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Star congolaise de renommée internationale. MOHOMBI : ‘‘Ce n’est pas au Congo que je gagne mon argent’’

Star congolaise de renommée  internationale. MOHOMBI : ‘‘Ce n’est pas au Congo que je gagne mon argent’’

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*Issu d’une famille métissée dont le père est Congolais et la mère Suédoise, MOHOMBI NZASI MOUPONDO,  né le 17 octobre 1986 à Kananga,  est l’une des révélations africaines qui fait bouger le monde, à travers son style afro-pop. Chanteur, danseur et compositeur, cette star  aux  talents  innombrables, est une véritable bête de scène dont la carrière a pris vite l’envol grâce à son grand tube «Bumpy ride », qui continue à faire rage sur la toile. Loin de son Congo natal,  cet artiste basé à Los Angeles est considéré par l’ONU comme étant un Ambassadeur de la jeunesse africaine.  Au cours d’une interview exclusive accordée à  La Prospérité, MOHOMBI a  dévoilé  sa vision pour la jeunesse congolaise et ses projets pour le développement de  l’industrie musicale en RDC. Retrouvez-le à travers ce jeu de questions-réponses :

L’année dernière,  vous étiez  invité au siège de  l’ONU en  qualité d’Ambassadeur de la jeunesse africaine. Quel a été votre message devant les dirigeants du monde ?

Mohombi : D’abord, je suis fier d’être un patriote congolais. Mon discours a été focalisé sur l’éducation en RDC, mon pays et en Afrique, en général.  Le droit  à l’éducation est un droit fondamental de l’homme, indispensable à l’exercice  de tous les autres droits de l’homme. Le droit  à l’éducation est reconnu  dans de nombreux traités internationaux. Comme disait Nelson Mandela : ‘’l’éducation  est l’arme la plus puissante que vous pouvez utiliser pour changer le monde.  Moi, en tant qu’Ambassadeur de la jeunesse africaine, je viens au secours de ces compatriotes qui manquaient de leur droit fondamental. Au-delà de la musique, nous  avons notre ONG dont l’éducation au Congo est notre cheval de bataille. Je crois que vous avez déjà entendu  parler de notre geste patriotique dans la province de  Bandundu où  nous avons construit   l’école « Complexe Elikya, dans le village de Luengo.

Pouvez-vous nous raconter votre histoire avec l’art d’Orphée ?

Mohombi : En quelques lignes, il faut avant tout savoir que je suis un artiste congolais avant tout. Ambassadeur de la musique africaine. C’est dans la ville de  Kananga, en plein cœur de la RDC, que je suis né. J’ai grandi dans une famille mixte dont le papa est de nationalité Congolaise et d’une mère Suédoise. Bien qu’aujourd’hui, la maman est devenue de plus en plus congolaise que mon père. C’est l’âge de 11 ans que je suis allé en Suède pour poursuivre mes études et pour développer ma musicalité. Ainsi, je profite de l’occasion pour remercier les deux mondes, qui ont permis de créer ce métissage musical que j’appelle «Afro pop».   

Pourquoi avez-vous choisi la musique pendant que vous avez un diplôme en économie ? 

Mohombi : La musique est une vocation et non un  métier. Ce n’est pas moi qui ai choisi la musique, mais c’est la musique qui m’a choisi. A  bas âge  déjà, ma famille a découvert en moi un don inné de l’art de chanter. C’était une passion qui était plus forte que moi. Très tôt, j’ai commencé à m’exprimer en chantant. C’est dès mon enfance. J’avais l’âge de 9 ans. Et, mes parents ont compris que c’est un talent artistique qu’on ne pouvait pas étouffer.  Donc, la musique est une vocation pour moi. Quelque chose vraiment que je devais absolument faire. Donc,  la musique ou rien !  Mais, cela ne m’a pas empêché de poursuivre les études. J’avais vite compris que les études étaient plus importantes que mon succès musical. C’est pourquoi, j’ai poursuivi mes études jusqu’à l‘Université et j’ai obtenu mon diplôme.  D’ailleurs, c’est grâce aux études  que j’arrive, aujourd’hui, à développer mes business autour de la  musique. Ainsi, j’encourage les jeunes à faire la même chose que  moi. Il ne suffit pas seulement de naître ou d’avoir le talent mais aussi les études ont une place très capitale dans la carrière d’un artiste. Il faut être réaliste et non un rêveur parce que la concurrence est énorme dans la musique aujourd’hui.     

A quelle étape de votre carrière, avez-vous eu la confiance de s’engager comme un musicien professionnel ?

Mohombi : Je me suis engagé dès le premier jour que j’ai compris le talent qui était  en moi. Raison pour laquelle, je me suis projeté avec ardeur dans le futur. Je partage ce point de vue en commun dans tous  les  métiers  dans la vie. Evidemment, c’est très tôt que j’ai visualisé mon futur. Je me suis vu grand en termes de  succès dans l’avenir.  Ainsi, j’ai tracé mon chemin,  moi-même. Sinon,  personne d’autre ne le fera à ma place. Sur le plan professionnel, s’il faut le dire, c’est le jour où je touchais mon premier cachet. C’était lorsque je suis monté pour la première fois sur scène à  Stockholm, en Suède et j’avais 12 ans. 

Quel est le disque qui vous a propulsé sur la scène internationale ?

