Lettre d’auto-exclusion signée Bahati. AFDC : Kokonyangi parle d’une correspondance irrégulière

Lettre d’auto-exclusion signée Bahati. AFDC : Kokonyangi parle d’une correspondance irrégulière

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Le Ministre de l’Urbanisme et Habitat, Joseph Kokonyangi Witanene, revenant d’une mission à l’étranger, a balayé d’un revers de la main toutes les allégations décrites dans une correspondance adressée mardi 12 juin au Vice-premier Ministre, Ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi, par Bahati Lukwebo, Autorité morale de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo, AFDC. Laquelle correspondance, faut-il le préciser, constate l’auto-exclusion de Kokonyangi dudit parti pour absentéisme prolongé, défaut de cotisations ainsi que démobilisation des cadres et affidés de l’AFDC. Coup sur coup, Joseph Kokonyangi, tout en rejetant les affirmations consignées dans ladite lettre, a rassuré et confirmé qu’il est toujours membre de l’AFDC. « Nous avons fondé cette histoire [le parti] par nos mains. Ce n’est pas Bahati qui va se réveiller aujourd’hui…et commencer à décider sur le parti. C’est un bien commun, je suis de l’AFDC et je le demeure », a-t-il déclaré. Pour lui, cette correspondance est irrégulière et illicite d’autant plus que le signataire, en l’occurrence le Ministre du Plan, Bahati Lukwebo, a violé l’article 97, alinéa 2, de la Constitution en paraphant une lettre d’un parti politique alors qu’il dirige un portefeuille de l’Etat. Dans la foulée, il a rappelé qu’il reste fidèle au Chef de l’Etat, Joseph Kabila, et ce, surtout qu’il est le Secrétaire Général adjoint de la Majorité présidentielle. «Il faut qu’il [Bahati] se rétracte, qu’il se mette au milieu du village qu’on puisse parler. Ce n’est pas le moment de se tirer dessus parce que nous devons gagner les élections en tant que famille politique du chef de l’Etat », a-t-il ajouté. Pour plus de détails, veuillez lire, ci-dessous, l’intégralité de son interview accordée à la consœur en ligne Actualité.cd.
Comment réagissez-vous à la décision de l’AFDC ?
D’abord la lettre est irrégulière. Auto-exclusion ça signifie quoi, je ne sais pas. Le ministre Bahati que je respecte bien doit faire attention avec les moments et les époques. Moi je ne sers qu’un seul maître, je sers Kabila, je ne veux pas servir deux maîtres. D’abord, je suis son chef à la Majorité présidentielle, et puis il est ministre il ne peut pas signer une lettre comme président national de l’AFDC, il a violé l’article 97 de la constitution l’alinéa 2. Loin de moi d’aller dans tout ça, il faut qu’il se rétracte, qu’il se mette au milieu du village qu’on puisse parler. Ce n’est pas le moment de se tirer dessus parce que nous devons gagner les élections en tant que famille politique du chef de l’Etat. Je ne sais pas pourquoi il a choisi ce moment pour déstabiliser les grosses patates de l’AFDC. Il a commencé par son propre neveu, Jean Paulin Musonda chargé de la mobilisation du parti, il a chassé le SG Pascal Okengwa, Francklin Tshiamala, il a fait la même chose avec Tshinsupa, le véritable président national ad intérim, mais finalement il va chasser tout le monde. Il ne veut que faire de deal avec des minables, il chasse des gens intelligents, je crois Bahati est en train de se perdre et que le temps va le récupérer, parce qu’on est plus à l’époque de Mobutu.
Vous vous reconnaissez toujours comme membre de l’AFDC ?
C’est un bien commun. Nous avons fondé cette histoire par nos mains, ce n’est pas Bahati qui va se réveiller aujourd’hui avec sa femme et ses enfants et commencer à décider sur le parti. C’est un bien commun, je suis de l’AFDC et je le demeure.
Mais que répondez-vous aux reproches du parti, qui vous accuse notamment de vous éloigner de l’AFDC ?
Ce n’est pas lui qui doit signer ce document comme président national, il viole la constitution, un ministre doit démissionner de ses fonctions au sein du parti politique si non on va aller à la cour constitutionnelle. Il a fait une faute d’avoir signé comme président national.
Mais lors de votre dernière tournée au Maniema, vous avez aussi suspendu un cadre provincial de l’AFDC alors que vous êtes ministre…
Je l’ai suspendu parce que j’étais autorité du parti, j’ai constaté des bavures. Vous n’avez pas vu ma signature, mais lui Bahati a signé carrément comme président national, c’est grave.
Quid de votre avenir politique?
A l’AFDC, c’est le congrès qui a nommé Bahati comme président national Bahati et vice-président national Kokonyangi. Il n’appartient pas à Bahati de prendre une décision, le président Tshisupa doit convoquer le congrès pour nous entendre et à partir de là nous allons prendre une décision. Le parti politique ne se traite pas comme un pain dans la chambre avec sa femme et ses enfants.

(Corneille Lubaki/Actualité.cd)

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