Quatre grands monuments exposés à Kinshasa : Thomas Luhaka à la quête de la grandeur culturelle de la RDC !

Quatre grands  monuments exposés à Kinshasa : Thomas Luhaka à la quête de la grandeur culturelle de la RDC !

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*C’est un plongeon dans l’art qu’est celui que Thomas Luhaka Losendjola invite les congolais à réaliser au travers d’une exposition, depuis samedi à Kinshasa, de quatre monuments en bronze. Cadre choisi : le Boulevard Tshatshi, dans sa jointure avec la grande avenue qui ceinture le Pullman Hôtel, à la lisière de la Gombe. Devant un public select, constitué essentiellement des personnalités parmi les plus en vue  au niveau des institutions du pays, Thomas Luhaka, empruntant un langage ésotérique dont seuls, les initiés dans les arts, pouvaient à peine  saisir la portée réelle ou le bien-fondé de sa démarche, a bousculé les convictions.  A dire vrai, pour joindre l’utile à l’agréable, il est passé carrément aux actes. Quatre monuments inédits. Discours adapté. Puis, un témoin oculaire, en l’occurrence, André Lufwa, 95 ans. Bref, un décor bien planté pour émerveiller et administrer une véritable leçon pédagogique à tous ceux qui, des années durant, ne pensent qu’à eux-mêmes pour des choses matérielles, des intérêts immédiats et faciles. Ici, Thomas Luhaka restitue à la culture, toutes ses lettres de noblesse et prêche le monde autrement. Il se laisse guider par les arts, avec tout ce que cela comporte comme faisceaux de la revalorisation de la culture congolaise. Au fait, que s’est-il passé exactement ? Jusqu’où irait-il ?

Récit

Thomas Luhaka Losendjola, Ministre des Infrastructures,  Travaux Publics et Reconstruction  de la RD. Congo, a procédé,  depuis le samedi  10 février 2018, au lancement  à Kinshasa  de l’exposition de quatre grands monuments en bronze sur  le Boulevard Tshatshi, dans la commune de la Gombe. Sous son initiative, ces œuvres d’art  sont présentées par la Fondation Thomas LUHAKA et la Maison les «Ateliers de Kinshasa». En présence du tout premier sculpteur de l’Académie des Beaux arts, André Lufwa, âgé de 95 ans, Thomas Luhaka  a exprimé un flot d’immenses joies à l’endroit de tous ceux qui ont répondu  à cette invitation. En tout cas, ce dernier est un héros vivant dont les œuvres sont l’expression du talent congolais à l’état pur.  C’est ce qu’a laissé entendre Thomas Luhaka qui, dans son mot de circonstance, explique que  le  choix de ces monuments se justifie à travers la signification, les sens et le symbolisme qu’ils manifestent et que toute personne pourrait  interpréter. A travers cette exposition de quatre grands monuments intitulée : «A la quête de la grandeur…», sans doute, faisant allusion au géant Congo de Lumumba, Thomas Luhaka, a,  dans son interview accordée à la presse sur place, émis le  vœu  de voir le congolais grandir en adoptant un comportement à la dimension de la RD. Congo. ‘’Qu’ils sortent du tribalisme et de tous les autres vices qui freinent le développement du pays. Même si physiquement, ils ne peuvent pas devenir grands comme ces statuts, du moins, qu’ils prennent de la hauteur’’, a-t-il souhaité. Sur le plan intellectuel, spirituel et moral, afin de pouvoir construire un plus beau  pays au cœur de l’Afrique. Retrouvez,  ci-dessous, l’intégralité du  mot de  Thomas LUHUAKA LOSENDJOLA.  Présent à cette cérémonie, le Directeur de l’Académie de  Beaux Arts,  dans son mot de bienvenue, a salué, quant à lui,  cette belle initiative de Thomas Luhaka, un protecteur des arts, tel qu’il l’a reconnu dans son speech. Pour lui, cette exposition ne permet pas qu’aux congolais, plus singulièrement,  aux kinois, de voir, s’il faut  considérer  l’art comme ‘’notre miroir’’, mais permet également,   de  rendre un vibrant hommage  aux vaillants artistes.   Profitant de cette occasion lui offerte, le DG de l’Académie de  Beaux Arts, cette institution qui va bientôt totaliser cette année,  75 ans d’après ses dires, a conçu la culture comme un capital, selon   une approche  marxiste, a-t-il circonscrit. De ce fait, pour qu’elle soit valable, elle doit être fructifiée et remise en question de manière permanente. Ainsi, la culture doit-elle  être préservée, encouragée, consolidée  et,  même,  protégée, à l’en croire.

