L’armée (Fardc) et les défis géostratégiques d’un Congo émergent

L’armée (Fardc) et les défis  géostratégiques  d’un Congo émergent

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Les Forces Armées de la République Démocratiques du Congo (FARDC) auront certainement enregistré l’une de leurs meilleures saisons modernisatrices de leur histoire en cette  année 2017. Finalisation des multiples sessions de formation et dotations infrastructurelles en chaine. L’opinion n’y a pas accroché une attention profonde, mais jamais dans cette dispensation l’armée nationale a connu un tel élan de professionnalisation. Qui mieux est, les FARDC ont été jugées par la célèbre et très crédible institution GLOBAL FIRE POWER, comme étant la 12 armée puissante dans le top 20 en Afrique et la 76éme  sur 133 dans le monde. Diverses célébrations militaires, hautes en couleurs ont pratiquement quadrillé le pays de l’ouest au centre et à l’Est du pays.  Du centre de formation de Kitona dans le Kongo Central, en passant par Kinshasa (Gombe et Kibomango) jusqu’à la Base Militaire de Kamina dans le Haut Lomami, de nouveaux bataillons spécialisés, un centre ultramoderne de formation en stratégie militaire de standard international, la formation de la Garde Présidentielle en tactiques de combats contextualités, autant des réalisations remarquables. En dépit des frictions politico-électoralistes, de la morosité économique et de la violence résiduelle dans le Kasaï, dans le Grand Kivu et dans le Nord Katanga, les FARDC connaissent un certain élan de poussée méliorative. Il faut s’efforcer de transcender les stéréotypes pour capter les pas appréciatifs de l’armée nationale dans leurs valeurs intrinsèques et dans la totalité, au lieu de se cramponner uniquement aux traits déficitaires.

Cependant, en plus de la problématique de leur incapacité de neutraliser totalement et définitivement les forces négatives qui sèment la désolation surtout dans le Kivu, et la préoccupation de leur formatage républicain, les FARDC font face à la question hautement stratégique de leur remodelage au regard de la vision du Congo Emergeant. Dans cette optique, il convient de souligner que la création d’un centre ultramoderne de formation des officiers supérieurs en géostratégie (basée dans la Première Zone de Défense des FARDC à Kinshasa Gombe) est un accomplissement très appréciable. Une fierté pour la RD Congo. Mais, cette réalisation par sa vision, impose elle-même la question de savoir « sur quelle rationalité stratégique endogène, régionale et internationale  va se rapporter et porter notre géostratégie militaire? ». Cette question est d’autant plus pertinente que dans le contexte de la mutation fulgurante tant de la philosophie des armées modernes que de l’évolution de la tactique de combat, la vision d’une armée est fonction de l’économie de son pays. Comme le souligne l’illustre politiste et penseur Américain Dr. Samuel Huntington, «le développement économique et la modernisation génèrent les ressources et le besoin pour les Etats de développer leurs capacités militaires » (The Clash of Civilizations and the Remaking of the World Order, 1996 :88). La double ambition de se maintenir comme première puissance économique et d’assurer son hégémonie planétaire, a formé un consensus tant politique que militaire aux USA pour bâtir et garder l’armée la plus redoutable de la planète et de l’histoire. On comprend pourquoi l’armée américaine, à la hauteur d’une vision de grandeur, porte un budget  $611 milliards (SIPRI 2015-2016). Cela équivaut presque plus du 1/3 des budgets de toutes les armées du monde réunies ($1.699 milliards).

Sur ce registre donc, ma réflexion porte sur l’impérative nécessité de concevoir dès maintenant les modalités d’une accélération de la transformation des FARDC, aussi bien au regard des défis sécuritaires actuels, qu’au regard de notre ambition d’émergence comme une  puissance économique continentale. A cet effet, j’éclaire une projection des axes fondamentaux de notre économie en statut d’émergence. Je capte l’importance stratégique de ses secteurs essentiels et la nécessité de leur sécurisation. Ensuite, je cerne les axes majeurs de la transformation des FARDC, tant au regard des ses faiblesses actuelles en arsenal et en puissance de feu que pour une projection des dotations mélioratives. Ma visée est de proposer déjà une réflexion des élites développementales sur le type d’armée dont nous avons besoin par rapport à notre ambition nationale.

  1. LES PILLIERS DE L’ECONOMIE DU CONGO EMERGEANT ET LEURS IMPERATIFS SECURITAIRES

 

Dans les cursus des universités militaires, les enseignements sur l’anthropologie militaire indiquent que depuis la nuit des temps, l’organisation du système de défense, des hordes primitives aux Etats-nations contemporains, est essentiellement fonction des besoins de protection non seulement de ces peuplades, mais surtout de leurs aires des éléments de survie matérielle. Cet axiome militaire permet d’affirmer que l’organisation d’une armée moderne ne se réduit pas à l’impératif de la défense des habitants et du territoire national, mais aussi de l’ambition politique et économique d’une nation, projetée aux plans régional et mondial. Ces deux derniers paramètres forment les facteurs référentiels des politiques de remodelage et de modernisation des armées sur l’échiquier international.

