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Eau de boudin!

Eau de boudin!

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Y aura-t-il oui ou non examen de la proposition de loi ou du projet de loi portant institution, organisation et fonctionnement du Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) ? La question vaut son pesant d’or. En effet, 12 jours après l’ouverture officielle de la session ordinaire du parlement, dit essentiellement budgétaire, juste le calendrier des travaux a été adopté par le Bureau de l’Assemblée nationale, de concert avec les présidents des Groupes parlementaires. La tentative de soumettre à l’examen la proposition de loi y relative, présentée par l’Honorable Grégoire Mirindi, Député national pour le compte de l’Union pour la Nation Congolaise, UNC, de Vital Kamerhe, s’est soldée en eau de boudin. L’auteur ayant jugé bon de la retirer au motif que l’esprit qui a prévalu lors du dépôt de ce texte, n’est plus celui qui correspond à la situation du CNSA actuel. Que va-t-il se passer alors que les jours s’égrainent et que nul n’en est maître ? Toute la question est là.

Pour le reste, des hypothèses peuvent être envisagées. S’il est des érudits, des Députés habiles, pour amener, avec célérité, une proposition de loi, ou encore au niveau du Gouvernement, pour un projet de loi qui serait adopté en Conseil des ministres, afin de donner une assise juridique au CNSA, le tour sera joué, avant la clôture de la session, qui intervient le 15 décembre prochain.  Voilà que dans l’un, tout comme dans l’autre cas, il va falloir des jours, des semaines, voire des mois. Alors, cet état de chose, soulignent certains observateurs, ne peut que réjouir les alchimistes de la cacophonie. Il n’y a pas que ça. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), par l’entremise de son Rapporteur, Jean-Pierre Kalamba, a indiqué que les opérations d’enrôlement dans le Grand Kasaï pourraient se terminer fin décembre, voire début janvier 2018, s’il se pose des impondérables. Et, s’il faut remonter à New York, à la 72ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, lieu de comprendre que le Chef de l’Etat, Joseph Kabila, s’attache au processus électoral tel que piloté au pays par la Centrale électorale. Comme tel, il faut attendre la fin de l’enrôlement, l’établissement du fichier électoral, la tripartite Gouvernement-CENI et CNSA, pour être fixé sur le calendrier électoral. Que dire de la position exprimée par les treize parties, y compris la CENI, qui ont participé à la réunion de haut niveau sur la RDC, et dont les conclusions ont abouti à l’idée que les élections en RDC doivent se tenir d’ici décembre 2017 ? Pour toute réflexion sereine, l’on se doit de pouvoir comprendre comment ce dossier va se dénouer, quel sens va-t-il prendre, et qui en seront les guides, si pas les conducteurs de l’opération. S’il était donné de réveiller un autre poids lourd de la politique congolaise, Feu Banza Mukalayi, paix à son âme, qui aurait soutenu, texte puisé dans un tabloïd kinois, « qu’il faut toujours tenir compte des rapports de force au plan international». Qu’à cela ne tienne, les Nations Unies reconnaissent la souveraineté de ses Etats membres. Joseph Kabila l’a rappelé à ses pairs.

La Pros.