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Controverse autour de la machine à voter : l’Ambassade de Corée du sud réservée, la CENI s’y accroche !

Controverse autour de la machine à voter : l’Ambassade de Corée du sud réservée, la CENI s’y accroche !

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Pendant que  la tempête sur la  machine à ‘’voter’’ semblait se calmer sur la scène politique congolaise, voici que le Gouvernement de Séoul, par l’entremise de son Ambassade à Kinshasa, surgit en posture agressive pour  déconseiller la CENI à utiliser ces appareils, alors qu’ils ont été fabriqués par Miru System, une société Sud coréenne, sur commande de la Centrale électorale. En réaction, le porte-parole de la CENI, Jean-Pierre Kalamba, estime que la CENI n’est pas encore saisie  formellement par le Gouvernement Sud Coréen  et  ajoute que la Centrale électorale n’avait jamais signé un contrat avec  le Gouvernement de Séoul. Déjà sur le plan national, la machine à voter dont l’initiative est exclusivement de la Commission Electorale Nationale Indépendante s’est vue au cœur d’un débat houleux dans le camp de l’Opposition, où l’on a qualifié ces appareils de tout les maux, entre autres, la machine à ‘’tricher’’ et à ’’ voler’,  malgré les explications fournies du président de la Centrale électorale, Corneille Nangaa Yobeluo. Actuellement, le débat quitte le territoire national pour se muter sur l’échiquier mondial, où les  internationaux.

Dans un article publié par Jeune Afrique, le  Gouvernement de la Corée du Sud estime qu’exporter ces machines au Congo  pourrait  donner au Gouvernement congolais  un prétexte pour des résultats indésirables liés aux élections notamment, un retard additionnel à leur tenue. A en croire Me William Wenga Bumba,  Directeur en Charge des plaidoyers, monitorings et enquêtes de l’ONG Renadhoc, également saisi du dossier, ces machines à voter n’ont été utilisées nulle part au monde et les démonstrations effectuées en RDC sont loin de donner satisfaction. Ce dernier ajoute que les électeurs congolais craignent que ces machines soient utilisées pour organiser une fraude massive, plus discrète  que celle qui avait poussé les observateurs à considérer les élections présidentielle et législatives de novembre 2011 comme non crédibles. «Le Renadhoc reste saisi de cette question et alerte, en tant qu’organisation de la société civile congolaise ayant une personnalité juridique, le gouvernement congolais pour son opérationnalisation sur l’ensemble du territoire national afin d’obtenir des élections correctes, justes et transparentes», a ajouté Me William Wenga Bumba.

Les réserves de Séoul vis-à-vis de cette machine, devrait en réalité interpeller le gouvernement congolais, d’autant plus que les fabricants eux-mêmes ont fourni des exemples concrets à la Commission Electorale Nationale Indépendante sur les conséquences qui peuvent surgir pendant ou après le vote.

Plus loin, certains analystes politiques de la RDC   s’interrogent sur le pourquoi, en amont, le marché de ces machines était conclu entre la CENI et une Compagnie Sud coréenne, alors que cela  devait être une affaire de deux Etats, c’est-à-dire, que le marché entre le Gouvernement de la RDC  et celui de la Corée du Sud. Certes, la  machine à voter n’est pas fiable  et crédibles  pour la présidentielle en RDC, surtout que l’initiative  de la CENI vient au moment où le pays est en quête d’une alternance pacifique.  La plus grande crainte en perspective  est celle  de voir la Centrale électorale reporter des élections prévues cette année, au cas où la pression internationale s’accentuait, alors que la CENI  colmate  déjà les brèches  pour obtenir effectivement les scrutins le 23 décembre 2018.

Lors de la signature du code de bonne conduite entre la CENI, les partis  et regroupements politiques,  Corneille Nangaa  avait laissé entendre  que «  vous allez voter avec la machine à imprimer » ‘’sans  la machine  à voter, pas d’élections  cette année’’,  ces conditions risquent  d’avoir leur sens d’existence au regard de dévouement de la Corée du Sud.

Christian Bokaya