 

Trois cas d’école permettent de corroborer ces référents. Les USA, au regard de la nécessité de protéger leur économie, d’atteindre et de maintenir leur hégémonie politique sur le plan mondial, ont construit et équipé une armée porteuse de capacité offensive planétaire : l’armée américaine peut engager des combats sur plusieurs fronts instantanément, n’importe où dans le monde. Et cela dans la durée et avec tous les compartiments : sol, air, naval. C’est pourquoi dans le système de formation, dans la technologie militaire, voir dans l’armement, un accent est toujours placé sur l’efficience au regard de la distance, la durée, la récolte des renseignements militaires, et l’efficacité de l’arsenal pour émasculer l’adversaire. La Chine est un autre exemple tangible. L’armée chinoise est passée d’une force porteuse d’un arsenal désuet dans les années 1950-1980, qui était très loin derrière l’URSS, pour catapulter sa puissance de feu avec un budget de $215 milliards. Le progrès fulgurant de son développement économique est proportionnel à ses avancées inouïes en formation, recherche et production de l’arsenal militaire. Bien qu’étant encore très loin de la taille et de la sophistication militaire américaine, l’armée chinoise inquiète le Pentagone par la vélocité de ses avancées (3 éme / 133). Au Japon, cet alignement n’a pas suivi. De telle sorte que le Japon est la troisième puissance économique mondiale, mais il a un budget de la défense réduit par rapport à son immense économie (3 éme puissance économique, 8 éme place en budget militaire, US-NEWS 2016). Bien que cette situation lui fût imposée par les circonstances historiques, la réalité est que malgré son importance économique, le Japon se trouve dans une situation de faiblesse géostratégique assortie de vulnérabilité militaire. C’est pourquoi, il est protégé par les USA.

 

La réalité cernée ci-haut est révélatrice sur la RD Congo. Il convient d’abord de relever que dans sa phase d’émergence, la RD Congo devra nécessairement construire une économie fonctionnant avec divers secteurs stratégiques. Ceux-ci sont notamment, les industries des produits finis à base des minerais stratégiques comme le cuivre, le cobalt, le pryrochlore, le nobium (structure des gratte-ciels, châssis des engins à haute vélocité, MRI, etc.). La RD Congo ne peut pas prétendre devenir une économie émergeante sans industrie à haute technologie au service de l’automobile, l’aéronautique civile et militaire, la navigation spatiale, la technologie médicale. A cet effet, il est indispensable d’envisager d’ores et déjà la formation des ingénieurs, techniciens et travailleurs spécialisés dans la haute technologie électronique, automobile, locomotive, agro-industrielle, pharmaceutique, de telle sorte que nous puissions émerger comme le cœur industriel du continent. Nos espaces immenses, notre potentiel de production énergétique à moindre cout, ainsi que la main d’œuvre abondante, sont autant d’atouts qui nous donnent un avantage inégalé en Afrique. Dans les prochaines décennies, les prix de plus en plus exorbitants des espaces industriels en Occident, les contraintes énergétiques, le ralentissement démographique, ainsi que l’augmentation des couts de la main d’œuvre en Chine, feront du Congo la destination des migrants industriels (Katulondi 2010, CIA State of the World in 2025). Dr. Huntington observe que «le progrès économique amène les Etats à générer la capacité de produire les armes » (1996 :90). La RD Congo, dès maintenant, doit nécessairement jeter les jalons d’une industrie d’armement, jusqu’aux missiles même de moyenne portée.

 

Aussi, la construction de toutes les phases de Grand Inga, qui va fournir l’électricité pratiquement à toute l’Afrique (Inga va illuminer l’Afrique selon IRIS) instituera la RD Congo en « espace énergétique » d’importance stratégique inégalée sur le continent. Si une attaque terroriste paralysait le Grand Inga, toute l’Afrique serait paralysée. Un tel espace devra être hautement sécurisé efficacement pour assurer la protection à la fois de l’outil de production de l’électricité et l’infrastructure de transport. Le tourisme et l’agriculture deviendront aussi des secteurs très productifs dès l’horizon 2025. Cela dans un pays offrant le spectacle unique du fleuve le plus puissant du continent, des volcans à coté d’une montagne porteuse d’une neige éternelle. Un terreau  d’agriculture qui va nourrir toute l’Afrique doit aussi être hautement sécurisé. Il s’y ajoute la position géostratégique d’un sous-continent au cœur de l’Afrique liant l’Est à l’Ouest, et le Nord au Sud de l’Afrique.

