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Zone de turbulence !

Zone de turbulence !

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Il n’est pas en train de faire le taxi sur le tarmac. L’aéronef RDC a déjà décollé quant à l’amorce du processus de l’instauration d’un Etat de droit, qui doit arriver, à tout prix, à maturité. Mais aussi à la réalisation de l’alternance démocratique avec, en toile de fond, l’organisation des élections à des échéances qui donnent des migraines à tous les Congolais. La cacophonie à ce sujet devient le lot quotidien.

Cela n’est qu’un aspect de choses. Mais, la vitesse de croisière prise par cet engin est, chemin faisant, confrontée à des vicissitudes qui commencent bien à inquiéter. Les habitués des lignes aériennes parlent plutôt des zones de turbulence. Dans l’aéronautique, les zones de turbulence ne sont pas très fréquentes. Elles sont occasionnelles et sont liées à des aléas atmosphériques. Car, un avion peut quitter Kinshasa et atterrir à Lubumbashi sans connaître ces turbulences. Ça arrive parfois. Mais, la situation politique en République Démocratique du Congo, à laquelle se joint le plus naturellement possible la situation sécuritaire, offre à tout bout de champ de s’interroger, au regard des contradictions nombreuses qu’elle engendre. A Genève, en Suisse, un haut sommet de droit de l’Homme se tient. Est passée aux cribles  les atrocités survenues dans l’espace Grand Kasaï, en RDC ; une sorte de levée des boucliers quant à la direction des enquêtes que les Nations Unies, par le biais de la Résolution du Conseil de sécurité, entendent diligenter. A propos, deux tendances se dégagent. D’une part, ceux qui soutiennent une enquête internationale menée proprio mutu par les Nations Unies. Ils sont une frange importante de la communauté internationale. D’autre part, les délégués de Kinshasa qui, tout en acceptant cette option, la conditionne sous le leadership de Kinshasa. Lambert Mende, Porte-parole du Gouvernement a dit niet à l’enquête internationale en vas clos, comme si la RDC était un non Etat. Qui dit mieux ? La Résolution du Conseil de sécurité va trancher incessamment. Au pays, le radicalisme du G7 qui n’entend ni participer au CNSA, ni entendre parler d’une autre date pour la publication du fichier électoral et de la convocation de l’électoral, si pas de l’organisation des élections à fin décembre, vient rajouter d’autres perturbations à enregistrer d’ici peu. Elles doivent être mêlées à ce que connaissent les entités issues du démembrement. Les provinces, parce qu’il faut le dire, traversent une zone de turbulence. Les motions de censure contre les Gouverneurs se propagent comme par contagion et, c’est d’une province à l’autre. Pour tempérer ou attiser le feu, c’est Kinshasa qui détient le dernier mot. Jusqu’où cela irait-il sans déranger le fonctionnement des Assemblées provinciales ? Au propre comme au figuré, la turbulence s’observe sur le marché de change, avec le dollar au galop face au Franc Congolais. Que faire alors, face à tout ce qui arrive ? Certains pensent qu’il faut appliquer l’Accord du 31 décembre 2016. Autant qu’il a permis de sortir de la crise à fin 2016, autant il peut bien l’être pour la suite. C’est la voie de la sagesse, soutient-on.

La Pros.