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Habemus vade-mecum !

Habemus vade-mecum !

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Il y a un nouveau venu sur la scène politique congolaise. Mieux que le tout dernier Fally, Ferré, Koffi et Cie sur la scène musicale, les vadémécums des évêques catholiques savent cartonner quitte à dicter bien souvent les grandes tendances politiques du moment. Ici, ce n’est point des danses dans des lieux attitrés qui sont appelées mais des ajustements de postures qui sont demandés.

Inspirés par l’Esprit Saint ou guidés par le doigté des bonnes études, les princes de l’Eglise Catholique, avant le cap décisif de la convocation du corps électoral du 23 juin au 23 juillet de l’année en cours, donnent le ton pour que le train du processus électoral actuel ne soit pas déraillé par des mauvaises manœuvres de qui que ce soit. Cela, de la part soit de la CENI de Nangaa, du Pouvoir via le Gouvernement et ou le Parlement et même, en définitive, des opposants trop radicaux pour mettre de l’eau dans leur vin, en continuant d’exiger une Transition Sans Kabila alors que le processus électoral fait un sans faute jusqu’ici et que les joutes du 23 sont attendues.

C’est fait. Dans les QG des partis politiques, les antichambres, et autres lieux où les péripéties de la vie politique congolaise sont analysées, l’on s’écrie, présentement, comme à la place Saint Pierre après l’élection d’un nouveau Pape ‘’Habemus (nous avons ndlr) ‘’. Non, la suite n’est pas ‘’papam ‘’ comme d’usage mais, plutôt, vade-mecum.

Oui, c’est là l’effet de la déclaration de la CENCO faite jeudi. Elle résonne comme une feuille de route devant baliser, si ses recommandations sont respectées, la voie à la tenue effective de ces élections attendues depuis 2016 et qui sont désormais fixées pour ce 23 décembre.

De la certification de la machine à voter à la problématique d’un troisième mandat du Président Kabila en passant par le financement des élections et l’enrôlement des congolais de la diaspora, les Evêques catholiques passent tout au scalpel en traçant un schéma critique apte à exorciser les démons de la crise politico-électorale congolaise dont les dessous n’ont de cesse de nourrir les pires avenir possibles pour le pays.

Tenter un troisième mandat pour le Président Kabila, c’est faire courir le pays le risque de l’embrassement. D’où, ne faut-il pas tenter le diable en le faisant. La machine à voter peine à trouver un consensus jusque-là. Ainsi, il faudra la faire certifier au moins avant fin juillet tout en sachant que du 22 juillet au 8 août c’est le dépôt des candidatures pour la présidentielle et la députation nationale. Dans cette lecture, les retombées d’une réelle certification sauront dégager l’option de l’utilisation ou non de cette machine et donc mettre d’accord une bonne partie de la classe politique là-dessus afin que la plus grande proportion puisse embarquer dans le train électoral.

Voilà, en somme, des conseils signés en off et en on par la CENCO. Ce ‘’ vade-mecum’’ vient donner matière à réflexion à l’ensemble des forces vives du pays tant à l’Opposition qu’à la Majorité en passant par la Société Civile dont la très active Comité Laïc de Coordination. Quel usage en sera-t-il fait ? Quels actes en découleront ? Répondre qui peut. LaPROS

DN