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Hypothétique !

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A quand les élections ? Il est difficile de donner une réponse exacte à cette question. Tant, la conception que les acteurs politiques se font de différents instruments juridiques en présence, qui font allusion à l’organisation des élections, laisse perplexe, eu égard aux réalités sur terrain. L’Accord du 18 octobre 2016 avait prévu les élections pour fin avril 2018. Or, de plus en plus, il n’est pas évoqué, cet Accord. Aujourd’hui, par contre, l’on peut bien considérer que toute la classe politique congolaise se réfère à l’Accord de la Saint Sylvestre, c’est-à-dire, celui du 31 décembre 2016, même si son application intégrale est sujette à caution. Le débat, quant à ce, fait rage dans le microcosme politique. Cet Accord, parce qu’il faut en parler, fixe les élections à fin décembre 2017. Alors, faut-il considérer que les efforts vont dans ce sens ? Pas aisé d’y répondre, parce que les discours politiques distillés dans l’opinion ne donnent aucune précision quant à la date, mais soulignent que ce sera fait le plutôt possible. Encore qu’un Expert en la matière, Jérôme Bonso de la Ligue Nationale pour les Elections Libres et Transparentes, LINELIT, est monté sur les toits pour crier, à qui veut l’entendre, que quels que soient les miracles à opérer, il est impossible d’envisager l’organisation des élections cette année. Que dire alors de ceux qui tempêtent à longueur des journées sur la tenue des élections ? Si Dieu dit : «Voici un peuple qui m’honorent du bout des lèvres, mais dont le cœur est éloigné de moi », il peut donc en être ainsi, pour la République Démocratique du Congo, où justement du bout des lèvres, l’on parle élections, mais les actes matériels ne suivent, simplement par ce qu’il y a d’innombrables barrières. D’abord, juridiques. En effet, il y a absence des lois essentielles, à l’image de celle portant répartition des sièges par circonscriptions électorales. La loi des finances fait défaut, alors que le Gouvernement est appelé à mettre à la disposition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) des fonds pour les élections. Reste à savoir si le Gouvernement va accorder diligence pour déposer le projet du budget au parlement et, si celui-ci va l’examiner au cours de cette session ou s’il sera convoqué une session extraordinaire. Même dans ce cas là, la petite procédure conduisant à la promulgation de cette loi des finances égrainerait du temps sur l’échéance de fin décembre 2017. Ensuite, au plan opérationnel, le fichier électoral n’est pas disponible, encore moins le calendrier électoral. Enfin, des contraintes sécuritaires pourraient bien gâcher la fête. Par ailleurs, en application de l’Accord de la Saint Sylvestre, il est prévu la mise sur pied du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA), qui traine d’ailleurs. Son rôle, outre celui de veiller à l’application de cet Accord, il y a aussi la possibilité d’être consulté par la centrale électorale et le Gouvernement, pour évaluation et appréciation, au cas où il ne serait pas possible d’organiser les élections à l’échéance prévue par l’Accord du 31 décembre 2017. Au regard de tout ce qui précède, lieu de soutenir que devient hypothétique, l’organisation des élections cette année.

La Pros.