Incertitudes sur une tenue des élections. RDC : Jean-Claude Katende rappelle l’urgence d’une transition sans Kabila

Incertitudes sur une tenue des élections. RDC : Jean-Claude Katende rappelle l’urgence d’une transition sans Kabila

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Le passage d’Adolphe Muzito, ancien Premier ministre du pays et cadre du Parti Lumumbiste Unifié, Palu, à la Radio France Internationale, RFI, a vraisemblablement créé une floraison des déclarations au sein de l’agora politique congolaise. Du nombre des réactions, l’on compte celle de Jean-Claude Katende, président de l’Association Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme, ASADHO. Pour lui, Adolphe Muzito a réagi dans la même optique que sa structure. Car, soutient-il, il est clair que le Président Kabila ne veut pas quitter le pouvoir. Dans la foulée, il insiste sur l’option d’une transition sana Kabila afin de permettre la RD. Congo d’organiser de bonnes élections. Jean-Claude Katende appelle, par ricochet, le peuple congolais à user de tous les moyens démocratiques nécessaires en vue d’obtenir cette transition sans Kabila. Lisez, ci-dessous, l’intégralité de l’interview du président de l’Asadho réalisée, le mercredi 16 mai, avec le votre journal.

La Prospérité : Adolphe Muzito a déclaré aux ondes de la RFI que le Président de la République, Joseph Kabila, ne veut pas quitter le pouvoir et qu’il n’y aura pas des élections en 2018. Comment réagissez-vous à cette déclaration ?

Jean-Claude Katende : Je pense qu’Adolphe Muzito a parfaitement raison. En ce qui concerne le Président Kabila, il l’a abordé dans le même sens que nous. Nous avons toujours dit que tous les faits analysés objectivement montrent que « le président Kabila ne veut pas quitter le pouvoir », d’une part. et d’autre part, en ce concerne les élections, Comme le Président Kabila ne veut pas quitter le pouvoir, la logique est que, soit, il fera tout pour manipuler la loi afin de devenir candidat aux mêmes élections ; ou soit, il n’organisera pas les élections.

De toutes les façons, tout compte pris, les élections, si elles ont lieu, ce ne seront pas des élections telles que les citoyens les attendent ou telles que nous les attendons. C’est-à-dire, les élections crédibles, transparentes, libres et indépendantes. Le contexte ne s’y prête nullement pas.

LP : Alors, que faire pour que le pays ait ces bonnes élections qui permettront à juguler la crise ?

JCK : Il faut vous dire que le président Kabila est le problème. Donc Si on veut organiser les élections conformes à la démocratie, nous avons toujours prôné « la Transition Sans Kabila ». Et, au jour le jour, les faits tels qu’ils sont en train de se dérouler nous donne effectivement raison.

LP : Mais, les opposants, quant à eux, soutiennent une tenue des élections à la date du 23 décembre 2018 ?

JCK : Les opposants soutiennent les élections à condition que certains préalables soient respectés notamment le réaménagement de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, la mise de côté de la machine à voter, la transparence du processus électoral, etc. C’est donc un soutien soumis à des conditions. Ce qui veut dire, en d’autres termes, comme nous l’avions entendu de la part de Monsieur Nangaa [président de la Céni, ndlr], que s’il n’y a pas la machines à voter, il n’y aura pas élections. La conclusion est que les opposants ne soutiennent pas le processus électoral.

LP : Dans ce sens, vous sous-entendez qu’il faudra continuer à manifester pour obtenir le départ de l’actuel président ?

JCK : De Toutes les façons, il faut comprendre que l’avenir du Congo appartient au peuple congolais. C’est au peuple congolais de se déterminer pour continuer à faire pression, par les marches ou par d’autres moyens démocratiques, pour que le processus soit, soit ouvert, soit que le président Kabila puisse être écarté afin qu’on mette en place un processus qui puisse être égal pour tout le monde.

LP : Concrètement, de votre côté, quelle démarche souhaiteriez-vous pour obtenir cette transition sans Kabila ?

JCK : Aujourd’hui, notre démarche, c’est de faire comprendre à tous le monde, au niveau national comme au niveau international, qu’avec le Président Kabila, on n’obtiendra pas des élections qui résolvent la crise de légitimité que nous avons. Les élections telles qu’elles sont préparées vont déboucher sur une contestation des résultats qui risque de nous entraîner encore dans les conflits sociopolitiques. Donc, nous faisons passer notre message pour que les partenaires, au niveau national comme international, soutiennent la démarche de la Transition sans Kabila. C’est-à-dire, on peut, par des pressions nationales et internationales,  pousser le président Kabila à quitter  le pouvoir. Donc, il y a autant des moyens qu’on peut mettre en œuvre pour obtenir cette Transition sans Kabila.

Propos recueillis par Corneille Lubaki

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