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Pas de chaos après décembre 2017. RDC : les Evêques exigent les élections !

Pas de  chaos  après   décembre 2017. RDC : les Evêques exigent  les élections !

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*’’Le pays va très mal. Debout, congolais. Décembre 2017 approche’’. Tel est l’appel des Evêques lancé hier,  vendredi 23 juin 2017,  dans une nouvelle déclaration tonitruante  publiée à l’issue de la 54ème session ordinaire de la CENCO, tenue à Kinshasa.  Les Evêques, conscients de leur rôle pastoral,  se mobilisent pour la paix, les élections et l’alternance démocratique. Ils le disent, eux-mêmes, dans cette déclaration aux  effets boumerang. Mais, qui les écoutera ? La question reste, tout de même,  posée  tant qu’ils n’auront pas eu  d’écho favorable  de la part des autorités, du peuple congolais et de la communauté internationale.

Diagnostic

Les Evêques, dressant un tableau sombre de la situation globale du pays, estiment que l’unique  feuille de route, la seule qui puisse sortir le pays de l’impasse, c’est celle de l’application complète et immédiate de l’Accord du 31 décembre 2016 qui prévoyait notamment, l’organisation des élections à fin décembre 2017, l’institution d’une transition ponctuée d’une gestion consensuelle  n’excédant pas 12 mois, la décrispation du climat politique, avec la libération de certaines figures emblématiques de l’Opposition et, surtout, l’abandon de certaines poursuites judiciaires,  tracasseries administratives ou policières à l’endroit de quelques opposants et la consécration de   la liberté  d’opinions et de  manifestations publiques.

Où est le CNSA ?

Dans le même Accord, tel qu’il avait été négocié au Centre Interdiocésain, à la Gombe,  il était prévu également l’institution d’un Conseil National de Suivi de l’Accord, CNSA, qu’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, de son vivant,  devait présider pour garantir la bonne fin du processus transition en vue de la tenue des élections crédibles, transparentes, démocratiques et apaisées. ‘’In tempore on suspecto’’, dit-on.   L’Accord proscrivait toute probabilité d’aller à un référendum, tout comme il bannissait toute idée de  révision constitutionnelle. L’actuel Chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, au terme dudit Accord de la Saint Sylvestre, se maintenait à son poste jusqu’à l’installation effective de son successeur élu.

Cap sur les élections

Les Evêques considèrent, cependant, que pour arriver aux élections dans les délais fixés par l’Accord, il était nécessaire que l’enrôlement des électeurs se fasse dans un temps record et qu’un calendrier électoral et qu’un fichier électoral soient   publiés  avant fin juillet 2017. Or, à ce jour, le rythme de cet enrôlement au compte-gouttes, inquiète moins qu’il ne rassure. Les Evêques, à leur corps défendant, pensent qu’à l’approche de décembre 2017, il est plus que  temps d’interpeller les autorités congolaises, la CENI, le gouvernement et le peuple congolais pour que des dispositions soient prises, dès maintenant, pour  éviter, à coup sûr, de tomber dans un nouveau piège de l’enlisement aussi bien institutionnel que politique.

Epines

La mort de Tshisekedi wa Mulumba, le 1er février 2017, à la Clinique Sainte Elisabeth, à Bruxelles, en Belgique,  peu avant la signature de l’Arrangement Particulier censé servir de substrat à l’application de cet Accord est venue, paradoxalement,  compliquer l’équation, avec l’atomisation du Rassemblement, sa méga plateforme politique. Qui plus, la nomination et l’investiture de deux Premiers Ministres, en l’espace de  quelques mois, en l’absence d’un réel consensus, n’auront pas contribué à l’avancée des mécanismes qui, pourtant, étaient prévus pour remettre, une bonne fois pour toutes, le processus électoral sur les rails. Ainsi, les Evêques, tirant des leçons du cataclysme et du chaos qui se profilent à l’horizon, exigent-ils  la tenue des élections à fin décembre 2017. Ils s’en remettent, en outre, au peuple congolais  et l’invitent à prendre sa destinée en mains. A la communauté internationale, les Evêques demandent un accompagnement conséquent à la normalisation du  processus électoral, quoi qu’il soit encore  confronté, du moins, jusqu’ici,  à  beaucoup d’embûches.

Salut ?

Le salut est aussi  dans le respect de la Résolution 2348 du Conseil de sécurité de l’Onu qui, depuis mars 2017, rappelait l’impérieuse nécessité, pour toutes les parties engagées, autrefois, dans les discussions directes, à ne pas marcher sur l’esprit et la lettre de l’Accord du  31 décembre  2016, laborieusement négocié, depuis le 8 décembre 2016 jusqu’au 27 mars 2017.

Température

Au chapitre du drame au Grand  Kasaï, les Evêques n’ont plus de langue en poche.

Ils exigent une enquête indépendante et sérieuse sur ces affres inhumaines. Il y va de la situation socio-économique dont ils fustigent la dégringolade des principaux leviers et agrégats du cadre macro-économique, la chute, si brutale et vertigineuse, du Franc Congolais, la flambée des prix des biens et services sur le marché, les spéculations et autres détériorations du climat des affaires, les menaces de grève ainsi que toutes les perturbations qui  constituent, à n’en point douter, des vrais signes  avant-coureurs d’un désastre aux mièvreries multiples et aux dégâts collatéraux.

Appel

Pourtant, il suffisait d’un peu de bonne gouvernance, pour qu’on en arrive à arrêter cette descente fulgurante aux enfers. Pourquoi, dès lors,  ne pas retourner à l’esprit qui avait prévalu en 2016, lorsqu’il fallait, par exemple, aborder la dernière ligne droite, avant la fin du deuxième et dernier mandat du Président Kabila ? S’interrogent-ils, en des termes qui leur sont propres mais, tout à fait compréhensibles, s’il faut cerner le fond de leur démarche. Ils recommandent, à tout prendre, le retour aux bons sentiments  et à un sursaut d’orgueil patriotique. Dans tous les cas, découvrez, in extenso, cette nouvelle déclaration des Evêques qui, naturellement, soulève des montagnes.

LPM