Musique : A 74 ans, Sam Mangwana dénonce le dérapage dans la rumba !

Musique : A 74 ans, Sam Mangwana dénonce le dérapage dans la rumba !

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Né le 26 février 1944, MANGWANA AKA Samuel Moreno est un musicien plutôt d’origine angolaise. Congolais aussi pourquoi pas, car sa discographie est plus congolaise qu’angolaise. La RDC est le pays qui l’a adopté et il a évolué et vécu aux côtés des grands de la musique congolaise des années 60 : Tabu Ley, Franco Luambo et Grand Kalé. Sam Mangwana possède une voix qui peut interpréter l’afro-latino, du mandingue ou de la rumba. Depuis Guadeloupe où cet artiste international légendaire se trouve en tournée, il fête ses 74 ans dans une ambiance feutrée à cause du dérapage constaté actuellement dans la rumba sur le plan thématique. Et pourtant, ça reste un style respectable, qui a fait la grandeur du Congo. C’était au cours d’un entretien en ligne avec le quotidien La Prospérité.

Vrai ou faux Sam Mangwana aimerait-il être appelé Angolais que Congolais ? 

Sam Mangwana : Nous devons plus être concentré pour comprendre ce que veut l’Afrique pour son développement.  Vous devez savoir que nous sommes le produit de parents qui avaient fuis la souffrance des colons portugais vers la RDC afin de s’organiser pour libérer les peuples angolais. Et, lorsque le temps est arrivé, nous nous sommes décidés de rentrer en Angola. D’ailleurs, nous sommes grandis avec cet esprit panafricaniste. Je me considère toujours comme citoyen africain. Raison pour laquelle, je me suis donné le goût de voyager à travers tout le continent et être à l’aise partout où je me retrouve en Afrique.  

Comment jugez-vous la rumba que font les jeunes d’aujourd’hui par rapport à votre époque ?

SM : Oui ! Je suis fier. C’est votre rumba, destinée à vous les jeunes d’aujourd’hui. Il faut la considérer telle qu’elle est présentée. C’est l’évolution de la chose. Je ne peux pas dire que la rumba d’aujourd’hui manque telle chose ou ça…Je ne la condamne pas pour éviter d’entrer en choc avec les tendances. Pour moi, je la respecte. C’est la musique la plus convoitée par la majorité. Il faut toujours avoir la culture d’appui. La rumba est notre base. Ce qui est important, c’est de garder la base musicale. Il y a certains jeunes qui se réclament de l’école de Franco, Kallé Jeff, Rochereau parce qu’ils les considèrent comme leur référence.

Que dire lorsque cette rumba est polluée des insanités ?

SM : Dommage ! C’est cette musique qui est à la mode aujourd’hui. Je ne l’encourage pas. Le drame est qu’on a libéralisé le sexe. Malheureusement, cette liberté nous amène au libertinage. Là, c’est par rapport à la thématique. Si, hier, l’homosexualité était choquante. Mais, ce n’est pas le cas à nos jours dans la société africaine. C’est devenu normal ! Donc, je ne critique pas votre rumba d’aujourd’hui mais je demanderai au public de faire toujours un bon choix. Car, ça dépend de chacun. Méfiez-vous des tendances. Car, elles sont passagères ! Rochereau qui est mon mentor, me disait à chaque fois que si j’ai besoin que mon œuvre dure longtemps, je dois chercher la qualité dans la composition et l’arrangement musical. A notre temps, on ne faisait pas des disques avec comme objectif premier de vendre, mais on pensait d’abord aux messagesparoles qu’on voulait mettre à la disposition du public. Est-ce qu’il sera accepté ? Après, on réfléchissait sur le type d’arrangement musical qui devait accompagner avec les pensées ou sentiments de l’auteur de la chanson.

Avez-vous toujours cette force d’enregistrer un nouveau disque ?

SM : Ah oui ! Depuis l’année dernière, nous avons eu à concocter un projet d’un nouvel opus dont la sortie était prévue en 2016. Malheureusement, il vient finalement d’être lancé cette année. Nous avons fait sa promotion à Luanda. Elle va s’étendre à Kinshasa et sur l’ensemble de l’Afrique. L’album contient plusieurs styles de musiques que j’ai pu travailler et apprendre  durant ma carrière musicale. Il s’intitule «LUBAMBA» qui veut dire ‘‘Kekele’’ dans ma tradition. Dans ma langue, c’est-à-dire, chez nous les Bakongo, ça signifie une sorte de fil d’une plante à l’aide duquel on fabrique des maisons, assiettes et tant d’autres objets au village. C’est vraiment un bel album.

Combien d’albums avez-vous déjà réalisé depuis votre carrière musicale ?

SM : A ma connaissance, 23 albums et quelques singles dont certains j’ignore même. Sans compter les pirates à travers le monde.

D’où proviennent vos inspirations ?

SM : Je m’inspire de la société. Je puise dans les réalités de la communauté dans laquelle je me retrouve. Quand je me retrouve en Côte d’Ivoire, en Tanzanie, au Mali, Gambie, je chante comme eux. C’est pour moi une façon de découvrir la culture des autres et faire voir aussi qu’il y a un artiste venu de l’Afrique centrale qui s’intéresse aussi à eux. En Afrique, les musiciens sont toujours en avance que les politiciens. Ce n’est pas aujourd’hui qu’on a chanté le panafricanisme. Ce qu’il faut, nos autorités doivent se liguer pour que nos cultures se rencontrent.

Propos recueillis par Jordache Diala

 

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