MOTS DE CIRCONSTANCE

Honorable Président de l’Assemblée Nationale;

Honorable Président du Sénat;

Excellences Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernements;

Honorables Députés et Sénateurs;

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, et Chefs des Missions diplomatiques;

Distingués invités, à vos titres et qualités;

Au moment où la Fondation Thomas LUHAKA et les «Ateliers de Kinshasa», présentent l’Exposition des Monuments en Bronze, laissez-nous vous exprimer ce flot d’immenses joies qui nous animent par votre présence spontanée, en réponse à notre invitation.

Accepter de vous soustraire de vos multiples obligations en cette fin de semaine pour assister à l’exposition d’œuvres d’art que nous organisons, est pour nous sans conteste, l’expression de l’intérêt que vous portez à l’art… Cela nous flatte, car l’Art, c’est la conscience manifestée de l’âme d’un Peuple!

Nous vous disons donc soyez les bienvenus et merci de votre présence qui honore la culture, l’Art et valorise le travail de l’Artiste congolais!

C’est ainsi que je saisis cette opportunité pour rendre un vibrant hommage à l’un des Pionniers de l’art congolais, auteur par ailleurs de deux Monuments que vous allez découvrir ici, j’ai cité Papa André LUFWA,  95 ans révolus,  qui nous a fait l’honneur d’être parmi nous en ce lieu! Il est le premier congolais sculpteur formé à l’époque coloniale et dont les œuvres font la fierté de notre art… c’est un héros vivant dont les œuvres sont l’expression du talent congolais à l’état pur! Chapeau bas et vive l’artiste!

Mesdames et Messieurs;

La Fondation Thomas LUHAKA et «Ateliers de Kinshasa» ont tenu à vous présenter ce jour, quatre Monuments d’œuvres d’arts congolais en bronze:

Il s’agit de:

  • «Le Danseur MUKONGO», d’André Lufwa, ci-présent, sculpté en 1950.
  • «Losendjola» de NGUDIMOSI, sculpté en 1956.
  • «Le Messager» de NGINAMAU, sculpté en 1963.
  • «L’Archer», d’André Lufwa, sculpté en 1968.

Le choix de ces monuments se justifie à travers la signification, les sens et le symbolisme qu’ils manifestent et que chacun de nous pourra interpréter!

En effet, si seule l’interprétation est censée conférer un sens à l’œuvre, peut-on dès lors poser la question  du sens même de l’interprétation?

La question est d’autant plus urgente que les œuvres d’art visuel prennent aujourd’hui une importance nouvelle, portées qu’elles sont par l’essor de l’image et déclin du texte.

L’interprétation apparaît comme une démarche tout autant éthique, politique qu’intellectuelle ou sensible: elle ne peut exister que s’il y a consensus pour l’écoute du discours d’autrui.

Cela signifie que doit être accepté l’idée d’une compréhension différente, à la sienne propre, mais aussi pluralité des points de vue.

La deuxième dimension problématique  est celle de l’œuvre, qui serait plus qu’une image, justement parce qu’elle est objet d’interprétation. Mais,  qu’est-ce qu’une œuvre? Une complexité singulière? La traduction matérielle de l’intention d’Artiste? Le témoignage d’une conception du monde propre à une période?

Enfin, la troisième difficulté est liée à la distance spécifique créée par l’œuvre d’art visuel: distance entre l’objet et le médium utilisé pour en rendre compte, mais aussi distance à l’œuvre qui, même connue, même vue mentalement, n’en est pas moins le plus souvent éloignée dans l’espace et dans le temps.

Gabriel-Albert Aurier donne une définition que nous aimons, du symbolisme dans son ouvrage «Mercure de France de 1891».

