15 ans après le drame de Cotonou. Koffi Olomidé: «je ne reviens pas au Bénin si les familles endeuillées ne m’accordent pas leur pardon»

15 ans après le drame de Cotonou. Koffi Olomidé: «je ne reviens pas au Bénin si les familles endeuillées ne m’accordent pas leur pardon»

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Mai 2003, 17 personnes avaient trouvé la mort, au Stade de l’Amitié Mathieu Kerekou à Cotonou, au Benin, lors d’une bousculade avant le concert du chanteur congolais, Koffi Olomidé Quadrakoraman. Le spectacle a tourné à une tragédie pendant que la star était encore dans sa chambre d’Hôtel Sheraton. 15 ans après, le choc persiste dans l’esprit de l’artiste qui réitère son envie de revenir au Bénin, pour s’agenouiller sur les tombes des disparus et redemander pardon à leurs familles. Peu importe le montant  qu’on lui propose, déclare-t-il dans une vidéo adressée au journal La Prospérité, le Grand Mopao conditionne son retour sur la scène béninoise par la clémence des familles endeuillées afin que lui soit accordée la faveur de fleurir les tombes des filles,  garçons, parents qui ont perdu la vie parce qu’ils aimaient sa musique. 

«Bonjour mes frères, bonjour mes sœurs, il est un mot, il est un nom de pays chaque fois on le prononce, j’ai le cœur serré, j’ai mon sang qui se glace. Ce nom c’est Bénin, ce pays c’est le Bénin. Le Bénin aujourd’hui c’est ma conscience. Ça fait 17 ans que je me promène, que je vais et je viens avec mon deuil. J’ai perdu 17 koffiphiles, 17 amis qui sont venus au Stade de Cotonou parce qu’ils aimaient Koffi Olomidé. Je n’oublierai jamais. Je suis parti de l’hôtel Sheraton (Ndlr : Bénin Marina Hôtel) à l’époque avec des larmes aux yeux. On me demande chaque jour un peu plus de revenir au Bénin. Ma réponse est «si vous ne me donnez pas l’occasion d’aller m’agenouiller devant les familles, devant les tombes et demander pardon aux familles endeuillées, je ne reviens pas au Bénin». Vous qui m’écoutez, posez la question aux familles qui ont perdu un des leurs membres ce jour-là au stade de Cotonou, s’ils sont prêts à m’accorder leur pardon. Moi, j’étais encore à l’hôtel, je n’étais pas encore au stade quand on est venu m’annoncer qu’il y a 17 personnes qui ont perdu leur vie dans ce stade avec l’organisation de l’organisateur que nous savons tous. Qu’à cela ne tienne, j’ai ma part de responsabilité parce que c’est moi qui devrais chanter ce soir-là. J’ai déjà demandé pardon aux familles. J’ai déjà dit mes condoléances, mais cela ne me fait aucune peine, ne me pose aucun problème de redemander pardon à chaque famille, de dire mes sincères condoléances à chaque famille qui a perdu une fille, un garçon, un parent. Si ce pardon m’est accordé, je reviendrai au Bénin. C’est peut-être le pays qui est le plus important dans ma carrière.  J’aime le Bénin. Donnez-moi l’occasion de revenir au Bénin fleurir les tombes, saluer les familles. Merci de m’avoir compris», a déclaré le chanteur Koffi Olomidé.

Fleurir les 17 tombes des victimes 

Koffi Olomidé est reste mélancolique depuis ce triste événement, en même temps qu’il veut, enfin, se débarrasser d’un devoir spirituel.

Entre hantise et remords, il dit être perturbé depuis 2003 par cette tragédie née de la mauvaise organisation.

Le drame, rappelle-t-on, s’est produit, le samedi 3 mai 2003 lorsque 17 Béninois ont succombés à leur blessure en cette soirée au stade de l’amitié, pour certains, après avoir été transporté à l’hôpital. Et, pour d’autres, c’était sur le coup. Or, selon les premiers éléments de l’enquête, la Société de gestion du stade de l’Amitié (Sogesa) aurait organisé le concert de Koffi Olomidé en dépit de l’interdiction décrétée, il y a plusieurs mois, d’utiliser l’enceinte.

Né en 1956, la star congolaise de la rumba va célébrer ses 62 ans d’âge, cette année. Etant une icône de la musique africaine, Olomidé a compris aussi bien que l’âge avance, il est important de réparer certaines choses dans  sa carrière.

Accusé à tort ou à raison d’être à la base des polémiques et des conflits dans la musique congolaise, l’artiste s’est récemment soumis à un exercice inhabituel, en enregistrant rien que des reproches et critiques des siens. C’était lors d’une réunion à Kinshasa au cours de laquelle les amis,  proches ainsi que la grande famille du club « Tcha-tcho » avaient conscientisé Grand Mopao notamment, sur l’attitude qu’il devait adopter dans la société étant une légende vivante. L’effet de se rappeler de la tragédie de Cotonou pousse certains observateurs à penser que le patron de Quartier Latin commence à mettre en pratique quelques conseils qui lui ont été prodigués par son staff. Mais, ce n’est pas tout. Car, entre la théorie et la pratique, il y a toujours un fossé.

Jordache Diala

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