On ne s’en rend pas compte, mais l’émergence que nous appelons de tous nos vœux portera des impératifs sécuritaires et militaires autrement très complexes. La hauteur des capitaux qui vont affluer avec une projection des investissements étrangers directs de plus de $150 milliards et un PIB extrapolable à $ 400 milliards à l’horizon 2030-2035,  tout cela constituera un énorme patrimoine à sécuriser. Qui plus est, la diversification de l’économie dans une dynamique décentralisée, et au regard des projections du Plan National Stratégique de Développement (PNSD), les zones de production seront parsemées sur tout le territoire. Donc, la sécurisation de toutes ces aires industrielles imposera aussi une armée conséquemment déployée sur le territoire et ayant la capacité de mobilité rapide sur tous les coins les plus reculés de la République.

 

  1. LES AXES DE LA TRANSFORMATION DES FARDC FACE AUX IMPERATIFS DE LA GEOSTRATEGIE D’UNE ECONOMIQUE EMERGEANTE

Déjà par rapport aux impératifs primaires de la protection des populations et du territoire, notre armée a énormément du chemin à parcourir. Les formations et les dotations réalisées cette année, comme expliqué ci-haut, sont remarquables et appréciables. Mais, lorsqu’on y ajoute l’impératif économique de l’émergence, l’équation devient plus compliquée. Force est de souligner d’abord que malgré le classement de notre armée à la 12 éme place en Afrique sur le top 20 et 76 éme sur 133 au monde, les FARDC portent des hiatus sur trois plans principaux. Avant de les explorer rapidement, il convient de relever qu’au plan de la force terrestre, avec 200 charres de combat et 210 véhicules blindés, l’arsenal est relativement robuste. Tout ce qu’il faut c’est la discipline, la transparence, la motivation par l’amélioration des soldes et des conditions sociales, afin de relever les défis actuels à l’Est du pays.

Au plan exclusif de l’architecture de l’armée par rapport aux impératifs de combat fondés sur les données opérationnelles dictées par les zones de guerre et la nature des engagements dans la région, les FARDC ont des asthénies dans les compartiments des unités commandos (special forces), la force aérienne, la force navale et les renseignements militaires. Pour réfléchir avec plus de précision, on peut prendre le cas des guerres résiduelles du Grand Kivu. La nature des forces adverses qui sont les milices mai-mai, les rebelles Ougandais de LRA et ADF/NALU, le relief montagneux et forestier, la dissimulation des miliciens dans la population civile, indique qu’une tactique de guerre classique (comme on la mène aujourd’hui) est insuffisante. Il convient donc de composer et de former des unités des forces spéciales de type commando pour des opérations de «neutralisation furtive». La tactique classique avec des fantassins prendra du temps.  Cela nécessite aussi la formation avancée et l’équipement des unités des renseignements militaires. Ces unités devront être capables d’organiser des cover-operations parmi les milices et rebelles étrangers pour permettre aux éléments des forces spéciales d’éliminer littéralement ces forces négatives. Une telle capacité va aussi être utile même pour des actions commandos dans les pays de la région qui nous seraient hostiles.

En priorité, notre armée a urgemment besoin d’une réorganisation et d’une dotation modernisation de la force aérienne. Non seulement parce que les guerres de cet âge sont déterminées par la puissance de feu dans les airs, mais surtout parce que la géostratégie de notre économie à l’horizon 2030, portera sur des zones de production disséminées sur un sous-continent. Le relief géographique et forestier du pays et de la région, impose les mouvements des troupes et de l’arsenal, aéroportés. Bien plus, la possession d’une force aérienne dotée au moins de dix escadrons combinés, à la taille du pays, émettront des signaux de puissance dans la région. Cette  dotation modernisatrice exigera la possession d’au moins quatre bases aériennes aux standards internationaux, avec une centaine d’avions de chasse de la nouvelle génération (de type américain F-16 Falcon), et une centaine d’hélicoptères de combats (Boeing AH-64E Apache) dotés des missiles air-air et sol-air anti-tanks. La RD Congo ne mérite plus un arsenal des invendus semi-désuets. Des escadrons d’hélicoptères et avions de reconnaissance et de transport seront aussi indispensables, pour acheminer les troupes dans les zones des opérations. Dans le contexte actuel, les avions de chasse et les hélicoptères de  transport, ne suffisent en nombre même pour des opérations victorieuses dans une petite province. Selon Global Fire Power, la force aérienne des FARDC (classées 76 éme sur 133 dans le monde) possède 41 avions dont 2 avions de combat, 6 avions de chasse, 36 avions de transports (2 hélicoptères perdus au Nord Kivu). GFP renseigne aussi 27 hélicoptères dont 8 d’attaques. La population ne voit jamais tous ces avions. Leur nombre est du reste à vérifier  et est de très loin insuffisant pour un sous-continent. A titre d’exemple, l’armée Angolaise classée 51 éme sur 133 dans le monde possède 285 avions dont 60 avions de combat, 78 avions d’attaque, 128 avions de transport et 48 avions d’entrainement. Ce pays a 118 hélicoptères dont 15 unités d’attaque. L’armée Ougandaise qui est classé 92 éme (16 places en dessous de la RD Congo) possède 43 avions dont 13 avions de combat, 13 avions d’attaque, 19 avions de transport et 10 avions d’entrainement.

