Gros défis !

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Ça y est. Bruno Tshibala, Premier ministre de la République Démocratique du Congo, dont le Gouvernement a été investi le mardi, 16 mai 2017, a pris effectivement les manettes de commande à la primature. La cérémonie de remise-reprise avec son prédécesseur, Samy Badibanga, s’est déroulée dans une ambiance conviviale, autant que cela l’a été dans d’autres ministères. Alors, fini les cérémoniales protocolaires, le temps est venu de s’imprégner des dossiers en cours d’exécution laissés par son prédécesseur, mais aussi ceux qu’il va initier, pour la suite de temps, pendant qu’il dirigera la primature. Pour l’essentiel de son programme d’action, dévoilé par devant la représentation nationale, en vue de son investiture, il se décline en des défis, qui sont, somme toute, monstrueux. Parce qu’ils interviennent dans un environnement complexe, où tous les indicateurs sont au rouge. D’abord, les élections. Leur réalisation est conditionnée aux moyens financiers que le Gouvernement devra mettre à la disposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Or, ceux-ci ne seront disponibles que lorsque le pays se dotera d’un budget. C’est le premier défi. Celui de Matata Ponyo déposé au parlement n’avait pas été examiné. Samy Badibanga qui s’apprêtait à son tour, après avoir réévalué celui de Matata, a été contraint de jeter l’éponge, parce que les circonstances politiques l’y ont obligé. Alors, en combien de temps Bruno Tshibala le fera-t-il ? Est-ce pendant cette session ordinaire, qui n’est pas constitutionnellement budgétaire ? S’il ne le fait pas, comment pourra-t-il prétendre conduire le peuple congolais aux élections conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre, du reste tant soutenu et vanté par les tenants du pouvoir ? La maîtrise du cadre macroéconomique, second défi, pose un sérieux problème. En premier, celui de la production à l’interne, qui est faible. Non seulement qu’elle n’arrive pas à satisfaire la demande intérieure, mais que le pays n’exporte pas grand-chose pour renflouer les trésors publics. En second lieu, le pays n’est pas en programme avec les institutions de Bretton Woods, pour pouvoir soutenir ses actions. D’où vient que le Premier ministre soit appelé à convaincre ces institutions financières. A l’interne, s’engager dans une croisade contre la corruption, à grande échelle, qui favorise le coulage des recettes. Il lui faut de l’audace, parce que la toile d’araignée, qui s’est déjà tissée, n’est pas molle, mais plutôt solide et ce, dans tous les secteurs de la vie. De l’amélioration du quotidien de la population, il y a à redire. Comment réduire le taux du dollar sans maîtriser le cadre macroéconomique ? Comment améliorer le pouvoir d’achat du congolais, lorsque le pays se dote annuellement d’un budget nain ou chétif ? Comment satisfaire les fonctionnaires, les hommes en uniformes dont le salaire ne leur permette pas de nouer les deux bouts du mois ? C’est dire que le Premier ministre a du pain sur la planche. Le quatrième défi, c’est la sécurisation du territoire national. Par quel bout prendre, alors que moult programmes ont été initiés à l’Est sans succès, pour la sécurisation et la pacification de cette partie du territoire. Comment affronter divers phénomènes qui naissent et s’apparentent à du terrorisme dans presque toutes les provinces ? N’est-ce pas qu’y répondre relève des moyens financiers et des stratégies politico-sociales ? Mon Premier, vous avez le pouvoir en main, allez-y, le plus vite possible, parce qu’ils sont monstrueux ces défis auxquels vous devez faire face.

La Pros. 

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