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Géométrie variable ?
Kinshasa, le 05/02/2010
La Justice balbutiante que rend la Cour Pénale Internationale (CPI) est, jusque-là, sujette à caution. Sinon, comment peut-on comprendre que le Président du Soudan, Omar El-Bechir, puisse se moquer éperdument de la CPI, pendant que Jean-Pierre Bemba en fait le frais, comme une victime expiatoire ? N’a-t-il pas commis de crime, le Président soudanais, pour être considéré comme intouchable ? Pourtant, en allemand on dit : « Jedem das seine » ce qui veut dire « A chacun ce qu’il mérite ». D’où cette autre question : « qui mérite quoi à la CPI? ». Les observateurs n’y comprennent plus quelque chose. Jusqu’aujourd’hui, depuis le 4 mars 2009, date à laquelle les juges avaient émis un mandat d’arrêt contre El-Bechir, la CPI bégaie pour ajouter le crime de génocide aux griefs du Chef de l’Etat du soudan. Et cela, malgré l’appel fait par le Procureur Luis Moreno Ocampo, contre la décision de rejeter le chef de « génocide » du mandat d’arrêt. Vraisemblablement, les puissances occidentales considèrent le Président Soudanais comme étant quelqu’un de la cour des grands dont eux-mêmes font partie. Il n’y a qu’à voir comment Omar El-Bechir défie ladite Cour. Monsieur le Président foule aux pieds le mandat d’arrêt en effectuant ses voyages en toute sérénité. La semaine passée, il était au sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie. Puis, il s’est rendu à Doa. La CPI, c’est le cas de le dire, non seulement n’était pas encore prête, mais elle a malencontreusement choisi de procéder à ses premières expériences judiciaires, du reste funestes, en commençant par la République Démocratique du Congo. Oui, il est vrai que tout le monde souhaiterait qu’il y ait une justice commune à tous les humains. Seulement, le Traité de Rome doit subir une révision pour clarifier les choses. Il faut aussi reconnaître que la soit disante Communauté Internationale est coupable dans ce qui se passe à la CPI. Lorsque les zagawa et les fours s’entretuent de part et d’autre, on fournit des armes. Après avoir reçu ce que l’on veut, on se retire. C’est à cause de cela, par exemple, que l’Iran préfère faire sa route, seul. A cause des intérêts égoïstes, rien ne marche comme il faut. Aussi longtemps que seuls les faibles seront assignés à la CPI, celle-ci n’aura pas de crédibilité. La justice à géométrie variable ne fait que renforcer les inégalités.
Hubert Mwipatayi
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