Grand absent de la tournée de BASOKIN en Europe. MI-AMOR : ‘‘Mon corps n’obéit plus mais je ne suis pas paralysé’’

Grand absent de la tournée de BASOKIN en Europe. MI-AMOR : ‘‘Mon corps n’obéit plus mais je ne suis pas paralysé’’

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Crédible devant les producteurs occidentaux,  Tout Grand BASOKIN est de  nouveau sollicité pour une tournée musicale de  trois semaines en Europe. Outre ses nombreux spectacles prévus dans différentes villes européennes, le célèbre groupe folklorique Songye de Kinshasa est vivement attendu au grand festival international d’Avignon en France. Curieusement, le Champion d’Afrique  a quitté  la capitale depuis le 29 juin dernier  sans son emblématique  leader et président, MI-AMOR. Son absence fait l’objet d’une grande polémique dans la communauté Songye du monde entier. Abordé par le journal La Prospérité, le leader de BASOKIN et Kasaï All Star  a, au cours d’une interview, réagi afin de calmer les esprits et surtout dénoncer certaines personnes qui ont propagé des mauvaises nouvelles contre son état de santé. 

Pourquoi êtes-vous à Kinshasa au moment où TG Basokin est en tournée en Europe ?

MI-AMOR : La santé me dérange. J’ai des problèmes avec mes jambes depuis le début de l’année. C’est au mois de février que la maladie s’est aggravée. Je ne pouvais même plus aller aux répétitions, ni aux concerts. Rappelez-vous en 2009-2010, j’ai souffert des  nerfs sciatiques. Selon les médecins, les nerfs sciatiques se sont calmés. On me dit maintenant  que ce sont des nerfs périphériques qui me compliquent avec des fourmillements  très douloureux  aux jambes et surtout  au-dessus des pieds. Je sens comme si je n’ai plus de peau. Une sensation de brûlure. Ce qui rend la marche très difficile.

Quelle est  la cause principale de cette maladie ?

MA : Tout le monde le sait. Moi je suis diabétique depuis plus de 20 ans. Cette maladie est appelée « Neuropathie-diabétique.  Ce sont des conséquences d’un diabète qui a duré très longtemps.

En 2009-2010, vous avez souffert de cette même maladie pénible qui vous dérange encore.  Est-ce un mauvais sort ou une maladie normale ?

MA : (Rire…). Je ne peux pas croire à un mauvais sort. C’est la moindre de chose que je ne peux imaginer en tout cas. Pour moi, c’est la faiblesse de mon corps.   Pourquoi il y a tant des hôpitaux, il y  a un  ministère de la santé ? Parce que les gens doivent impérativement tomber malades dans la vie. MI-AMOR est un bien public de Basongye.  Même si un musongye voulait  me faire du mal ; dès qu’il en parle à un autre, c’est fini. Parce que la personne avec qu’il vous voulez vous associer pour me nuire, ne sera pas d’accord. Même les bansongye occultistes me disent : «toi MI-AMOR, nous te protégeons » !  Ce qui est pénible, ces trois dernières années n’ont pas été faciles pour moi. J’ai encaissé des coups sur coup. C’est pourquoi, on me dit d’éviter des  soucis.

Qu’en est-il de la prise en charge médicale ? 

MA : Par rapport aux soins médicaux, je suis très bien suivi  au Centre neuro psycho-pathologique (CNPP),  du Campus.  Peut-être, d’ici deux mois, je pouvais ne plus souffrir. J’ai la foi qu’il y aura un jour, une fin à cette douleur. Grâce au traitement  par le très bon  médecin, j’ai l’espoir de reprendre petit-à-petit la scène comme avant.  Déjà, je marche sans tituber. Bien que l’équilibre ne peut pas revenir totalement. Car, je ne peux pas courir, mais il y a une grande évolution.  

Pourquoi n’avez-vous pas accompagné BASOKIN en tournée alors qu’il y a une évolution ? 

