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Faux débat Le Pape et les préservatifs
Kinshasa, le 24/03/2009
Certes, parmi les fléaux qui affligent l’Afrique le sida occupe une place de choix, et il serait inconcevable que chef de l’Eglise ne lui accorde pas d’intérêt spécial lors de sa toute première visite au berceau de l’humanité. Ce qui étonne tous les analystes indépendant est le réductionnisme sans précédant que les medias, surtout occidentaux ont accordé à son message et à son déplacement en général. Analysant le message qu’ils véhiculent par le monde entier, l’on a l’impression que le pape a effectué tout un voyage en Afrique pour venir commenter sur les préservatifs. Mais loin de cela, le pape est venu avec un message de d’amour et de l’espoir pour toute l’Afrique ; celui de la justice et de la paix, de la réconciliation et du respect mutuel ; les valeurs dont l’Afrique actuelle a tant besoin pour réaménager sa place dans le monde mondialisé et retrouver ses vrais couleurs. Il a aussi appelé aux engagements concrets dans la lutte contre la pauvreté et la corruption, les maux qui ne cessent de rongé le cœur de l’homme noir. Il a lancé un appel fort pour le retour aux valeurs culturelles traditionnelles pour reconstituer la famille africaine, condition sine qua non pour une bonne éducation des enfants et ainsi pour le renouvellement de la société africaine intérieurement.
Revenant à la question des préservatifs qui a fait la une dans presque tout le medias du monde durant la visite du pape, il est triste de constater que soit le pape a été mal compris, soit les médias ont volontairement voulu profiter de son message pour faire la publicité des préservatifs. Mon problème ici est le fait que le message du pape a été, transformé voire tordu pour servir des intérêts publicitaires quasiment égoïstes. La phrase qui a fait et qui continuer de faire le tour du monde a été détachée de son contexte globale et quand on la lit dans l’ensemble de la réponse du pape, son message devient tout autre, loin de celui que les acteurs des médias ne cessent de nous transmettre. Nous citons ici la phrase du pape
« Je dirais qu\'on ne peut pas surmonter ce problème du sida uniquement avec des slogans publicitaires. Si on n\'y met pas l\'âme, si on n\'aide pas les Africains, on ne peut pas résoudre ce fléau par la distribution de préservatifs : au contraire, le risque est d\'augmenter le problème ».
Ce qui me frappe à priori est le fait que la première partie de cette allocution a sombré dans l’oublie rédactionnelle mettant en exergue la dernière partie qui pourrait apparaître déplacée dans un monde régi par le désir charnel. Reconstituant les mots du pape, nous nous trouvons devant un message d’un père devant ses enfants bien-aimés. Ce n’est pas tout, le pape propose encore deux solution pour combattre le fléau de Sida à savoir, une humanisation de la sexualité c\'est-à-dire un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle manière de se comporter l’un avec l’autre et une véritable amitié surtout pour les personnes qui souffrent, la disponibilité même au prix de sacrifices. Considérer un message si nourrissant et si profond mal intentionné, se résumerait à un manque grave d’objectivité.
Je n’écris pas pour défendre le pape mais objectivement parlant j’estime qu’il est injustement attaqué. Utiliser les préservatifs oui ou non ? Cela, à mon sens, ne constitue pas un débat car il y aura toujours un discernement personnel à faire en toute responsabilité. Il faut avant tout y mettre l’âme, et surtout y mettre beaucoup d’amour car comme le disait un théologien de l’antiquité, « Aime et fait tout ce que tu veux » ainsi dans l’amour vrai tout est possible. Les hommes et femmes des médias ne devront jamais perdre de vue de leur mission première, « la recherche de la vérité pour la partage. Sinon on se réduira aux autoroutes des mensonges à la poursuite des nos petits intérêts personnels purement matériels et à visée mercantiles.
Theobald Muchunguzi
LPM
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