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Campagne précoce et violence verbale. Elections 2018 : le CSAC interpelle les professionnels des médias et les acteurs politiques

Campagne précoce et violence verbale. Elections 2018 : le CSAC interpelle les professionnels des médias et les acteurs politiques

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Usage des propos belliqueux, emploi de langage offensif, communication irresponsable, non-respect des textes législatifs. Voilà, en gros, ce dont le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), reproche aux professionnels des médias, aux partis et regroupements politiques, aux ONG du secteur des médias ainsi qu’aux institutions et la société civile en cette période électorale. Vu l’urgence, la nécessité et l’opportunité, ils ont donc été sensibilisés quand à ce par le CSAC, qui a apporté une série de recommandations valables tant pour les hommes des médias que pour les acteurs politiques et sociaux. C’était hier, mercredi 30 mai 2018, à la Maison des élections lors de l’atelier sur la campagne électorale précoce et la violence verbale à travers les médias en RDC. Tout cela, sous l’œil vigilent de Christophe Tito Ndombi, le Président du CSAC et de Corneille Naanga, Patron de la Centrale électorale en RD. Congo.

‘’Comment les médias peuvent-ils éviter de se comporter en vecteur de conflit ?‘’, s’est interrogé Primo Mukanbilwa, membre de l’assemblée plénière du CSAC pendant son intervention axée sur la violence verbale à travers les médias, constituants ainsi une source des conflits en période pré-électorale, électorale et postélectorale. Il a soutenu que c’est pendant ces périodes que des situations violentes dues aux messages des politiques sont favorables. D’où, la nécessité d’une communication responsable. Pour lui, les professionnels des médias ont le devoir de démontrer de façon explicite que les candidats ne sont pas des ennemis mais plutôt des adversaires politiques.

En effet, c’est une situation dramatique qui se transforme peu à peu en crime médiatique au vu et au su de tout le monde. Les messages incitant à la haine, à la discrimination et à la violence, de nature à mettre en péril la cohésion nationale sont de plus en plus flagrants dans le parler des politiques congolais, et dont la presse en fait malheureusement le relai de manière non-professionnelle. Et cela, s’ajoutant à la campagne électorale précoce dans laquelle plusieurs formations politiques s’y sont prêté depuis un moment. C’est l’ancrage même de cette activité qui a réuni, à l’immeuble Kin-Mazière, environ 207 participants délégués par les médias.

Partir sur le pied d’égalité

Il était question de partir cette fois sur le même pied dans le but de faire intérioriser aux participants l’évidence que la campagne électorale n’a pas encore commencé. Mais, également, pour leur sensibiliser sur la nature des propos à utiliser dans les médias conformément aux textes en vigueur afin de préserver la paix sociale et la cohésion nationale. Exposés, échanges, travaux en atelier.

Cet atelier était, en effet, l’occasion pour le CSAC d’inviter tout le monde à plus de responsabilité, et au respect du code d’éthique et de déontologie. Les médias se doivent de fournir l’information la plus complète possible pour répondre à l’attente des consommateurs. Ils peuvent apaiser ou exacerber les conflits. Ils jouent donc un rôle crucial et capital dans la participation de la communauté dans la gestion de la chose publique.

Le Président en exercice du CSAC a rappelé, cependant, que : ‘’la campagne électorale est une période politique où la moindre étincelle peut tout embraser‘’. Et un comportement irresponsable peut contribuer à empoisonner le climat social, a-t-il martelé. Selon lui, cette situation selon laquelle les journalistes se transforment en hommes de propagande risque d’impacter négativement le processus électoral.

L’élection est un conflit organisé

Pour le besoin de la cause, les institutions d’appui à la démocratie ont été invitées à ces échanges importants en cette période électorale. Le Président de la CENI, Corneille Naanga, a rappelé dans son propos que le calendrier électoral n’a pas dérouté et que toutes les dates seront respectées. Il a précisé que la campagne électorale débute bel et bien le 22 novembre, contrairement au théâtre politique et médiatique qui se passe actuellement. ‘’ L’élection est un conflit organisé. La campagne électorale précoce vaut donc un rappel d’ordre‘’, a-t-il insisté. D’où, le soutien de la CENI au CSAC. Les affiches et effigies sont aussi précoces et condamnables selon la loi électorale en son article 80. Et une amande allant de 200.000 à 2 millions de francs congolais sera infligée à ceux qui vont saboter ladite loi.

Invités à intérioriser le code de bonne conduite pour les acteurs politiques et médias adopté lors de la table ronde du 21 au 22 juillet 2011, les médias et acteurs politiques n’ont donc plus droit à l’erreur puisqu’ils sont prévenus. Les médias publics doivent réserver un traitement équitable et équilibré à tous les courants d’opinion. Les directeurs des programmes, des informations, des publications ainsi que les professionnels des médias sont tenus de respecter le code d’éthique et de déontologie du journaliste congolais dans la conduite des émissions de débats politiques. Et les acteurs politiques, d’avoir à l’esprit que la campagne électorale n’a pas encore commencé. Le non-respect de toutes les recommandations prises expose les contrevenants à des sanctions conformément à la loi, indique le CSAC.

Boris Luviya