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Vin tiré!

Vin tiré!

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Plus que cinq jours pour vivre la journée du 31 décembre 2017 et traverser, pour le meilleur ou le pire, l’année 2018. Autant le dire, c’est le rendez-vous de l’année. Depuis la signature, le 31 décembre 2016, au Centre Interdiocésain, de l’Accord politique de la Saint Sylvestre par les politiques, sous la médiation de la CENCO, ce jour est l’objet de toutes les supputations. Depuis le crash, à tout dire, des discussions directes et l’application sclérosée du compromis sorti de ces assises, loin d’être cette date de l’espoir, de l’alternance, le 31 décembre 2017 est, pour plus d’un, perçu comme un jour fatidique, un doomsday comme le disent les anglophones. Le fétichisme des dates a, visiblement, la peau dure au Congo-Kinshasa. En effet, hier encore, c’était la date du 19 décembre qui fut le délie-langue attitré. Depuis la fin du deuxième et dernier mandat du Président Kabila sans qu’il y ait des élections, auxquelles il ne peut, selon la Constitution, prendre part, le Congo de Lumumba est plongé dans une crise électorale, politique puis économique dont l’ultime remède est l’organisation, enfin, de ces joutes électorales sans cesse reportées. Pourtant, à présent, l’Opposition radicale ainsi que plusieurs structures de la société civile n’ont plus le cœur aux élections projetées par la CENI de Nangaa sous l’accompagnement du pouvoir actuel. D’où, l’option tranchée de battre le macadam ce 31 décembre est-elle levée. Si cette dernière est communément admise, il reste qu’une sorte de divergence perdure quant à son leitmotiv. Le Comité Laïc de Coordination dont l’appel à la marche n’a de cesse de récolter des adhésions notamment, du Mlc de Bemba et de l’UNC de Kamerhe, a pour but de réclamer simplement l’application effective de l’Accord de la Saint Sylvestre afin qu’il y ait, au finish, alternance en République Démocratique du Congo. Mais, les partis politiques de l’Opposition et les mouvements citoyens  veulent, eux, activer l’article 64 alinéa 1 de la Constitution de la République pour faire partir le régime en place. A l’aube de ce 31 décembre, un flou de fond persiste sur les motivations mais, une convergence parallèle perdure : il y aura des congolais dans la rue. Cette donne qui n’a rien de troublant, normalement, dans une République Démocratique car la liberté d’expression par une telle manifestation est consacrée par la loi des lois, en RDC, pourtant, par les temps qui courent cela annonce un décor de confrontation. Car, depuis quelques lunes, les autorités compétentes ont, désormais, pris coutume à ne point autoriser marches et meeting pour cause de risque de trouble à l’ordre public. A l’aube de ce jour, les parties au conflit affichent une détermination farouche à ne plus rebrousser chemin. A tout dire, il appert que le vin est tiré de tout côté et, qu’ainsi, ce 31 décembre il faudra le boire. N’y a-t-il pas moyen de tabler, même en dernière minute, sur les divergences de manière pacifique ? Les congolais s’interrogent et croisent les doigts.

La Pros.