Chasser les velléités !
Kinshasa, le 02/09/2010
L’accalmie dans les Assemblées provinciales, à travers toute la République, n’aura duré que l’espace d’un matin, car la tempête a repris de plus belle. La plus récente reste la motion incidentielle initiée par un groupe de députés de l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu. Cette motion vise singulièrement le vice-président, Jean Mukinti Baumbilia et le 1er Rapporteur, Gilbert Kalinda, de cette institution provinciale, au point qu’elle provoque une scission. Un groupe exige la démission de ces deux membres et boycottent les séances plénières. Un autre pense que les plénières doivent se tenir conformément au règlement. A Kinshasa, la situation est morose. Les députés se battent en vain pour obtenir une plénière que le Président, Roger Nsingi, refuse de convoquer. C’est non sans raison. Il craint, a-t-on appris des sources proches de cette institution, son éviction. C’est raison qu’un ultimatum de 48 heures, qui expirent logiquement aujourd’hui, a été lancé à l’intéressé pour convoquer la plénière. Faute pour lui de le faire, notent les députés de Kinshasa, il sera placé dans le cas d’empêchement selon l’article 31 alinéa 2 du règlement intérieur. A la place, a-t-on laissé entendre, c’est le vice-président qui sera tenu de convoquer la plénière. Pendant ce temps, Nsingi tient une conférence ailleurs au lieu que le débat soit engagé en plénière. Toujours à Kinshasa, le Vice-Gouverneur est dans l’œil du cyclone des députés provinciaux. Ces derniers lui reprochent le manque de considération à l’égard de leur institution. A l’échelle de la République, d’autres provinces ont connu des soubresauts. Trèsor Kapuku, au Kasaï Occidental, était le premier à faire le frais. Il n’avait eu de salut que grâce à l’intervention de la Cour Suprême de Justice qui l’avait réhabilité. José Makila, parmi les Gouverneurs en difficulté face aux assemblées provinciales, n’avait pu échappé à l’épée de Damoclès suspendue sur lui. Toujours à l’Equateur, des tirs nourris avaient été entendus à l’assemblée provinciale. Au Katanga, des députés d’une autre obédience à Kyungu avaient été molestés par les partisans de ce dernier. En Province Oriental, le Gouverneur Autsai Assenga, a échappé, il y a quelques mois, à une motion de censure. Didier Manara au Maniema a été évincé. Au demeurant, la question de savoir qui contrôle effectivement le fonctionnement de ces organes délibérant au regard de ce que les observateurs qualifient d’abus de pouvoir. Est-ce le vice-Premier Ministre de l’Intérieur, est-ce le Chef de l’Etat, garant du bon fonctionnement de toutes les institutions ? Puisque l’on tend vers la fin de la législature, il y a lieu de penser, à l’avenir, de mettre de garde fou pour réduire certaines velléités dans les assemblées provinciales.
La Pros.
|