On se rend compte que malgré toute la bonne volonté les FARDC souffrent d’un énorme problème de déploiement et de mobilité aérienne dans les zones où les forces négatives opèrent. Les mai-mai, LRA et ADF/NALU attaquent les villages éloignés et les FARDC y arrivent souvent en retard et ne sont pas toujours en mesure de poursuivre les assaillants faute de capacité de mobilité efficace. Même notre police est censée avoir des hélicoptères des opérations à hauteur d’au moins trois hélicoptères par pool de trois provinces pour des interventions ponctuelles, même en cas de catastrophe naturelle – comme ce fut le cas à Tara où on devait recourir à la MONUSCO. Dans cette même optique, Global Fire Power indique que l’une de nos aires des défis est la surface maritime. Notre force navale est indigente, avec 20 unités dénuées des machines de guerre navale, alors que nous avons plus de 4 grands lacs et un fleuve servant de frontière naturelle, et un littoral océanique de plus de 30 kms. Donc, ce secteur des FARDC appelle des dotations progressives en frégates et corvette, ainsi que le renouvellement des unités de patrouilles tant sur les lacs, le fleuve que la cote atlantique.

CONCLUSION : L’URGENCE DE LA REFLEXION PROACTIVE POUR LA REIVENTION DES FARDC

 

Aveuglés comme nous sommes par l’égotisme, la haine, la politicaillerie, nous ne sommes pas en mesure de penser anticipativement notre futur dans ses implications géostratégiques et militaires. Et même, très étonnant, les diverses formations de nouvelles troupes, les dotations en infrastructure dont ont bénéficié les FARDC n’ont pas attiré l’attention approfondie ni des critiques, ni des analystes. Pourtant la création d’un centre ultramoderne de formation des officiers supérieurs en stratégie est censée nous inspirer des réflexions sérieuses sur le sens de cette institution par rapport à notre projection géostratégique dans le temps et dans l’espace.

 

L’émergence de la RD Congo est inéluctable. Même si nous ne le réalisons pas, c’est un schéma que les stratèges économiques internationaux et les investisseurs perçoivent déjà. La raison originale du Congo comme espace économique important pour le monde demeure. Les investisseurs, les techno-experts financiers et économiques l’ont déjà décrypté par rapport aux limites et contraintes qui s’imposent progressivement dans les espaces de production qui se saturent : l’espace Congolais sera le nouveau foyer de la croissance mondiale.  C’est sur ce registre que le très respecté Magazine Américain de Washington, voire Bloomberg, envisagent l’élévation du Congo comme économie émergeante dans la prochaine décennie. Nos atouts, notre patrimoine naturel, notre potentialité énergétique, les investissements qui vont affluer, imposeront la RD Congo comme une puissance économique au cœur de l’Afrique, et donc un Etat influent dans la région, le continent et le monde. Nous devons donc déployer une pensée à la fois critique, prospective et prescriptive, pour commencer à envisager un type d’armée à la hauteur de notre destinée et des horizons politiques et économiques qui constituent notre vision. La puissance de feu des FARDC mérite d’être progressivement augmentée par la formation des plusieurs unités de forces spéciales de type commando, la création de quatre nouvelles bases militaires, la dotation en avions d’attaque et hélicoptères de combat, l’amélioration des renseignements militaires et l’acquisition des frégates et corvettes pour la force navale. Notre arsenal devrait émettre le message dissuasif autant qu’il devrait indiquer clairement une puissance de feu dévastatrice. Comme le note Dr. Samuel Huntington, la puissance économique en parallèle avec la puissance militaire non seulement renforce la dissuasion vis-à-vis de l’extérieur, mais aussi consolide la fierté nationale et la confiance d’une nation en elle-même. On l’oublie souvent, la force armée a été la colonne vertébrale de l’Etat Indépendant du Congo et du Congo Belge, comme l’a observé le Professeur Ndaywel. Ainsi, la faillite de l’Etat depuis la Deuxième République est traduite par la déliquescence de l’armée Zaïroise. Aujourd’hui, réinventer le Congo passe fondamentalement par la transformation des FARDC, avec des budgets conséquents, l’arsenal proportionnel à la taille du sous-continent, et à la hauteur de ses ambitions économiques d’émergence.

Hubert Kabasu Babu Katulondi

(Libre-penseur, Ecrivain).

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