|
Exhalaison mauvaise !
Kinshasa, le 22/02/2012
Lambert Mende, Ministre de la Communication et des Médias, n’est pas allé par le dos de la cuillère pour souligner que les élections provinciales ne sont pas pour demain. Elles restent tributaires du financement des partenaires extérieurs de la République Démocratique du Congo. C’est la substance de son intervention, le mardi dernier, devant la presse. Cela traduit inexorablement un malaise criant au niveau du Gouvernement où, en dépit de toutes les garanties données à la population congolaise quant à la prise en charge de toutes les élections sur fonds propres, rien de tel n’était envisagé. Pourtant, le Gouvernement avait devant lui cinq ans pour préparer toutes les élections. Dommage ! Et, les conséquences sont multiples, même si l’on se complait au niveau de l’Exécutif national à minimiser la chose, se tapant la poitrine d’avoir organisé la présidentielle et les législatives, dans les conditions que l’on connaît. Soit ! Mais, la révolution de la modernité, paradigme prôné par le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, est un tout pour son nouveau quinquennat. Car, il est difficile de fonctionner avec des hommes décriés par l’opinion dont ils se targuent de représenter dans les institutions. Les nouvelles têtes à l’Assemblée Nationale traduit indubitablement la volonté du changement exprimée par le peuple Congolais dans son ensemble. Et comme tel, tout programme qui irait en contradiction avec cette même volonté n’augurera rien de bon car, la gouvernance n’aura pas non plus changé. En effet, s’il est vrai qu’en 2006 des critiques acerbes ont jailli contre le Gouvernement pour n’avoir pas organisé les élections au niveau local, en 2012 ce sera pire qu’avant, parce qu’il s’agit d’un recul déroutant. D’où vient que des analystes sérieux parlent d’exhalaison mauvaise. Pas d’élections provinciales, et donc pas d’élections sénatoriales, pas non plus celles des Gouverneurs et vice-Gouverneurs… Cela étant, les Gouverneurs, les gouvernements provinciaux, les députés provinciaux et les Assemblées provinciales ainsi que le Sénat et les sénateurs restent en place. Il n’est pas exclu que l’on connaisse la situation de 2006 avec la nomination des Bourgmestres. Pourtant, il y a lieu que les mêmes efforts soient fournis, accompagné du même courage politique pour que soient organisées toutes les élections restantes. L’argent de la TVA pourra être mis à profit. Sinon, quel intérêt aurait un Gouverneur d’abandonner l’Exécutif provincial pour la députation nationale ?
La Pros.
|