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Série de décalées !

Série de décalées !

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Il ne s’agit pas ici du coupé-décalé. Cette discipline musicale pure-Afrique qui fait déhancher la partie occidentale du continent noir et ailleurs dans le monde, la RDC comprise. Le décalé dont il est question dans cet édito n’est rien d’autre que le mot qui ressort aujourd’hui de l’analyse des postures et du déroulement des rendez-vous politiques au pays.

Les élections, depuis 2016, ont été bien décalées pour diverses raisons. Jusqu’à ce jour, bien d’analystes s’interrogent toujours sur le bienfondé de cet ajournement. Contrairement à la scène à laquelle renvoie ce mot en musique, dans une chanson du type coupé décalé en l’occurrence, c’est des scènes à la limite de l’apocalypse, teintées de coup de colère par-ci par-là qui ont été enregistrées au Congo-Kinshasa.  Sniff. Hier, mercredi 23 mai 2018, il peut être dit que le climat était tout autre. L’élan impulsé depuis le dialogue présidé par les Evêques de la CENCO et coulé dans l’Accord de la Saint Sylvestre, quoique boitillant,  continue de mener la danse, surtout que le rythme que donne le processus électoral a le chic, jusque-là, de ne point rompre avec ses promesses. Il s’agit bien de l’accomplissement de chaque étape majeure indiquée dans le calendrier électoral pour aboutir, au finish, à ces élections tant espérées le 23 décembre prochain.

Seulement, les cœurs ne sont pas partout au frais en attendant des élections rose-bonbon à cette date. La raison est plus qu’évidente. Les violons ne s’accordent aucunement à l’aube de la convocation du corps électoral, passage obligé pour ces joutes. La décrispation du climat politique revient sans arrêt comme revendication principale. Dans le tableau, la réaction du CLC est attendue d’ici fin mai avant l’appel au dépôt des candidatures le 23 juin pour la députation provinciale. Le Pouvoir, par ailleurs, avant la sortie de silence du CLC, la venue même de la délégation ONU-UA puis la première convocation du corps électoral, signe deux actes d’apaisement. A savoir : l’autorisation du meeting de l’Udps, puis celui de la plateforme ’’Ensemble’’ bien que ce rendez-vous ait été décalé en termes de date.

Faut-il dire, désormais, que le chapelet de revendications a été épié, graine par graine ?

Non. Il ne faut pas être un grand éditorialiste pour saisir la réponse. Eh oui. Moult aspects du processus électoral en cours achoppent tant sur le dossier décrispation (avec la libération des prisonniers et le retour des exilés dits politiques que sur la machine à voter (récusée même avec certification par certains opposants) et sur le fichier électoral.

Ainsi, à une vingtaine de jours de la convocation du corps électoral, depuis Washington, Paris, Bruxelles comme Kinshasa, des opposants radicaux et des activistes des mouvements citoyens appellent à l’institution d’une Transition Sans Kabila pour des vraies élections, sous menace de ne pas monter, au cas contraire, dans le train électoral à la date prévue du 23 décembre 2018. Ils se décalent de l’esprit des élections impulsées par la CENI de Nangaa. Ce, pendant qu’un plus grand mouvement de ‘‘décalement’’ se fait à l’aile dure de l’Opposition radicale contre cette posture, par la décision prise à contrario par le duo MLC-UNC.

En effet, les Bembistes et Kamerhistes, contrairement aux Katumbistes et Tshisekedistes, ont annoncé que le 22 juin à 23 heures 59’, leurs dossiers seront prêts pour déposer à la CENI, dès l’ouverture des bureaux de dépôt. Car, selon eux, il ne faut pas faire le lit du glissement éternel du Pouvoir. Et, la position de la CENCO et Cie est claire : le 23 décembre 2018, il ne faudrait pas que les élections soient de nouveau décalées, quelle que soit la raison. Si cela se fait, personne ne va danser mais, des coups de colère vont retentir. Drôle de série de ‘’décalées’’, tout de même, au pays de Lumumba.

La Pros.