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Enigmes !

Enigmes !

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A quand les élections et vers quel cap s’engagera le pays, dans le contexte politique actuel, après le 31 décembre 2017 ? Bien malin est celui qui saura, sans broncher, répondre à ces interrogations. La première, il faut le dire, est sur toutes les lèvres. Pour plusieurs opposants, activistes et autres membres des forces vives du Congo-Kinshasa, elles, les élections, doivent avoir lieu avant la fin de l’année en cours comme le veut l’Accord de la Saint Sylvestre. Mais, les choses ne sont pas si simples. Nangaa à la tête de la Centrale électorale a, d’ores et déjà, il y a des mois, annoncé le verdict selon lequel ce délai était intenable. Ne donnant pas des dates à travers un calendrier électoral, même après le quitus lui accordé après l’évaluation du processus électoral à Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, la Commission Electorale Nationale Indépendante laisse persistante, dans les consciences, la question : à quand les élections en RDC ?  Et, à l’approche de décembre 2017, les esprits se surchauffent dans un contexte politico-économico-sécuritaire préoccupant. Le mois de septembre tire à sa fin et début octobre, l’aile dure de l’Opposition incarnée par le Rassop/Limete prévoit d’en appeler à la désobéissance civile et lassés, d’autre part, plusieurs partenaires de la RD Congo donnent, par des voies officielles comme officieuses, de la voix pour réclamer l’application du compromis conclu sous l’œil vigilant de la CENCO, qui se résume en l’organisation des élections. Sur la tribune des Nations Unies où évidemment tous les partenaires multilatéraux et même l’opinion nationale pouvaient entendre sa voix en une fois, le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, dans son speech, s’est voulu ferme et rassurant quant au cap fixé et irréversible de la marche vers des joutes électorales transparentes et apaisées.  Des inquiétudes perdurent, tout de même, dans les esprits des cogitateurs de la situation politique. Si, en se fondant sur les paroles du Premier des congolais, il appert que le cap est fixé, l’énigme de date reste toute une interrogation ou, à la limite, un véritable inconnu. La CENI, elle, continue l’opération d’enrôlement, entamée de manière sérieuse à présent dans le Kasaï. Au nom de l’égalité des délais, la Commission Electorale Nationale Indépendante devra y poursuivre cette opération jusqu’à fin décembre 2017 par le fait que chaque centre doit bénéficier de 90 jours d’enrôlement. Et, là encore, ceux ayant connu des problèmes d’ordre divers devront continuer les opérations jusqu’à atteindre le quota de nonante jours. Ce qui pourrait, rapportent des sources proches de la CENI, faire glisser l’identification des électeurs en janvier 2018. En clair, pendant que les uns militeront pour des élections avant le 31 décembre, la CENI, elle, sera plus qu’occupée avec la finalisation de l’enrôlement même au-delà de ce cap et sans pouvoir dire, aisément, où le train du processus électoral va accoster. Et, si le processus d’enrôlement n’est pas arrivé à terme, il est impossible que le Parlement  puisse examiner, du moins au cours de cette session ordinaire de septembre, le projet de loi sur la répartition des sièges pour les législatives à divers niveaux. Si cela n’est pas fait durant cette session,  faudra-t-il attendre la session de mars 2018 ? Définitivement, le dénouement de cette profonde préoccupation de la date des élections au Congo-Kinshasa s’avère être un mystère difficile à décoder. Une autre question est autant, si pas plus préoccupante pour l’opinion. Il s’agit, à tout dire, de savoir quelle direction prendra le pays au-delà du 31 décembre 2017, la dernière borne établie par consensus pour l’organisation des élections. Les deux énigmes perdurent. C’est la navigation à vue pour l’un et, un saut dans l’inconnu, pour l’autre.

La Pros.