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Rentrez à table !

Rentrez à table !

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Moussa Faki dit avoir fini sa mission. Alors que pour le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au changement, la situation reste intacte. Dans un communiqué signé hier, l’aile dure de cette plateforme de l’Opposition, du moins, celle alignée  derrière les positions fidèles à Etienne Tshisekedi,  compte les jours, d’ici le 31 décembre 2017, pour pousser, selon elle, Kabila à la porte de sortie.

A tout dire, ce dernier, à ses yeux, ne serait plus ni  crédible, ni légitime. Chose que la Majorité, dans sa foi dans les lignes tracées par le  Raïs, rejette avec la plus grande énergie. Les deux camps l’ont fait savoir, chacun,  à sa manière, à l’Envoyé Spécial de la Commission de l’Union Africaine, tout en se promettant mutuellement l’enfer, au-delà du délai butoir, tel que fixé dans l’Accord de la Saint Sylvestre, depuis que les assises avaient été officiées par les Evêques, aujourd’hui, en pèlerinage dans les capitales occidentales.

D’autres forces politiques se réclamant du Centre, sous la férule de Germain Kambinga, Joseph Bangakya ou Daniel Ngoy Mulunda, exigent, pourtant,  une table ronde politique inclusive et représentative des forces politiques ayant pignon sur rue  mais, aussi,  des organisations corporatives, telles que les associations des médecins, des professeurs, des architectes, des Avocats, sans oublier,  l’implication des représentations provinciales   et, avec une réelle  tempérance, elles sont pour des élections, après qu’on ait décrispé le climat politique  et assaini l’environnement en termes d’infrastructures appropriées. Ces forces médianes, non encore confirmées, tanguent. Tout comme n’a cessé de l’être, la société civile, dans ses multiples variantes.

Au demeurant, après les consultations de Moussa Faki, le ton, loin de baisser, prend de plus en plus  un accent pimenté. Le langage martial prend progressivement ses marques. Mais, dans l’entretemps, la misère devient crescendo.

Naturellement, lorsque deux éléphants se battent, ce sont les herbes qui en pâtissent, dit-on. Cet adage mieux connu à travers le monde et qu’on apprend sur le banc de l’école, colle bien à la situation qui prévaut actuellement en RD. Congo. Majorité – Opposition, en durcissant le ton et en se radicalisant, sacrifient, par le fait même, le petit peuple, ce fameux futur électeur, sur l’autel des intérêts partisans.  On assiste-là,  d’une manière ou d’une autre,  à une espèce d’élimination  à petit feu du tissu socio-économique. Ce qui, du coup, a des répercussions insupportables sur le panier de la ménagère au pouvoir d’achat quasi-nul, avec tout ce que cela comporte comme mièvreries au niveau de la paix et stabilité sociale. Or, un ventre  affamé, a-t-on toujours dit,   n’a point d’oreilles.  Il suffit de le placer devant n’importe quel schéma, y compris celui du chaos, pour qu’il s’enflamme, sans parfois,  prendre du temps de bien réfléchir. Dans un contexte comme celui d’aujourd’hui où les principaux agrégats macro-économiques sont au rouge, les impaiements  chroniques, les distorsions dans le circuit de mobilisation des recettes  où le gouvernement, tout en décalant certaines dépenses prioritaires,  reconnaît, lui-même, que la trésorerie est encore fragile. Face à la pression interne dictée, normalement, par tous les discours acérés et les communiqués incendiaires qui circulent abondamment sur la toile, tout semble indiqué que les carottes sont cuites, pour laisser courir, derrière les laboratoires, des formules gardées, jusqu’ici, dans les secrets de ‘’Deus’’. Quoi de plus inquiétant que de penser  qu’après le 31 décembre 2017, plus rien, apparemment, ne saurait  résister à la tempête qu’insufflera le Rassemblement, depuis sa tanière de Limete. Faux, répond Atundu, fondé du pouvoir d’engager la Majorité, qui promet, plutôt, une ‘’Bonana 2018’’ paisible. Qui a raison ? Qui a tort ? Tôt ou tard, la vérité finira par triompher. Car, tout ce qui est caché aujourd’hui, éclatera au grand jour.  Dans tous les cas,  peu importe les motivations,  il faut, absolument,  éviter un bain de sang inutile. Rentrez à table !

LPM