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Hystérie ?

Hystérie ?

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Depuis la révélation par la chaine américaine CNN de l’incroyable réalité de la vente aux enchères en Libye des émigrants noirs soucieux d’atteindre l’Europe, c’est un tôlé général qui est enregistré en Afrique Subsaharienne et au-delà. Des voix des personnes publiques les plus connues comme ceux des quidams dans les rues de Kinshasa, Brazzaville, Bamako, Dakar comme Paris et Bruxelles claironnent pour dénoncer cette fâcheuse mésaventure qui rouvre, pour le peuple noir et autres humains épris de l’égalité des races, la douloureuse épisode, échelonnée sur des siècles, de la traite négrière. Murée jusque-là dans un silence d’observation, de manière officielle, après quelques autres Etats et organisations régionales, la République Démocratique du Congo vient, elle aussi, de se lâcher dans une sainte indignation. Dans un communiqué remis à la presse, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo, par le biais du Vice-Premier Ministre, Ministre en charge des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, rappelle son Ambassadeur posté à tripoli. Ce, afin qu’il vienne fournir de plus amples informations sur la situation qui prévaut sur terrain, en Libye, quant à savoir s’il y a la présence des congolais et combien parmi les réfugiés afin que les dispositions utiles et nécessaires soient prises pour leur rapatriement, en toute dignité.

Tout en saluant l’ouverture d’une enquête en Libye sur ces faits de vente d’être humains, des noirs en l’occurrence, Kinshasa met le doigt, dans sa réaction, sur un des aspects majeurs de ce qui a favorisé la mésaventure regrettée en Libye.  Evidemment, il est question de faire un plongeon dans la problématique de l’immigration. La RDC demande, en effet, à ses pairs africains que cette question soit inscrite au prochain sommet Afrique-Europe prévu à Abidjan, en Côte d’Ivoire. La cause est plus importante que l’effet, disent certains dialecticiens. Puisqu’en résolvant un effet, argumentent-ils, on guérit un symptôme. Mais, en éliminant la cause, le mal disparaît. D’où la question : qu’est-ce qui fait que ces noirs fuient leurs patries en quête d’une place sous le Soleil à l’Occident, en général, au vieux continent, l’Europe, en particulier ? Cette quête vers un paradis, un el dorado, laisse transparaître une échappée d’un enfer supposé, pour plusieurs observateurs. Bien souvent, en effet,  empêtrés dans des crises politico-économique sans issue les pays africains affichent, comme d’autres dans ce qui est appelé ‘’tiers monde’’, un paradoxe de taille. Ce qu’il y a des ressources naturelles d’une richesse inouïe mais des populations d’une pauvreté à peine imaginable. A qui, en définitive, les péripéties de la gestion économique et politique ôtent même l’espoir d’un lendemain meilleur. Si la sainte indignation qui s’enregistre çà et là est légitime, résoudre les causes proches et lointaines de cet état des choses dans les pays africains dont le Congo de Lumumba est, à tout dire, une obligation nationale, régionale, continentale, raciale et, enfin, humaine.

La Pros.