Chemin de la croix. Bruno Tshibala : pleins feux rouges !

Chemin de la croix. Bruno Tshibala : pleins feux rouges !

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*Il sera, très bientôt,  au Parlement. L’ancien compagnon d’Etienne  Tshisekedi wa Mulumba  dont la configuration de son gouvernement a été publiée   ce mardi 9 avril, sera devant les Députés Nationaux, d’ici le début de la semaine prochaine.  Il fera son premier discours en vue de l’investiture. Mais, que dira-t-il ? Bruno Tshibala ne peut ni inventer une nouvelle roue, ni  s’écarter   de bornes crayonnées. L’Accord du 31 décembre 2016, le discours du Président Kabila du 5 avril  2017 et l’Arrangement Particulier du 27 avril constitueront, à coup sûr, ses termes de référence.

Vite…

Avec ses  58 membres, Vice-Premiers Ministres, Ministres d’Etat, Ministres et Vice-Ministres, toutes composantes et plateformes confondues, le tout nouveau Premier Ministre, nommé le 7 avril 2017, dispose, désormais, de son équipe de travail sur laquelle, il pourra  miser pour imprimer ses  propres marques au fonctionnement institutionnel  lorsque Samy Badibanga Ntita, son prédécesseur, lui aura cédé le bâton de commandement, à l’Hôtel du Gouvernement. Ecartelé entre les urgences  des élections, de l’hémorragie financière, du dérapage monétaire, de  l’insécurité, de  l’absence du budget, Bruno Tshibala ne devra pas avoir d’épaules frêles, s’il veut aller loin, dans l’accomplissement de la feuille de route, telle que tracée dans l’Accord conclu, le 31 décembre 2016, sous la barbe des Evêques, au Centre Interdiocésain.

Fils barbelés

Alors qu’il se prépare à l’investiture de son gouvernement au  Parlement, Bruno Tshibala est, paradoxalement, devant plusieurs défis qui, constituent, au fait, des feux rouges ou, simplement, des fils barbelés  sur sa trajectoire. Chronologiquement, le timing de l’Accord de la Saint Sylvestre fixant les élections à fin décembre 2017, est dépassé. Une évaluation s’impose. Au terme de cet Accord,  le gouvernement et  la CENI devraient se mettre autour d’une même table avec le  CNSA, pour les premiers ajustements. Or, à ce stade,  si le gouvernement est connu, il n’en est pas le cas  pour le CNSA. Ici, les  disputes demeurent entières, quant à la problématique de la succession d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, décédé le 1er février 2017, à 84 ans, à Bruxelles  et dont la dépouille attise des  déchirures   autour de ses obsèques entre l’Udps et les autorités congolaises. Et, pourtant, Bruno Tshibala, outre le fait  qu’il doit traverser les étapes  de son intronisation,  de la remise-reprise et, même, de la mise de son équipe au travail,  trouve une situation catastrophique. Tous les paramètres sont au rouge. En l’absence d’un budget, le pays est sous le mode de  crédits provisoires totalement  inadaptés à la taille des problèmes cruciaux auxquels, il est, normalement, confronté. Il nécessite, en pareil cas, un vrai diagnostic, pour la prise en compte de la mesure du désastre  dans la perspective d’une réanimation rapide. La situation sociale frôle les tréfonds de l’enfer. Le déséquilibre né de la perte substantielle du pouvoir d’achat, avec la décote monétaire due à l’effritement de la valeur du  Franc congolais face au dollar américain, la flambée des prix, les distorsions dans les diverses tarifications des produits et services à l’importation et à l’exportation, les dysfonctionnements dans la conduite des affaires de l’Etat entre le pouvoir central et les exécutifs locaux, perturbent tout.

Le cadrage macro-économique, longtemps maintenu et étouffé, s’est affolé à telle enseigne que rien n’est au point.    L’insécurité, quant à elle, demeure un nœud gordien. Le pari de l’enrôlement et, à terme échu,  celui des élections à bonne date, sont conditionnés par la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, y compris là où ça brûle maintenant, dans l’espace Grand Kasaï. Bruno Tshibala devrait ainsi placer la balle  au-dessus de la transversale, pour procéder à un sérieux nettoyage des  écuries d’Augias.

Et, sur l’autre versant, l’affaire de la décrispation politique, avec la mise à l’index de ses ex-alliés restés attachés à Félix, à Limete, continuera  à faire mouche. Ce groupe du Rassemblement qui, semble-t-il, pourrait être contraint par la force des choses, à se rebaptiser, ne baissera pas, pour autant qu’il se bat,  les bras.

Déjà, lundi 17 avril, Félix Tshisekedi appelait à de nouvelles manifestations, après la série du 10 avril et autres. Et, ce n’est pas tout.  Les  démêlées enregistrées  au siège de l’Udps, à Limete, alors que son gouvernement était encore sous la douleur de   l’enfantement,  mardi  9 avril dernier,   présagent, si besoin en était encore, ce que sera  l’autre face de l’iceberg en ce qui concerne ses relations tendues avec cette frange  de l’Opposition, appuyée par la CENCO et, pourquoi pas, par  la Communauté internationale.

Comment, dans ce contexte-là, gérer et avancer, s’il n’a  pas de bonne politique préventive en matière de  questions des  droits de l’homme, des manifestations publiques, des libertés des médias ? Tout porte à croire que Bruno Tshibala n’a pas droit à l’erreur, ni au répit. Sinon, les  trente-six ans passés aux côtés de Tshisekedi auraient servi à quoi ?

LPM

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