Mohombi : Il faut préciser que je ne  fonctionne pas en termes de disques. Mais, des titres.  Le titre qui m’a fait propulser sur la scène internationale s’appelle «Bumpy Ride ». Dancehall pop, ce  tube a connu un succès planétaire, évidemment grâce à l’aide de Dieu. Il m’a fait découvrir auprès de  fans  et m’a beaucoup ouvert des portes à travers le monde. Parce qu’avant,  je n’étais qu’inconnu mais avec le succès de cette chanson, il m’est arrivé de se retrouver dans un pays où je ne  connais personne mais les gens me connaissent terriblement. C’est à partir de cela  que j’ai compris que tout a changé dans ma vie. Sur You tube, cette chanson a plus de  vus et continue à grandir…Déjà, elle est   en tête des téléchargements sur certaines platesformes. Donc, je demande aux mélomanes de continuer à le regarder et le visualiser….encore et toujours.

En quoi votre musique contribue-t-elle au développement de la société ?

Mohombi : Je suis convaincu que Dieu a mis une étoile sur ma tête lorsque je suis né. La preuve en est que ma musique et mon talent sont considérées comme un outil, un moyen pour pouvoir changer la vie, pour avoir l’impact sur  la vie des  autres et non seulement, sur la mienne. La musique m’aide à être une voix porteuse d’espoir,  un petit souffle d’espoir à la jeunesse. A travers ma musique, j’ai toujours voulu transmettre un message de réconfort. Etre un modèle pour les  jeunes africains  notamment,  congolais, en général, qui rêvent devenir comme Mohombi,  venu de Kananga, aujourd’hui, qui arrive jusqu’à Hollywood, pour  travailler, aux côtés  d’autres grands du monde. Etait-il possible qu’hier, un congolais, fasse l’exploit que Mohombi fait à travers le monde ? Aujourd’hui, la réponse est oui ! J’ai  prouvé  à la jeunesse que tout est possible. J’ai toujours envie de dégager une énergie positive pour motiver les jeunes.

Quel type de message véhiculez-vous à travers l’art ?

Mohombi : Ça dépend vraiment des titres. Je crois que mon thème principal reste dominé par le  positif. Je ne ferai jamais une musique négative. Le monde, aujourd’hui, est, très sombre. Moi, je veux contribuer, avec un moment de joie, un moment d’escapade. Je m’inspire beaucoup de ma chère nation,  le Congo. Je dis souvent à tout le monde que je rencontre, que le Congo est la capitale de la joie de vivre  sur terre.

Comment réagissez-vous lorsqu’une  certaine opinion soutient   que votre featuring avec Werrason  vous a ouvert beaucoup de portes au Congo ?

Mohombi : Avant le projet Werrason, j’étais ailleurs. Je ne pouvais pas être à plusieurs endroits au même moment. C’est impossible !  La musique reste mon gagne-pain, mon travail. D’où, il fallait travailler ailleurs, pour chercher mon argent afin qu’il y ait la nourriture dans ma maison.  C’est pour cela  que j’ai beaucoup voyagé au début, à travers le monde. Ce n’est pas au Congo que je fais mon argent. C’est qui est vrai, je venais avant en vacances au Congo et non pour le travail.  Il ne faut pas oublier cet adage qui dit : «nul n’est prophète chez soi». Je suis un exemple qui illustre cette expérience d’un artiste, qui a réussi à développer ses atouts, qui s’est imposé ailleurs.  Si un jour, Dieu le veut, je pourrai  revenir avec d’autres valeurs extérieures parce que le Congo en a besoin. 

Quelle est votre particularité dans l’univers musical ?

A la différence des autres, moi, je suis africain et européen,  en même temps. Je suis noir et blanc comme Obama. Peut-être, je suis le Président musical !

Dans les rues de Kinshasa, on retrouve des jeunes talentueux qui sont délaissés à cause d’un manque d’encadrement. Que pensez-vous faire pour   cette jeunesse abandonnée ?

Ce qu’il faut attendre de moi, c’est juste le travail que j’ai déjà commencé au pays. Mon apport dans l’émergence de la musique chez les jeunes. Je me suis engagé dans un projet qui consiste à développer des plateformes au Congo où l’industrie musicale est quasiment inexistante, aujourd’hui. Les gens découvrent la musique dans les coins de rues  à travers des jeunes qui  se débrouillent. Heureusement, certains ont de  petits sonos avec quoi,  ils essaient de réaliser  des sons malgré, pas trop adaptés mais l’essentiel, c’est  de mettre dans une clé, un flash disque afin de télécharger et partager 2 ou 3 morceaux. Voilà, malheureusement,  c’est cela, l’industrie  musicale congolaise. Alors ma mission consiste à la développer grâce  aux preuves  réalisées et aux contacts  tissés à l’étranger. Il y a des gens qui m’ont observé  pendant les deux dernières années et qui veulent bien me soutenir pour matérialiser ce  projet. Ils ont compris,  vu le trajet que j’ai parcouru depuis le Congo. Ils sont très contents de me voir retourner chez moi parce qu’ils savent que le Congo regorge une potentialité artistique énorme. Mais, je ne peux pas,  seul, accomplir ce projet. J’ai besoin de l’aide des Congolais et aussi de l’industrie  musicale extérieure. Tout doucement, je suis en train de construire une plateforme qui se manifeste par la production que j’ai déjà entamée avec deux ou trois artistes. Le premier s’appelle  LU MINO qui est, non seulement, un jeune talentueux mais aussi un producteur et compositeur. Je crois que c’est un élément qui  va m’aider à propulser et à développer  encore d’autres génies en herbe. J’ai toujours dis qu’un vrai leader ne craint pas de  leaders mais crée des leaders. Voilà,  en résumé,  ma mission sur l’industrie congolaise !   

Avez-vous un message particulier à adresser à  vos compatriotes ?

Je souhaite la paix au pays et de  bonnes choses  à mes frères et sœurs  congolais.  Je remercie mes fans pour les soutiens qu’ils apportent, aujourd’hui, dans ma carrière.  Bientôt, je vais  encore vous surprendre !

Propos recueillis par Jordache Diala