Kongo Central : pourquoi tant de conflits conjugaux ?

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Vivre ensemble  à deux, entre l’homme et la femme, n’est pas chose facile. Ceci à cause de la différence des caractères ou mieux,  de l’éducation reçue par chacun des conjoints à partir de ses parents. Où que l’on se retrouve, à travers la province du Kongo-Central, le constat reste le même : Que des fiançailles et mariages cassés. Peu importe la durée vécue. Ceux des couples qui font semblant de cohabiter sont parfois plongés dans des conflits ou frictions, pas forcément violentes mais, en s’accumulant et en se répétant sans être résolus par les conjoints eux-mêmes, finissent par devenir des problèmes majeurs dans une société en déliquescence.

Vivre seul est certes difficile, raison pour laquelle, une fois on a atteint l’âge adulte, le désir de se marier devient vif. Mais,  lorsqu’on y accède, un dégoût a tendance à s’installer dans les cœurs. Des êtres qui, pourtant, s’aimaient tant, arrivent, à un moment donné de leur vie, à la haine la plus criminelle qui soit, jusqu’à vouloir se séparer, divorcer.

Mais, pourquoi ? 

La situation conflictuelle dans laquelle vivent bien des foyers ne cesse d’affecter le climat de couples, de familles et de la société. Une analyse de la situation dans la province détermine les causes de ces multiples conflits conjugaux. Elles paraissent multiformes et multidimensionnelles. Qu’on se retrouve au village ou en ville.

La première de ces causes est le mensonge. Très souvent, un homme se présente devant une femme sous une fausse identité avec des fausses qualités qu’il ne possède pas en faisant semblent d’être, alors qu’il n’est pas. La femme qui accepte facilement de vivre avec cet homme découvrira que son partenaire n’est vraiment pas ce qu’il a prétendu être ; et il s’ensuit la rupture de confiance.

L’harmonie conjugale se rompt également. Mais,  bien d’autres situations de ce genre existent : par exemple lorsqu’on cache à sa femme qu’elle est la seule alors qu’on a plus d’une ailleurs ; faire croire à sa femme qu’on pourra la mettre à l’aise alors qu’en réalité on est loin de pouvoir satisfaire à ses besoins, ne fut-ce qu’élémentaires. La deuxième cause de conflits conjugaux analysée au Kongo-Central est ces mariages arrangés, forcés et/ou précoces. C’est tout un facteur prédisposant aux conflits lors de la mise en couple car, à la moindre altercation, monsieur ou madame se permet de dire : « Si ce n’est pas à cause de mes parents, tu ne pouvais même pas m’avoir… ». Et, ces sortes de remarques, banales en apparence, sont frustrantes. Elles conduisent, si elles se répètent, à des violences conjugales.

La troisième cause de ces conflits est la désillusion et la frustration. Le fait de s’apercevoir dans la vie que ce qui miroitait n’était pas la réalité mais un mirage. Elle naît lorsque l’autre se révèle réellement,  tel qu’il est avec tous ces défauts surtout. L’idée qu’on avait du conjoint change ; le masque tombe : « Je ne savais pas que tu étais comme ça ». La frustration et la désillusion naissent de l’incompréhension, de l’humiliation, de l’instrumentalisation ou de la transformation de l’autre en objet. Le « Sans toi je ne peux pas vivre » cède la place au « Exécute et tais-toi ». De là le manque de respect, de considération et partant d’amour.

L’influence de la belle famille est la 4ème cause décelée. L’immixtion de deux belles familles dans la vie du couple empêche toute autonomie dans la gestion des problèmes par les conjoints eux-mêmes. On remarque que les conflits entre conjoints naissent lorsque l’attention du mari par exemple est plus portée sur ses parents que sur son couple.

Chef incontesté de la famille dans la tradition africaine, l’homme n’admet aucune remarque ou reproche pouvant porter atteinte à son autorité par peur de la perdre. Cette féodalité voire cet orgueil de l’homme constitue la 5ème cause des conflits conjugaux. L’amour propre de la femme subi des coups qui l’amènent à des réactions violentes.

La 6ème cause et non de moindre est les relations sexuelles. Au Kongo-Central, le sexe est l’un des tabous majeurs. Les couples n’échappent pas à ce tabou, source de conflits le plus souvent sournois et imperceptibles. La plupart des couples ont malheureusement un lien plus ou moins étroit avec les difficultés d’ordre sexuel. En effet, la non-disponibilité ou l’insatisfaction sexuelle de l’un des conjoints entraînent des frustrations. Le moindre problème qui survient est alors amplifié. A ceci s’ajoute l’adoption des méthodes contraceptives par certaines femmes à l’insu de leurs époux.

D’autres causes que nous ne cessons d’enregistrer sont entre autres le grand écart du niveau d’instruction ou de l’âge, la recherche du profit, la rivalité entre coépouses dans les familles polygames, l’éducation des enfants, l’alcoolisme ou la toxicomanie,… sans oublier l’influence des médias, romans, films sur la mentalité des conjoints qui, sans tenir compte de la réalité socioculturelle et économique, veulent une vie à la « Marie Mar ». Ce qui contribue à la dégradation des relations conjugales surtout si l’autre conjoint ne réussit pas à répondre à ces désirs.

Charles Nguvulu

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