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Rendez-vous manqués !

Rendez-vous manqués !

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Elle était manifestement éloignée, la date du 31 juillet 2017. Voilà qu’elle arrive, si rapidement. Au point que la Centrale électorale, qui avait promis de fixer l’opinion sur le fichier électoral, se perd en conjectures, s’agrippant sur l’insécurité au Kasaï qui, pour d’aucuns, est un épiphénomène, loin d’impacter sérieusement le processus électoral amorcé par Nangaa Corneille et toute son équipe. D’autres estiment, pour leur part, qu’il faut exorciser le succube du fétichisme des dates. En réalité, soutient cette frange d’analystes, la CENI n’avait fait que des projections. Lesquelles ne peuvent se confirmer que si tous les paramètres obéissent à cette logique.
Non, ‘’le fichier électoral ne pourra pas être prêt ce 31 juillet ‘’. C’est une confession faite quasiment tout le mois de juillet par les têtes d’affiche de la CENI. Et donc, c’est un rendez-vous manqué. Et, ce gap, en entraine d’autres. La convocation du corps électoral attendue pour le 30 octobre de l’année en cours ne le sera pas. D’autant plus que le fichier électoral, à en croire des sources crédibles, ne pourra être apprêté qu’en octobre prochain. Ce n’est pas tout. Les lois essentielles manquent encore à l’appel. Le lancement de l’appel d’offres pour la commande de Kits électoraux devra attendre. Bref, le premier rendez-vous ayant manqué, la suite ne peut être que logique. Et ici, Corneille Nangaa et la CENI n’ont pas trop attendu pour lâcher la bombe : ‘‘il est impossible d’organiser les élections avant le 31 décembre 2017’’. Le Gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole, Lambert Mende Omalanga ayant d’ores et déjà pris acte de ce verdict, il reste alors la tripartite CENI-CNSA-Gouvernement. Et, même là, il n’y aucun miracle à attendre de cette tripartie où le troisième acteur, le CNSA, ne sera que minorisé. Il ne faut pas rêver ! Même si certains pensent qu’il est encore possible d’organiser les élections avant la fin de cette année. Pourtant, les plus pragmatiques dans ce groupe sont convaincus qu’il y en aura pas. Voilà pourquoi, ils proposent déjà des pistes. Entre autres, ‘‘s’il n’y a pas d’élections d’ici décembre 2017, alors nous les ferons sans Kabila à la tête du pays’’, disent-ils, en soutenant qu’il n’y aura plus d’autres prolongations de mandat pour le Président de la République. C’est là une façon tacite de reconnaître qu’il est techniquement impossible d’organiser des élections sérieuses, sans conséquences fâcheuses dans la suite.
La seule alternative adoptée par l’opposition, dans toute sa diversité, c’est de faire pression sur le régime. D’où, la série d’actions programmées par le Rassemblement, les mouvements citoyens etc.
De ce qui précède et à l’allure où vont les choses, le Congo-Kinshasa risque d’être pris dans un engrainage des rendez-vous manqués avec l’histoire et de se replonger dans un cycle de violences qui ne sera bénéfique qu’aux vautours extérieurs qui guettent le moment propice. Aux uns et aux autres de mettre un peu d’eau dans leur vin.
La Pros.