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A la messe

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La grosse machine s’installe pour l’évaluation du processus électoral. Kengo et Minaku, liés comme le recto et le verso d’une même feuille, ont vite fait d’en découdre avec la succession de Tshisekedi au Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre. Depuis ce week-end, ils en auront, en effet, clos avec le suspense qui, depuis le 31 décembre 2016, a caractérisé la naissance d’une des institutions prévues, lors des discussions directes, telles que tenues au Centre Interdiocésain, à la lisière de la Gombe, pour l’accompagnement du processus électoral, le dispatching des postes de responsabilité, les mesures de confiance et la décrispation politique. Par la magie de l’histoire, c’est Joseph Olenghankoy, porté au portillon d’une des ailes du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement, qui, comme il fallait s’y attendre, a raflé la mise et coiffera la tête du CNSA. Il convolera, certes, en justes noces avec Adolphe Lumanu Mulenda Bwana N’sefu, un des acteurs majeurs de la Majorité Présidentielle et, s’il l’accepte, avec Kamerhe à la deuxième Vice-Présidence. A ce stade, il y a lieu d’avouer que le bateau a pris le large. Et qu’au-delà de bivouacs politiques dictés, naturellement, par des flèches pimentées du Rassemblement de Limete, le tocsin sonné par les Evêques ou, alors, des sanctions américano-européennes contre certaines personnalités ciblées, Kabila, jouant le tout pour le tout, tente de résister aux vents et à la tempête de l’histoire. Sûr de lui, il va à l’assaut du Congo profond, laissant de temps à Kinshasa, se réaliser lentement mais sûrement, le vieux rêve de rempiler à la faveur de l’enlisement consistant à aller au-delà de décembre 2017, en l’absence d’un calendrier électoral, d’un fichier et, même, de la convocation du corps électoral, dans les délais prescrits. Kabila, faut-il le rappeler, avait déjà, autrefois, réussi ce même pari, lorsqu’il traversa le fleuve à pied sec, alors que du vivant d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, nombreux pensaient que le ciel tomberait sur la tête des congolais, après le 20 décembre 2016. Peut-on dire aujourd’hui que l’histoire se répète ? Qui faut-il accuser, dès lors que la classe politique, toutes tendances confondues, avait un beau jour, à la Cité de l’Union Africaine, sur la montagne de Ngaliema, concédé qu’il resta en place à l’installation effective de son successeur élu ? De même qu’au Centre Interdiocésain, n’est-ce pas qu’on avait également juré de lui accorder 12 bons mois, pour peu que chacun puisse se frayer ne serait-ce qu’un petit coin au soleil ? Si, aux dispositions combinées de l’article 70 de la Constitution et de l’Arrêt de la Cour Constitutionnelle, l’on y ajoutait les deux Accords, il y a bien des raisons d’amputer les langues aux politiques. Sinon, de les pendre. Car, grâce à eux, l’homme, s’il ne se dédit pas, ou si le vent ne le retient pas, pourrait encore traverser, sans coups férir. Donc, il pourrait se servir des interstices des lois et Accords, pour passer sur le Boulevard Triomphal, revêtu de ses prestigieuses fonctions, après fin 2017. A moins d’un nouveau miracle ! Le schéma serait ainsi béni par Nangaa, Olenghankoy et Tshibala, lors de la prochaine messe d’évaluation du processus électoral.
LPM