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Leader du folklore songye en RDC. MI-AMOR : ‘‘mes œuvres exceptionnelles font de moi sorcier pour les autres’’
Le 27/02/2017

 «BWIPENKA» est le titre phare du nouveau disque du célèbre griot Songye. «Bwipenka » signifie «la solitude  est douloureuse». Un homme seul est l’esclave de tous ceux qui sont nombreux. Voilà le message du chanteur Mi-Amor Mputu Ebondo, à travers son 15ème album en solo sorti dans les éditions Musongye Mukelenge, à Kinshasa. Cette œuvre anthologique intervient au lendemain de la disparition du bassiste du groupe TG Basokin, dont la mort est, pour certaines langues,  attribuée à Mi-Amor. Accusé à tort de sorcellerie,  l’incontestable leader de la musique traditionnelle Songye a réagi au cours d’une interview à bâtons rompus, qu’il a accordée à votre journal, La Prospérité, au siège de l’orchestre, en plein Matonge.

Retrouvez –le dans les lignes qui suivent :

Comment réagissez-vous lorsque certaines personnes racontent que vous avez sacrifié le bassiste de BASOKIN pour le succès de votre nouvel album?

MI-AMOR : Le basiste  est mort d’une maladie connue, mais une courte maladie. Ce n’est pas une maladie contagieuse qu’il a attrapée dans le groupe. La mort vient comme tout le monde peut mourir. Tu veux savoir si de quoi il est mort ? Peut-être sacrifié dans le groupe ou je ne sais quoi. Si vous avez attendu quelques choses au sujet de sa mort dit le moi clairement.

Quand quelqu’un meurt en Afrique, il y a toujours des bruits tout autour. Si c’est Mi-Amor qui les bouffe, mais pour quoi faire. Je l’ai toujours dit : on meurt lorsqu’on devient extrêmement faible. Je ne sais pas ce qu’un mort peut faire pour moi qui suis vivant. Un mort, d’après ce que nous apprenons, n’a que deux endroits. Il va soit en enfer ou au paradis. Aucune personne morte, aucun musicien mort, au lieu d’aller au paradis ou en enfer, va venir habiter dans ma bouche pour chanter à ma place, encore moins vivre dans mon cœur ou dans mon cerveau pour m’aider à créer des chansons ou pour me donner des inspirations des chansons.

Pourquoi, à chaque fois qu’un musicien meurt dans Basokin, les gens vous pointent du doigt ? 

MI-AMOR : Il faut retenir que Mi-Amor n’est pas n’importe qui. Il n’y a que sur l’arbre qui porte des fruits qu’on jette des pierres. Mi-Amor n’a pas que d’amis. J’ai aussi des ennemis, des jaloux et des adversaires. Tout homme en a ! Il n’y a pas que moi qui suis victime de cette situation. On la retrouve également dans d’autres groupes. Même chez les musiciens religieux, ils meurent aussi. Mais, qui les bouffe ? Alors que tous ceux qui chantent Dieu, sont sensés être saints. Ils ne peuvent pas pratiquer la magie ou les fétiches.

Chaque année, il y a  un décès dans votre groupe. Voulez-vous dire que toutes ces morts sont-elles naturelles ?

MI-AMOR : On a perdu 6 musiciens dont trois danseuses décédées en 34 ans du groupe. Soit la moyenne d’un  musicien tous les 5 ans. Trois  danseuses sont mortes à la suite d’un avortement. Est-ce que c’est moi qui les ai poussées à aller avorter ? On vous a dit que MI-AMOR serait l’auteur de leur grossesse ? Tandis que deux hommes étaient décédés à cause d’une maladie qu’on appelle «Mbasu», que j’apprends ici à Kinshasa. Ce n’est que ces dernières années que l’on enregistre ce cas de disparitions dans le groupe. On a connu le premier mort avant 2000, le second en 2006,  le troisième en 2009… deux danseuses en 2015 et 2016. L’autre Seba, le bassiste, qui est décédé en 2017, a failli mourir bien avant lorsqu’il avait connu un accident mortel au cours duquel ses jambes ont été fracturées. On l’avait soigné et il avait repris ses activités dans l’orchestre. Pour dire qu’ils sont tous morts de leur mort. On ne meurt que tel qu’on a vécu !

