Verdict ?

Verdict ?

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Ce samedi 20 décembre 2018, les congolais vont fermer les yeux pour s’endormir sans savoir ce que le lendemain leur réservera. Il faut dire que cet exercice est de rigueur chaque jour pour tout vivant. Dormir, c’est mourir un peu, disent les poètes aux plumes les plus acérés comme des griots de rue aux talents pointus. Soit ! L’exercice de ce samedi sort, toutefois, de l’ordinaire dès lors qu’il faut noter que même ceux qui auront la grâce d’avoir le souffle de vie dans la matinée du dimanche 21 décembre 2018, avant de pouvoir vaquer à leurs occupations habituelles, auront une appréhension de survie sur fond d’une question : quelle est la situation ? Cette interrogation, en fait, plus d’un se la posera et, la réponse, ne se retrouvera qu’à une place : la rue. Oui, c’est là, cette nouvelle table à bras de fer, où  la tension se devra d’être prélevée. L’Hôtel de Ville de Kinshasa a,  d’ores et déjà,  donné son verdict,  quant à  la marche du CLC/Eglise Catholique et à celle dite verte projetée par le Rassop/Kasa-Vubu. A savoir que ces manifs ne sont pas autorisées. Toutefois, des signes avant-coureurs font état d’un jusqu’auboutisme dans  le chef des opposants radicaux, des laïcs catholiques, des prélats. D’où, compteront-ils, quel  que soit le défi, à   battre encore le macadam. La mobilisation promet d’être plus forte que la dernière marche d’autant  que la Conférence Episcopale Nationale du Congo, au nom de son unité, se cimente autour de l’Archidiocèse de Kinshasa et du Cardinal Monsengwo. C’est dire que cette fois, en effet, ce n’est point qu’à Kinshasa, la capitale, que les chrétiens vont battre le pavé. Mais, aussi, ailleurs, à travers les autres recoins de la République. Déjà, Marcel Utembi, Président de la CENCO, a saisi les Archevêques et Evêques. Jeudi, avant l’entame du week-end, le Comité Laïc de Coordination est revenu à la charge pour confirmer le maintien de ce rendez-vous. Or, si le tableau annonce une plus grande mobilisation, et désormais que ladite marche est interdite, tout indique que les dispositifs sécuritaires soient à la même hauteur. Avec un tel décor de contradiction, à la  moindre étincelle, c’est tout le Congo qui risque d’être emballé sous  la fièvre vertigineuse  de l’impasse à grande échelle. Quel triste décor pour un pays qui vient de rendre hommage à deux des ses figures emblématiques de sa conscience commune : son histoire ? Il s’agit,  sans conteste,  de Patrice Emery Lumumba et Mzee Laurent-Désiré Kabila. Visiblement, même en leurs noms, les discordes intestines  entre les politiques congolais ne sauraient les honorer. Entre-temps, le mois de janvier est en train de rendre l’âme sur base des fumées des retombées de cette journée. Et, ce sera, ainsi, un mois de consommé sans qu’un consensus électoral soit trouvé quant aux prochaines élections prévues  pour  23 décembre 2018. La Commission Electorale Nationale Indépendante poursuit sa logique de réalisation des prévisions du calendrier électoral avec notamment, l’arrivée et l’enclenchement  de la campagne de sensibilisation  à l’usage des  machines à voter. Mais, ici encore,  il s’agit d’un sujet sensible qui, si cela n’est pas fait avec soin, pourrait rallumer des ardeurs, à  fin janvier. Ce dimanche 21 janvier, les congolais feront un saut dans l’inconnu car ne sachant qu’est-ce qui les attendra. Mais, n’est-ce pas, à tout dire, le cas de toute cette année, désormais ? Ce, malgré la présence de l’almanach de la CENI ? Face à cette incertitude grandissante,  l’opinion se demande quel sera le verdict de la journée aux appréhensions douteuses ?

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