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Hausse de prix du carburant à la pompe
Les kinois sur le point de vivre le calvaire avec les caprices des transporteurs
Kinshasa, le 02/02/2010
Un réajustement du prix du carburant a été observé, le week-end dernier, dans toutes les stations services à travers la ville de Kinshasa. Vendu à 895 FC, le prix du litre d’essence a pris une vitesse de croisière pour atteindre 970 (1.06 $=), soit un réajustement de 75 FC ; alors que celui du gasoil a franchi la barre de 965 FC. Pourtant, le vendredi dernier, il revenait à 885 FC. D’après les informations recueillies, ce réajustement n’est pas le fruit d’une spéculation. C’est le Secrétaire général à l’Economie, M. Boniface Matawadi, qui a confirmé la nouvelle, lors de son intervention au cours du journal télévisé sur les ondes de la RTNC, le samedi soir dernier. Cette mesure d’augmentation du prix à la pompe, d’après les mêmes sources, va s’étendre sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo.
Stations inondées !
Le samedi dernier, on a assisté à un triste scénario. Des longues files d’attentes de voitures pour être servi. De la station Macampagne de Kintambo, en passant par celle de Mouleart jusqu’à la place Victoire, les chauffeurs étaient aux aguets ; observant faits et gestes des pompistes. « Nous ne pouvons pas vendre un seul litre de carburant », a signifié un pompiste à un chauffeur qui s’impatienter d’être servi. Une cohorte de malheurs a frappé certains chauffeurs qui ont même connu des pannes sèches, faute des carburants.
Les pétroliers tirent le drap de leur côté
A en croire les pétroliers, ce réajustement est salutaire car ils ont enregistrés depuis plusieurs mois des lourdes pertes dues à la dévaluation de la monnaie nationale par rapport aux dollars américains. Les prix des produits pétroliers étant exprimés en monnaie locale alors qu’ils s’approvisionnent en devises étrangères, d’une part, et d’autre part, cette hausse du prix du baril de pétrole sur le marché international imposait également un réajustement des prix à la pompe.
Surenchère envisagée !
Il n’est un secret pour personne que le réajustement du prix du carburant entraîne toujours des conséquences fâcheuses dans divers secteurs de la vie économique, notamment le transport en commun où les transporteurs fixent, s’il n’y a pas encadrement, des tarifs fantaisistes en faisant subir un calvaire aux kinois, singulièrement. Mais, il y a aussi crainte d’une augmentation généralisée des prix des biens et services. Alors, déclaré année du social, 2010 risque d’être un calvaire pour des milliers de congolais qui ne savent même nouer les deux bouts du mois avec leur salaire. Le réajustement du carburant à la pompe ne risque-t-il pas de ballotter cette perspective du Chef de l’Etat ?
A entendre M. Matawadi, les conséquences sont là. « Maintenant, il faut prendre des meures d’encadrement de ces conséquences. Nous vivons au taux du jour. Que ce soit en ce qui concerne les produits de première nécessité ou toute autre marchandise, en dehors des prix de transports qui sont administrés (…) On va voir la structure des prix au niveau des provinces, l’impact de ce réajustement des prix. En ce moment-là, on devrait encadrer les prix de transport et d’autres biens », a déclaré le Secrétaire général à l’Economie Nationale.
Conscient du danger que court les usagers du transport en commun, M. Matawadi estime que les transporteurs savent à quelle porte il faut frapper lorsque les paramètres bougent, pour une concertation préalable avant que l’autorité compétente ne puisse fixer les prix de transport.
Pour tout dire, ce réajustement fait certainement suite à plusieurs mois de pressions des pétroliers sur les autorités compétentes.
Laetitia Mbuyi
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