Nous citons, «l’œuvre d’art devra être :

  • premièrement idéiste, puisque son idéal unique sera l’expression de l’idée,
  • deuxièmement symbolique, puisqu’elle exprimera cette idée en forme,
  • troisièmement synthétique, puisqu’elle écrira ses formes, ses signes selon un mode de compréhension générale,
  • quatrièmement subjective, puisque l’objet n’y sera jamais considéré en tant qu’objet, mais en tant que signe perçu par le sujet,
  • cinquièmement l’œuvre d’art devra être décorative»

Aussi, Erneste Cassirer dans «Ecrits sur l’Art», affirme que la spécificité de l’art est qu’il «nous donne l’intuition des formes» et que sa fonction est de révéler les formes de la nature et de l’esprit.

Cela signifie que ce que nous intuitionnons par le moyen de l’art et des formes artistiques est une double réalité, la réalité de la nature et celle de la vie humaine.

Les grands peintres nous font voir les formes des choses extérieures; les grands dramaturges, les formes de notre vie intérieure.

L’exemple suivant permet de montrer ce que l’objectivation artistique a de singulier.

Je peux traverser un paysage et être sensible à ses charmes. Je peux jouir de la clémence  de l’air, de la fraîcheur des prairies, de la diversité et de la gaieté des coloris, du parfum des fleurs. Mais,  ma disposition d’esprit peut alors connaître un changement soudain.

Dès lors, je vois le paysage avec un regard d’artiste – je commence à en former un tableau. Je suis maintenant entré dans un nouvel univers – l’univers, non plus des choses vivantes, mais des «formes vivantes».

Je vis maintenant, non plus dans une réalité immédiate des choses, mais dans le rythme des formes spatiales, dans l’harmonie et le contraste des couleurs, dans l’équilibre de l’ombre et de la lumière. L’expérience esthétique consiste à s’absorber ainsi dans l’aspect dynamique de la forme.

Mesdames et Messieurs;

Distingués invités; à vos titres et qualités;

A travers cette exposition que nous avons qualifiée «A la quête de la grandeur…» on voudrait partager l’expérience  du monde extérieur et visible en recourant au langage de la raison. Est-il comblé pour autant? Nous pressentons qu’une barrière subsiste toujours entre d’une part,  le connu et le connaissable accessible par le mentale et fruit de l’expérience commune, et d’autre part,  l’inconnaissable perceptible à partir de la seule expérience personnelle.  Comme l’a dit si bien Eugène Delacroix : ‘’C’est toi qu’il faut regarder, non autour de toi’’.

Riche de son expérience intérieure, l’Artiste donne un nouveau sens aux formes, aux couleurs, aux mots, aux images du monde environnant qui nous transportent, pour ne pas dire téléportent, dans un autre monde.

L’Artiste nous invite,  en effet,  à un voyage du monde extérieur vers le monde intérieur, du monde physique et sensoriel vers le monde psychique et spirituel…Il nous conduit de la représentation du monde vers sa révélation. Il ne nous fait plus seulement voir, mais aussi vibrer aux mystères d’un monde baigné de silence (étymologie de mystère). Il nous fait entrer en résonance avec cet au-delà, ce monde lointain qui, pourtant, gît au fond de chacun de nous.

Par son don et son expérience intérieure, l’artiste nous fait découvrir ses états d’âme et son âme, parfois.

Eugène Delacroix, n’a-t-il pas renchéri  encore en disant? ‘’La peinture est un pont jeté entre les âmes’’.

A des  rares moments privilégiés, l’Artiste va encore plus loin. Il nous fait sentir, au-delà de notre nature humaine, l’Esprit supra-humain, l’essence même des choses. L’œuvre n’est plus alors à regarder ou à écouter, elle est,  elle-même,  regard et écoute. Elle nous montre soudain qui nous sommes, ce que nous avons toujours été et ce que nous sommes appelés à redevenir.  En cet instant magique, l’art devient sacré.

Voilà pourquoi,  Mesdames et Messieurs, nous vous invitons à présent  à découvrir et à interpréter avec nous ces quatre Monuments  d’œuvres d’art  qui font la fierté du génie et du talent congolais…

Venez donc découvrir «LA QUETE DE LA GRANDEUR…» !

Je vous remercie.

Honorable Thomas LUHUAKA LOSENDJOLA

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  • Editeur - Directeur Général :

    Marcel Ngoyi



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