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Diagnostic du travail !
Kinshasa, le 02/05/2012
Mardi 1 mai 2012, le rituel a été respecté. La place du Cinquantenaire sur le boulevard Triomphal a été repeinte des couleurs d’uniformes confectionnées à l’occasion de la journée internationale du travail. Les travailleurs des entreprises publiques et privées ont envahi cet espace pour un habituel défilé de la circonstance. Dans une ambiance de fête, les sons endiablés de la fanfare de la Police Nationale Congolaise et d’un groupe kimbanguiste ont accompagné les pas des adeptes du monde de travail congolais, qui ont formé une file quasi interminable. C’était sous le regard de quelques officiels présents sur la tribune. Evidemment, c’était tout sauf une journée de tristesse. La fête s’est poursuivie même dans les buvettes environnantes.
En effet, au-delà de cet aspect festif de l’évènement, cette journée doit être une occasion pour chaque congolais de prendre un instant d’arrêt, en vue de faire un diagnostic en rapport avec la santé du secteur de travail dans ce géant d’Afrique, assis aux pieds d’argiles. En ouvrant, d’entrée de jeux, le chapitre concernant le taux de chômage, on a tout de suite les oreilles bouchées par la brutalité des chiffres que livrent les différentes statistiques. En compilation, plus de 90 pourcents de congolais ne connaissent pas le chemin de travail. Usines, Bureaux et consorts ne sont qu’une exclusivité d’une tranche réduite de la population. La République de Lumumba est un univers excellent des chômeurs. L’emploi devenant incontestablement un luxe, le secteur informel prend le volume, dans la recherche des moyens de survie.
Dans l’autre face, décroché aussi un job dans ce pays n’est pas la clé du bonheur. Peu, sont les travailleurs qui peuvent vivre de leur métier. La modicité des salaires ne permettant pas de nouer les deux bouts du mois. Les conditions précaires, si pas exécrables, de travail, la prise en charge médicale de l’employé quasi inexistante, manque de contrat de travail… sont autant des tristes réalités de chez nous. Exposés aux grands jours, cette souffrance du travailleur congolais n’appelle pas à des techniques plus poussées d’investigation pour le remarquer dans les entreprises tant publiques que privées. Le thème national retenu pour cette année est : ‘’Construire l’avenir avec un travail décent’’. La phraséologie est bonne, mais quels sont les efforts que les gestionnaires de la res publica fournissent sur terrain pour donner le sourire au travailleur congolais ? La question attend une réponse pratique auprès du Gouvernement qui vient d’être mis place. Constitué, on le dit, des technocrates, le Gouvernement Matata qui s’est donné une mission sociale est donc attendu de plein pied pour arrêter l’hémorragie. 2010 et 2011 ont été déclarées, par Joseph Kabila, ‘’année du social’’. Même le Premier Ministre sortant, Adolphe Muzito, en avait fait son cheval de bataille. Au finish, les faits n’ont pas suivi. Les mêmes revendications reviennent à la surface. Pour se racheter, le Raïs mise sur ce quinquennat. Ces nouveaux Excellences sont tenus d’être d’un commerce agréable avec le Chef. Ils portent donc le faix d’honorer sa promesse. La composition de cette équipe gouvernementale donne de quoi espérer. En surclassant plusieurs défaitistes du Gouvernement Muzito, Joseph Kabila a compris qu’il faut du sang neuf dans sa machine. Egalement, avec le jumelage des Ministères, c’est une ligne de la qualité qui vient supplanter celle de la quantité. Là encore, au-delà de toute intention, les médecins, les enseignants, les militaires ne réclament pas mille choses, si ce n’est avoir un travail décent. C’est-à-dire, rémunérateur, sécurisant, respectable.
Socrate Nsimba
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