A qui le prochain tour ?

MI-AMOR : Peut-être, ça sera le mien ! Parce que je peux aussi mourir demain. Vous êtes l’unique journaliste à être au courant de la maladie chronique dont je souffre depuis 28 ans.  Et puis, j’ai été terrassé par une autre maladie sous vos yeux. Et vous avez vu comment j’étais devenu faible. On n’a prié pour moi. J’ai été soigné. Aujourd’hui, je suis guéri ! Il n’y a pas longtemps que mes pieds n’étaient plus sensibles. Il n’y a qu’à partir du mois d’octobre dernier que j’ai commencé à sentir la douleur qui, d’ailleurs, continue jusqu’aujourd’hui.

N’est-ce pas que vous avez des fétiches pour maintenir votre leadership devant les autres groupes folkloriques Songye à Kinshasa ?

MI-AMOR : (Rire…).Je ne peux que vous dire la vérité. MI-AMOR n’est pas né de la première pluie. Vous avez entendu la chanteuse Mbilia Bel chanter très haut : le phénomène ne sort que tous les 50 ans. Donc, peut-être que dans la musique de chez nous, c’est moi le  phénomène. Il faudra attendre 50 ans pour avoir le successeur de MI-AMOR. Je vais mourir moi aussi. Mais, avant ma mort, il y aura de très bons chanteurs, mais pas  de dimension de la cabus de MI-AMOR. Je ne suis pas venu dans la musique par hasard.  Posez la question à tous ceux qui m’ont connu au village. Quand j’étais trop petit dans mon village du temps où on chantait sous la lune,  c’est moi qui entonnais des chansons avant que les sectes religieuses ne suppriment certaines pratiques. Si je ne suis pas là, on envoyait des gens pour me chercher.  J’ai été dans le groupe d’action de la jeunesse catholique, Kiro. C’est toujours moi qui entonnais. J’ai été même chef Kiro diocésain de Kabinda avant qu’on ne suspende  ce groupe pour le remplacer par la JMPR. C’est moi qui composais des petites chansons de marches et les autres chantaient. Allez poser des questions à mes collègues du petit séminaire de Kabinda qui sont devenus des cadres à Kinshasa.  Moi, MI-AMOR,  vers les années 73, j’ai commencé comme chansonnier, en faisant des récitals. Je composais en français avec ma guitare sèche. On apprenait mes chansons aux élèves dans des écoles au Grand Kasaï jusqu’à l’ex-Shaba, l’ex-Katanga.

Quel est votre secret alors ? 

MI-AMOR : Lorsque je suis arrivé à Kinshasa, j’ai trouvé BASOKIN existant 8 mois après sa création. J’ai rejoins les musiciens au maquis où ils étaient en train de préparer la sortie de leurs premiers (disque) 33 tours. Parmi les premières chansons de BASOKIN, on a retrouvé les miennes. C’est pour cela que certaines personnes pensent que j’ai fondé le groupe. Non ! J’ai été recruté comme professionnel par le professeur Katanga Mukumadi depuis le 15 août 1983. Il ne m’a pas recruté comme un simple musicien. J’avais un salaire pour diriger BASOKIN, par mois. Et je ne pouvais que faire beaucoup d’efforts. On m’avait donné un objectif à atteindre à la tête du groupe. Il s’agit de faire de BASOKIN un des plus grands groupes folkloriques songye, si pas le premier  dans la communauté. Et, c’est le cas aujourd’hui ! Que celui qui n’y croit pas, vienne me contredire !  Parce qu’on cherche à savoir ! Voilà la motivation aussi ! Je travaille comme un professionnel. C’est mon travail de produire des œuvres de qualité. Je n’interprète pas le folklore de Basongye, mais je le redynamise. Mes textes sont exceptionnels. Ce n’est pas parce que je bouffe les musiciens que le Pape de Rome a su qu’il y a un Musongye exceptionnel. Et que le Saint père m’a décerné un diplôme de mérite avec comme citation à cause de ses «œuvres musicales éducatives et moralisantes» chez le peuple Songye. Le Pape de Rome me connait ! Il a signé un diplôme de sa main. Non ! Je suis le phénomène.  Pas de fausse modestie. Les gens pensent que mon succès vient des fétiches, de la magie ou de la sorcellerie. Retenez que le magicien ou le sorcier est tout celui qui arrive à réaliser des choses que vous êtes incapable de faire.  Vous ne savez pas quel souci j’ai,  lorsqu’un musicien est malade ou il meurt.

