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Cécité ?

Cécité ?

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Si le pays continue à encaisser les secousses de la crise politico-électorale actuelle, un de ces quatre matins, d’aucuns craignent que la République ne bascule dans le chaos. La rhétorique médicale est aisément au rendez-vous pour expliquer cette vue. A force de souffrir sans soins thérapeutiques véritablement curatifs, tout malade cède à son mal pour passer l’arme à gauche. Le mal de la RDC, c’est la non-concrétisation du cycle de la démocratie qui se résume en une passation de pouvoir, selon la Constitution actuelle, au maximum tous les dix ans. D’autant que le mandat présidentiel n’est que de cinq ans et, enfin, renouvelable qu’une et une seule fois selon l’article 220, verrouillé, puisque sensible, de la loi des lois en vigueur. C’est justement ici, loin de toute théâtralisation de la scène politique, l’épine au pied du Grand Congo rêvé par des congolais comme les Lumumba, M’Zée, Cie et, par ailleurs, subodoré par des étrangers à l’instar de Franz Fanon. Après la fin  de son dernier mandat constitutionnel le 19 janvier 2016, le Président en place, à savoir : Joseph Kabila garde son impérium. Légitimité et légalité, évidemment, lui sont contestées. Il faut dire que la polémique depuis 2016 à ce jour fait rage pour interpréter qui la Constitution, qui brandir l’arrêt de la Cour Constitutionnel, qui d’autre s’appuyer sur l’Accord puis, enfin, pour soutenir son éviction ou justifier son maintient. Loin des débats télévisés, des attaques par voie des communiqués et vade mecum, présentement, deux ans d’impasses électorales bues, les choses prennent une autre tournure avec le langage de la rue. Un calendrier électoral existe avec un certain consensus, d’ailleurs. Mais, ce remède sorti du labo de la CENI cause encore des migraines. Les pires qu’ils soient, avec le concourir des discordes suscitées, en quelques mots précis, par la loi électorale et la non-application, selon le tandem Opposition-Société Civile ailes dures, des volets décrispation et mesures de confiance de l’Accord de la Saint Sylvestre. D’où, alors que les élections sont promises pour ce 23 décembre 2018, lesdites joutes n’arrivent-elles pas à avoir jusqu’à fin janvier le consensus de tous les électeurs et éligibles même les plus écartés. Loin de s’attendrir sous les effets de la dose thérapeutique concrétisée par l’exécution des étapes du calendrier électoral, l’impasse ne passe pas mais prend racine en se durcissant. Oui, c’est le cas. Dès lors qu’il faille noter le décor prochain des marches incessantes du CLC/Eglise Catholique avec l’appui des opposants et les interdictions musclées qui s’ensuivront comme réponses du pouvoir. Pourtant, une évidence apparait à tout esprit doté de raison. Ces manches endiablées dans la rue n’augurent rien de bon car de la stabilité au chaos, dans ce tableau, le pays marche sur le fil du rasoir. D’où, la question : les parties au conflit souffrent-elles d’une cécité politicienne ? Si oui, c’est l’heure pour les uns et les autres, peut-être les uns plus que les autres, de mettre un bémol à leurs ardeurs. Ce, avant qu’ils ne soient, devant l’histoire, les auteurs, co-auteurs ou complices de ce qui est redouté si aucun consensus ne se dégage avant décembre 2018. Pourquoi le malade Congo devrait-il mourir d’une crise amplement curable ?

La Pros.