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Epais brouillard !

Epais brouillard !

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Le plus communément, les dictionnaires de la langue de Molière définissent le brouillard comme étant un phénomène météorologique qui empêche de voir de manière claire et nette l’horizon par une sorte de vapeur, de brume. Au Congo, même si de par le monde il est connu que l’avenir est un mystère, l’horizon décembre reste une énigme digne de rivaliser avec le mystère du sexe des anges. Sont-ils des hommes, des femmes…? En République Démocratique du Congo, tout autant, les questionnements pleuvent autour d’autres préoccupations qui se terminent, au finish, par l’interrogation de savoir si oui ou non, deux ans après, il y aura élections le 23 décembre prochain au pays. A dire vrai, à cause des brouillards en vue, il est prématuré, à l’aube de la convocation du corps électoral, d’affirmer ou d’infirmer que les élections auront lieu ou pas selon le chronogramme de la CENI.

Pour briser cette incertitude, pour tous les observateurs patentés de la scène politique Rd Congolaise, un consensus électoral s’impose. Hélas ! Jusque-là, au devant du train électoral, plusieurs obstacles se dressent encore faute de consensus. La machine à voter pose toujours problème. Alors que les modérés parlent d’une certification avant usage, des irréductibles à l’Opposition ainsi qu’à la Société Civile campent la position du rejet catégorique pendant que la CENI a d’ores et déjà tranché au nom de son indépendance : ‘’ce le moyen technique pour voter, qu’il pleuve ou qu’il grêle car, il est impossible qu’il neige à l’Equateur, la machine à voter sera utilisé pour les élections de décembre’’. Entre-temps, en plus de la loi sur la répartition des sièges adoptée au Parlement et promulguée avant les dessous de la certification par l’OIF, il y a présentement l’abandon de l’enrôlement des congolais de l’étranger qui crispe ainsi que, c’est une évidence d’ailleurs, la liste de partis et regroupements déposée jadis par Mova à la CENI.

La République héritée des Lumumba, Kimbangu, Etsou et autres n’est pas encore sortis des rififis très Zaïre des  années 90. Désormais, les délie-langues vraies pommes de discorde alimentent les vapeurs de la contestation et des contradictions qui, amassées, viennent obscurcir l’horizon de décembre 2018. Toujours et encore, à une quarantaine de jours de la convocation du corps électoral ainsi qu’à 7 mois des élections de décembre 2018, l’opinion se demande : y aura-t-il vraiment élections ? Si joutes électorales il y a, ces dernières sortiront-elles le pays de l’impasse politico-juridico-électorale actuelle ?

Le Conseil National de Suivi de l’Accord de la Saint Sylvestre semble avoir pris le bâton de pèlerin pour rechercher la décrispation, véritable gage pour baliser la voie au processus électoral jusqu’à son terme. Seulement, ce CNSA chapeauté non plus par le Sphinx de Limete, dont les obsèques n’ont de cesse de connaitre des revers, mais par un Olenghankoy a-t-il les moyens et le poids pour réussir à exécuter sa mission historique ? Répondre qui pourra. Présentement, face à l’épais brouillard en vue, chaque politique, selon le jeu, enjeux et même intérêt, bat ses cartes pour un à venir qui lui soit heureux (idéologiquement ou ‘‘nombrilement’’). Quand certains vont à Kingakati, d’autres courent les capitales africaines, européennes et même les médias occidentaux. Seulement, ces va-et-vient et leurs orientations n’ont pas encore réussit d’éclipser le brouillard. Ces derniers seront-ils des vitamines pour l’impasse ou pour la recette solution à la crise congolaise ? Que celui qui peut répondre le fasse.

La Pros.