Que cherchent tous ceux qui peaufinent des cabales contre vous ?

MI-AMOR : L’homme de valeur est toujours critiqué. Et moi, ma valeur c’est en composition en chansons exceptionnelles. Y a-t-il un musicien congolais qui a été déjà distingué par le Pape de Rome comme moraliste et éducateur?  Il n’y a aucun. Donc, il faut comprendre que ce sont des jaloux qui veulent me nuire, qui me noircissent. Mais, ils me mouillent,  oubliant qu’ils jettent de l’eau sur le dos du canard. En disant tout cela, ils font aussi ma promotion.

De 1983 – 2017 : ça fait 33 ans que vous êtes à la tête de TG Basokin. Ne pensez-vous pas déjà à la relève ?

MI-AMOR : 34 ans révolus pour BASOKIN. 33 ans de carrière pour moi dans le groupe. Pour cette question, il faut demander au fondateur de changer. Il n’y a pas de démocratie en art. Dernièrement, j’avais demandé aux musiciens d’élire entre eux un chef d’orchestre avec qui nous allons confier tout pouvoir pour diriger notre groupe. On avait établi un profil pour briguer ce poste : être buveur de «Lotoko» (boisson frelatée),  et être à mesure d’offrir aux musiciens un bidon de 5 litres après chaque répétition. Mais, à ne pas le consommer pendant le concert. Curieusement, la personne élue a été surprise en flagrance en train de prendre elle-même le «Lotoko», au cours d’une production à la FIKIN. J’ai compris qu’il n’y avait pas de démocratie à faire ici. On a besoin de mérite, d’un homme qu’on craint et compétent. Un orchestre n’est pas un pays pour organiser des élections démocratiques et crédibles. Dans un groupe musical, c’est la méritocratie qui prime. 

Que peut-on retenir de votre nouvel album ?

«BWIPENKA » est dans ma langue, le Kisongye. Ça signifie « solitude » en français. « BWIPENKA » : solitude  est douloureuse. Quand on est MI-AMOR, on est esclave de nombreux petits musiciens qui racontent que je bouffe mes collaborateurs pour se maintenir à la tête du groupe. L’album est composé de chansons qui regorgent une profondeur morale incomparable. « BWIPENKA » contient des principes fondamentaux du changement de toute une société et de l’harmonie des sociétés actuelles. Par exemple, on n’insulte pas le chef, petit ou bébé soit-il. Bien plus, quand vous mettez au monde, éduquez et instruisez vos enfants car, un vieux propre que l’on aperçoit en chemin cache derrière lui des enfants bien élevés qui prennent soin de lui. C’est mon 15ème album en solo dans Basokin. Les CD audio sont déjà disponibles aux éditions Musongye Mukielenge, situées, derrière le Parquet de kalamu. Tout celui qui va le procurer ne manquera pas d’en tirer de grandes leçons.

Propos recueillis par Jordache Diala 



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