Affaire Kamuina Nsapu : la famille du chef coutumier Muamba Lubemba saisit Ramazani

Affaire Kamuina Nsapu : la famille du chef coutumier Muamba Lubemba saisit Ramazani

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*Alors que les rideaux venaient tout dernièrement d’être tirés sur les travaux du Forum sur la paix, la réconciliation et le développement sur le Kasaï, à l’initiative du gouvernement central, après des violences à la fois aveugles et sanglantes, des voix stridentes s’élèvent pour réclamer justice avant de passer l’éponge. La dernière – portée sur la place publique- est celle des proches du chef coutumier Simon Muamba Lubemba, tué et dont l’atroce décès est passé inaperçu. A l’initiative d’un proche parent de l’illustre disparu, une lettre signée par Kanudowa Tshibangu et destinée au vice premier ministre et ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani est bien,  à la fois,  audacieuse et explicite.

En luminaire, la lettre exige justice et rappelle que le chef Muamba Lubemba est le chef de Bena Nkuanga, groupement de Bakua Makuna, village Mashata, bena Lala. Où et comment a-t-il été tué ?

Au terme de violents accrochages entre des proches du Kamuina Nsapu et les forces gouvernementales, Simon Muamba s’est retrouvé dans l’épicentre des violences et est tombé sous le coup des balles le 12 août 2016, aux côtés de ses autres collègues, à l’instar des chefs coutumiers Mukendi, Mfuamba Ntumba et bien d’autres collaborateurs des « rois».

Très concrètement, dans sa correspondance bien documentée, la famille du chef Muamba tient à être suffisamment éclairée sur les réelles circonstances de l’assassinat de son patriarche et veut, ici et maintenant, que la justice soit rendue. Elle estime que la réconciliation voulue par tous et tentée d’être cimentée au terme du forum de Kananga  tenu du 19 au 21 septembre dernier ne pourrait l’être réellement que si l’on fait droit aux victimes. «Nous ne saurons rester indifférents face à une tuerie bien planifiée contre le chef Muamba dont nous devons honorer la mémoire. La seule façon de le faire, c’est nous aider à identifier ses assassins et les traduire en justice. Il était un homme de paix et non un va-t-en-guerre», lit-on dans la lettre endossée par l’essentiel de membres de la famille que Kanudowa s’apprête à déposer à la vice-primature et qui a comme ampliateurs les instances nationales, régionales et internationales.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour manifester ce courroux collectif? L’auteur de la lettre explique avoir attendu une opportunité pour le faire. L’opportunité, à ses yeux, c’est le dernier rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU rendu public fin septembre 2017 dans lequel, la Haut-commissaire adjointe aux droits de l’homme reconnaît que «la situation dans les Kasaï est l’une des pires crises des droits de l’homme dans le monde».

Dans ce rapport, l’ONU charge l’armée et les services de sécurité d’être au cœur des violences, notamment au Nord, à l’Est et au centre de la République démocratique du Congo (RDC). De la même manière que les différents intervenants ont déploré l’impunité qui entoure les actes de violences (tueries, viols, tortures).

Nombre d’observateurs voient, dans ce nouveau rapport des Nations unies, le refus de la communauté internationale tourner la page des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité dans l’espace kasaïen, sans avoir fait toute la lumière sur la quatre-vingtaine de fosses communes déjà recensées ainsi que sur l’identité des planificateurs et exécutants.

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