MA : Oui !  Je ne suis pas en mesure de tenir sur scène comme un bon leader. Quand nous allons en Europe, on a toujours besoin  de voir  MI-AMOR en train de chanter 4 ou 5  chansons de manière non stop. Rappelez-vous que Papa Wemba est allé mourir sur le podium.  Miriam MAKEBA est aussi  décédée en pleine scène. Il faut aussi tenir compte de ça. Je suis malade. Mes bras et mes jambes n’obéissent pas correctement. On m’a conseillé de ne pas beaucoup jouer.   Souvent, nous ne partons pas au grand complet lorsque nous voyageons en Europe. Parce que chaque  artiste sur scène doit jouer au moins  deux rôles.  Moi, étant leader, je ne peux pas chanter et danser lorsque le corps n’obéit pas correctement.  Si j’aime réellement mon groupe, je dois voyager quant je suis convaincu que je veux donner le meilleur d’un leader. Or, actuellement je ne suis pas en mesure de donner le meilleur de moi-même. Autant rester et laisser les autres partir. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’orchestre se déplace sans moi. Que les gens sachent que BASOKIN est un collectif de talents et non un groupe d’accompagnement de MI-AMOR. Même dans Kasaï All Star, je n’ai pas été de tous les voyages. 

Quel est l’objet principal de cette tournée en Europe ?

MA : Il faut retenir que c’est une délégation de dix musiciens dont une danseuse  qui a quitté Kinshasa depuis le 29 juin dernier. Pendant trois semaines, ils vont se produire dans différents pays européens jusqu’en Scandinavie. Le groupe sera en France, Belgique,  Danemark,  Norvège,  Suède et Allemagne. BASOKIN va livrer une dizaine de spectacles dont le grand contrat est le rendez-vous signé pour prester au  Festival d’Avignon en France. C’est  en Allemagne que l’orchestre a  beaucoup des productions. Il va jouer dans quatre villes Allemandes pour défendre la culture Congolaise, en général, et la culture songye, en particulier.  Son retour est prévu pour le 20 juillet prochain.

Combien de temps faut-il encore pour reprendre la scène ?

MA : Sur scène, je suis invisible mais je continue à diriger les deux groupes : TG Basokin et Kasaï All Star. Le 23 juin dernier, nous étions invités pour  faire un spectacle, à l’occasion de la première projection du film « Félicité »,  à la Halle de la Gombe, à Kinshasa. Parce que la musique qui est dans ce film, c’est la musique de Kasaï All Star.  Du moins, j’ai pu tenir pendant plus de 10 minutes, intervenant dans une chanson. Mais, je ne pouvais  pas  résister pour longtemps comme mes collègues. Toutefois, Basokin est aussi une unité de production. Ceux qui y prestent, sont des responsables et  des pères de famille. 

Seulement, 10 musiciens sont en voyage, mais ceux qui sont restés au pays doivent continuer à travailler pour vivre. L’essentiel est que moi-même je suis sur place à Kinshasa. Si on a besoin de nous, on est toujours prêt.

Pensez-vous déjà à l’avenir de BASOKIN après MI-AMOR ?

MA : Après MI-AMOR, BASOKIN va toujours continuer à exister. La preuve est que ce récent voyage le prouve.  Ça montre que j’ai bien préparé le groupe pour être  toujours meilleur même sans moi. Lorsque j’avais intégré  BASOKIN, le fondateur de BASOKIN m’avait confié la mission de faire de BASOKIN, le plus grand orchestre Songye au monde.  A l’époque, le groupe n’avait que 8 mois et  on n’était pas le seul. D’où, il y avait une forte concurrence des groupes. Aujourd’hui, nous sommes l’unique formation musicale qui fait des voyages en dehors du pays. Grâce à Basokin, la musique Songye est connue et jouée dans le monde entier. Sans fausse modestie, je peux vous garantir que j’ai bien formé la relève. Même le collège de fondateurs  de BASOKIN est convaincu et s’est dit rassuré du travail abattu par Mi-Amor à la tête de l’orchestre.  Ils me le disent chaque fois.   

Avez-vous un message particulier à adresser aux fils et filles Songye disséminés à travers le monde ?

MI-AMOR : Vous savez, moi je suis pour le moment  très engagé à la cause de basongye. Je suis en train de rédiger  mon deuxième livre. Mon éditeur m’exige aussi de parler de « busongye ». Moi, aussi, je ne sais que chanter  en kisongye et valoriser la culture songye à travers ma voix. Cette fois-ci, il  m’a été demandé d’expliquer la devise de BASONGYE : « MUSONGYE MUKIELENGE ». Je me suis déjà lancé à la rédaction. D’ici fin août 2017, ça sera sous-presse. L’ouvrage peut être disponible jusqu’à la fin de l’année. A tous les peuples  Songye du monde, de retenir que je ne suis pas devenu paralytique comme le vocifèrent certaines mauvaises langues. Mais, j’ai seulement mal. Je ne suis pas sur une chaise roulante. Je marche !  

Propos recueillis par Jordache DIALA

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