Pas un pas sans la prospérité.
Chaque jour, du lundi à samedi, reprise des publications quotidiennes

L’ultime question ?

L’ultime question ?

This post has already been read 9375 times!

Y a-t-il un pays où ça sent le rose à tout vent sur cette terre des hommes ? Y a-t-il une nation dépourvue des contradictions internes ? Sur base de ces deux interrogations, certains analystes proches de la Majorité au Pouvoir, non sans être contredits par d’autres, ne manquent pas de décrier cette attention accrue sur le Congo de Lumumba. La donne ne date même pas de ce siècle. Ce n’est pas qu’une petite touche d’ironie autour du passage de 1999 à 2000 mais, bel et bien, toute une donne. Pour sa position stratégique au cœur de l’Afrique avec neuf frontières vers d’autres pays puis, surtout, pour ses minerais dont les plus convoités par les temps qui passent, à savoir le Coltan, le Cobalt et le très célèbre Uranium, l’espace devenu nation sous les belges, Congo Indépendant, Zaïre puis RDC, présentement, n’a jamais manqué d’attiser des convoitises. Et, avec elle une immixtion des grandes puissances sur les affaires du Congo-Kinshasa tout en dévorant certains de ses dignes fils. Le cas de Patrice Emery Lumumba puis de Laurent- Désiré Kabila reviennent sans cesse.  Dans cet élan,  naturellement, la lecture des propos de Macron, Cohen et les positions du tandem Kagame-Lourenço passent pour une messe noire avalisant un coup contre la RDC. Un énième, d’ailleurs, s’il faille se remémorer l’épisode des années nonante clôturée par l’AFDL. Une sombre perspective contre le pays qui, lui, s’apprête à voir des élections être tenues.

Ces élections sont, en effet, le point qui achoppe ceux qui contredisent cette thèse. Pas d’élections depuis l’échec de 2016. A l’aube de la convocation du corps électoral le 23 juin 2018, il n’y a toujours pas un large consensus autour de certaines options phares pour l’organisation des élections prévues pour le 23 décembre. Pendant que l’insécurité à l’Est du pays reste préoccupante à Beni et ailleurs, à l’Ouest, dans l’Equateur, précisément, c’est l’épidémie de la maladie à Virus Ebola qui surgit.  Entre-temps, au Kasaï, après le phénomène Kamuina Nsapu, c’est la famine qui frappe les plus petits. Et, pour clôturer le décor, les turpitudes politiques et économiques ont depuis créé une gronde sociale. Car, professeurs, chauffeurs, corps soignants donnent des coups de colère avec notamment, des étudiants excédés, eux, contre les récentes hausses du prix du transport à Kinshasa. La RDC selon eux a besoin d’une aide extérieure pour mettre fin à la crise politico-électorale qui a vu le jour depuis la non organisation des élections en 2016 alors que le mandat présidentiel, le deuxième et dernier aux yeux de la Constitution prenait fin.

Tout observateur neutre et soucieux de trouver la juste posture se heurte à ce décor mental qui se plante peu-à-peu dans la conscience des congolais. Ces deux vues causent, ainsi, l’écoulement de salive et encre venant s’ajouter, de fait, avec les lots d’interrogations qu’elles suscitent sur la grande question posée successivement ces deux dernières années. A savoir, y aura-t-il élections ? Pendant que les tenants de cette thèse ou de celle-ci s’étripent pour savoir qui a raison, l’ultime préoccupation pour l’avenir du pays reste celle-là.  Et, à ces interrogations, des débuts de réponses seront données le 8 août, fin de l’étape de la convocation du corps électoral.

La Pros.