Guéguerre à trois?

Guéguerre à trois?

This post has already been read 5899 times!

Si dans le monde de la chrétienté, le chiffre trois renvoie à la Sainte Trinité, dans la conscience collective ou du moins pour les férus de l’histoire et des dictons, ‘’trois’’ ravive les souvenirs d’école sur la légendaire guerre de ‘’Troie’’ contée par l’historien Homère, dans la Grèce antique. Si, sans conteste, l’audition de ce mot évoque la mémoire de la bataille épique entre Achille le myrmidon et le prince troyen Hector, il renvoie plus encore à la célèbre ruse dite ‘’Cheval de Troie’’.

Au Congo-Kinshasa, justement, à l’aube des élections de décembre 2018, la peur, la vérification ou la qualification d’alliés d’hier de cheval de Troie donc des taupes, d’infiltrés, fait rage.  Rien d’anormal, plus d’un politique passerait maître dans l’art de faire le ‘’caméléon’’, faire preuve de transhumance selon ses intérêts, sur la scène politique. En plus, les enjeux ouvrent déjà les appétits et sèment, sans conteste, comme des beaux diables, divergences et doutes.

Par ailleurs, la Présidence de la République reste de loin le génère-désaccord par excellence. A la MP, c’est la problématique du dauphin qui créerait des remous en silence. A l’Opposition, divorces et unions se confondent presqu’en des mêmes phrases, quitte à ne pourvoir révéler leurs vraies natures qu’à quelques minutes avant ou après les urnes. Les violons pas bien accordés ou en cérémonie d’accordement réservent bien de surprises autant si pas plus qu’ils soulèvent des questions. Oui. Il y a lieu de s’interroger. Avec la création de la plateforme ‘’Ensemble’’ à Jobourg, le Rassop/Limete ne va-t-il pas voler en éclat si pas de forme mais de fond ? Si la tête du dauphin ne fait pas consensus de cœur mais d’autorité, celle du raïs en l’occurrence, la MP ira-t-elle vraiment aux élections en un front ou bien certains s’avéreront des chevaux de Troie? Les interrogations demeurent. Toutefois, elles ne sont pas les seules à préoccuper, mieux à crisper l’horizon décembre 2018. Car, si par prévention et au vu de quelques 9 mois qui restent, même les plus  sceptiques des opposants paraissent conquis par les sirènes de la préparation électorale, cela ne revient, nullement, à dire que la question de la participation soit réglée puisqu’il y a encore bien de cadavres dans les placards.

Tenez! A présent, trois pôles se créent. Il y a, d’abord, les tenants de la thèse de la logique d’allons aux urnes sans tergiverser. Ici, aisément, la Majorité Présidentielle peut être rangée. En second lieu, il y a des opposants modérés, à l’instar de l’UNC de Kamerhe, le MLC de Bemba et autres, qui sont d’attaque pour les élections mais ont des préalables notamment, sur la machine à voter. Il ne reste plus que deux factions importantes du Rassop/Limete.  A savoir, les Tshisekedistes et les Katumbistes. Le dernier groupe avec ce qui se passe à Jobourg, au pays de Mandela, se met en mode ‘‘gagner les élections’’. A Kinshasa, l’Udps, où la candidature de Félix Tshisekedi est plébiscitée pour la course à la présidence, le ton électoral se donne encore en sourdine. Mais, toute considération faite, ces deux pivots politiques ont des exigences claires et presque coupe-gorges, du moins pour le Pouvoir. Quand les G7, AR … demandent le retour et la participation aux élections de Katumbi, Limete brandit la Transition Sans Kabila et bien d’autres exigences. Nangaa qui avait reçu leur série de 45 questions n’a pas encore répondu. Kalamba n’est pas encore remplacé à la CENI. Donc, le décor permet de prévoir que les Katumbistes et Tshisekedistes seraient près à zapper puis contester les élections en perspectives, si leurs exigences ne sont pas exaucées alors que le suspense boycotiste n’est qu’à mi-voix pour les opposants modérés avec la controverse de la machine à voter et n’existe pas du tout pour les tenants de la voie des élections sans fioriture.

Les camps politiques redoutent des chevaux de Troie, à la veille des élections à venir, mais les disputes électorales ne configurent-elles pas une guéguerre à trois logiques? C’est certain. Quoiqu’il en soit, Il faut que les trois ne fassent plus qu’une. L’espoir est que le miracle de la trinité politique se fasse avant le point de non retour fixé en juin et juillet, avec la convocation du corps électoral. En sera-t-il le cas ?

Danny Ngubaa

Contactez-nous !

  • Editeur - Directeur Général :

    Marcel Ngoyi



  • Phone: +243818135157
  • Mobile: +243999915179
lgo-data-consult Site web réalisé par dataconsult-rdc.com