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Trou noir !

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A Genève, en Suisse, se joue le sort à venir de la République Démocratique du Congo. Y sont présents, les délégués de Kinshasa. Pas seulement. Au-delà de démêlées judiciaires avec la justice belge, Alexis Thambwe Mwamba, Ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, a fait valoir les arguments massues de son pays, en rapport avec toutes les accusations que certaines puissances portent sur la RDC. Notamment, au sujet des atrocités dans l’espace Grand Kasaï, mais aussi sur tout ce qui a trait à la privation de liberté, s’agissant des acteurs politiques de l’opposition et de ceux bénéficiaires des mesures de décrispation. Sa collègue de Droits Humains, Marie-Ange Mushobekwa, a aussi porté haut la voix du Congo, expliquant le phénomène Kamuina Nsapu, en ce qu’il répond non de la revendication liée aux élections, mais plutôt des actes terroristes, qu’aucun pays moderne ne peut tolérer. Consécutivement aux actions menées sur terrain, pour élucider le dossier et traquer les auteurs, Kinshasa, au plan judiciaire, entend se faire accompagner par les Nations Unies. Au pays, Lambert Mende, Porte-parole du Gouvernement, a haussé le ton, faisant prévaloir un discours souverainiste, qui s’oppose à toute enquête internationale indépendante et unilatérale. Une opinion diamétralement opposée à la prise de position qui se dégage au plan international. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, a plaidé pour une enquête internationale, exprimant sa consternation quant aux atrocités dans le Kasaï. Les Etats-Unis sont aussi de cet avis, autant que l’Union européenne. C’est dire qu’à la 35ème session du Conseil de droits de l’Homme, les parties présentent leurs positions, qui vont donner de la matière au Conseil de sécurité, pour prendre une résolution. Dans quel sens irait-elle cette résolution ? C’est le trou noir. Si le conseil décide tout simplement d’accompagner Kinshasa dans ses enquêtes, ce sera un ouf de soulagement, une grande victoire, tant la crispation a gagné les autorités Congolaises, qui parlent de l’acharnement pour des raisons inavouées. L’inverse, par contre, aurait un impact négatif et pourrait conduire Kinshasa à s’incruster. Mais, ce sera jusqu’où, face à une communauté internationale déterminée à le faire fléchir ?  Pendant que les regards sont rivés à Genève, mieux à New York où dans 48 ou 72 heures va tomber la résolution du Conseil de sécurité, au pays, un autre trou noir se précise. En effet, la plateforme de l’opposition radicale qui regroupe  7 partis politiques, autrement appelée G7, est montée au créneau. Hier, mardi, 20 juin 2017, elle a donné de la voix, après plusieurs mois de mutisme. La substance de  sa communication, c’est qu’elle n’est pas partie prenante au Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA), qui fait jaser la classe politique quant à la désignation de ses animateurs et à sa mise en place. Le G7 lance un ultimatum à la Centrale électorale, de publier le fichier électoral au 31 juillet prochain, pour ne pas continuellement cautionner le jeu du glissement planifié par le pouvoir. Par ailleurs, le G7 prévient que s’il n’y a pas décrispation politique, les manifestations de désobéissance civile seront à l’ordre du jour. Et, si d’ici le 31 décembre la Commission Electorale Nationale Indépendante n’arrive pas à organiser les élections, elles les seront sous l’égide des Nations Unies, et sans Joseph Kabila à la tête du pays. A y voir clair, il est certain que pareille prise de position ne peut manquer des répliques. Dans quel sens iraient-elles et quelle sera la situation sur terrain en cas des manifestations ? Une fois de plus, c’est un trou noir qui s’ouvre aux Congolais.

La Pros.