est meurtrie. A Kinshasa, par exemple, la violence sous ses multiples formes ne cesse de croître. Les infrastructures se dégradent, rendant les conditions de vie de plus en plus difficiles. Se déplacer devient un véritable casse-tête, même pour celles et ceux qui travaillent pourtant à soutenir l’économie nationale. En même temps, une partie de notre territoire demeure encore occupée. Les conflits armés persistent. Des populations déplacées vivent dans le dénuement et la précarité. La jeunesse est exposée au désespoir. Toutes ces situations blessent gravement la communion nationale. Mais la lumière de Pâques nous invite à croire fermement que rien n’est irréversible.5. Rechercher les réalités d’en haut ne signifie pas fuir les responsabilités de ce monde, mais orienter notre vie selon les valeurs du Royaume: la vérité, la justice, la paix et la communion ou le vivre-ensemble harmonieux. Dès lors, cette communion apparaît comme une exigence évangélique et une urgence nationale. Elle nous appelle à dépasser les clivages, à guérir les blessures, à restaurer la confiance et à reconstruire les liens brisés. Ce vivre-ensemble harmonieux exige de chacun un engagement personnel et collectif pour le bien commun. Certes, cette communion commence dans nos cœurs, mais elle doit se traduire dans des structures, dans des décisions et dans des comportements.6. Pâques nous indique qu’il est temps de faire le choix courageux du dialogue et de la paix. Pour soutenir la foi des disciples apeurés, Jésus Ressuscité entre en dialogue avec eux, en diverses circonstances. Pour notre Pays, cette dynamique du dialogue nous invite notamment à adhérer sincèrement à l’initiative du Pacte pour la paix et le bien vivre-ensemble. En réalité, ce dialogue constitue aujourd’hui un chemin concret pour restaurer la communion nationale, consolider l’unité du pays et ouvrir un avenir d’espérance.7. Que le Christ ressuscité, Prince de la paix, fasse de notre Pays une véritable terre de communion, de réconciliation et d’espérance. Qu’il nous donne la grâce de rechercher sans cesse les réalités d’en haut, là où se trouve le vrai bonheur.Joyeuses fêtes de Pâques à toutes et à tous !Avec ma bénédiction apostolique !Fridolin Cardinal Ambongo Besungu, ofm capArchevêque Métropolitain de Kinshasa