Méfiance !

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La mayonnaise a-t-elle pris au palais du peuple, où s’est déroulée, hier, la signature de l’arrangement particulier en vue de l’Application de l’Accord du 31 décembre 2016 ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que certains  en sont sortis avec une joie extrême, si pas auréolé d’un sentiment du devoir accompli. Léon Kengo wa Dondo et Aubin Minaku, dont l’un est président de la chambre haute et l’autre président de la chambre basse du Parlement, se sont repartis les tâches, pour véritablement jouer la partition. Le premier a lu le mot de bienvenue, le second s’est occupé de la lecture de l’exposé des motifs. Ils ont été suivis par Jean-Lucien Bussa, signataire de l’Accord de la Cité de l’Union africaine. Membre du Gouvernement sortant, il a donné lecture de l’intégralité de l’Arrangement particulier. Enfin, c’est le protocole qui conviait les délégués des parties prenantes aux travaux du centre Interdiocésain, d’apposer leur signature au bas de ce texte. Du côté Majorité présidentielle, aucun problème ne s’est posé. Autant à l’opposition signataire de l’Accord du 18 octobre 2016. Du côté de la société civile signataire de l’Accord du camp Tshatshi, quelques délégués ont brillé par leur absence. Au Front pour le Respect de la Constitution, il n’était pas question de signer un document dont on n’a pas pris connaissance. Alors qu’il montait sur le podium, Fidèle Babala a brûlé le protocole, en allant au micro pour le souligner expressis verbis. Au Rassemblement/Kasa-Vubu, Olenghankoy et Lisanga Bonganga ont signé. Le cas du dernier cité pose un peu problème, parce qu’il n’a pas siégé au Centre Interdiocésain, mais son nom a été repris au palais du peuple. Un politique s’est même demandé comment cela pouvait-il être possible. Et de conclure que c’est encore un raté, une duperie. Pour le Rassemblement/Limete, aucun membre n’y a été. Didier Milisho, Christophe Lutundula du G7 se sont exprimés à propos, considérant que ce qui a été fait au palais du peuple viole davantage la lettre et l’esprit de l’Accord du 31 décembre 2016. Jacques Djoli du Mouvement de Libération du Congo (MLC) affirme que le texte lu et signé n’est pas celui du Centre Interdiocésain. La Cenco s’est dite surprise. Au-delà de ce fait, des questions. Pourquoi a-t-on choisi le parlement ou encore les présidents de deux chambres, eux-mêmes parties prenantes à la crise politique ayant débouché aux discussions directes ? S’agissait-il d’un Congrès et sur pied de quel texte cela pouvait-il être possible ? Que dire de l’article 100 de la Constitution qui définit clairement la mission du Sénat et de l’Assemblée nationale ?  Est-on sûr, au regard de ce qui vient de se passer, que la crise politique a pris fin ? Est-ce prendre quelques éléments hétéroclites du Rassemblement vide-t-il les contradictions ou accentue-t-il la méfiance ? Par ailleurs, il s’avère que la ligne de démarcation est d’ores et déjà tracée dans l’opinion entre ceux qui adhèrent à l’idée de continuité et ceux qui prônent l’alternance. Ici l’énigme peut être la position des Nations Unies, dont la résolution 2348 recommande l’application intégrale de l’Accord signé à la CENCO.  Quoi qu’il en soit, avec ce qui s’est passé hier, Kabila fonce avec Bruno Tshibala, dont le gouvernement ne va plus tarder à être publié dans les jours qui suivent. Importe peu les récriminations de l’opposition radicale. Ce faisant, le discours dans la classe politique sera le Gouvernement, son programme, le budget, voire les élections.

La Pros.

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