Alchimie ?

Alchimie ?

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Le décor que présente la scène politique actuellement est de plus singulier. Une forme de main noire semble planer sur le Congo-Kinshasa, mieux des mains aux bras  et, peut-être même, aux dents longues bougeraient des pions autour d’un et un seul enjeu : l’alternance au sommet de l’Etat ‘’par les urnes’’. Deux niveaux d’approche peuvent être donc retenus sur ce but. Il y a, d’abord, l’antériorité des élections comme voie par excellence bien évidemment avant qu’il n’y ait alternance par une passation de Pouvoir civilisée entre le Président Kabila et son successeur élu. Seulement, sur cette voie, les romains s’empoignent.

Oui, puisque le processus électoral en cours n’a pas encore été exorcisé de ses pommes de discorde à l’instar de l’usage de la machine à voter, de la redynamisation de la CENI et du CSAC, puis, de la décrispation autour de la libération comme le retour des prisonniers et exilés politiques. Et, à ces points, il faudra ajouter la délie-langue par excellence qu’est la problématique de la quête d’un troisième mandat pour le Président Kabila, déclaré inéligible depuis l’expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel le 19 décembre 2016.

Si d’Adam et Eve, les empoignades étaient de rigueur pour des élections et donc, l’alternance, à quelques jours de la phase critique de la convocation du corps électoral en juin-juillet, l’enjeu d’une énième fin d’année électorale pimente la bataille politico-diplomatique. C’est dans ce tableau qu’il faille lire le retour à 180° du dossier Bemba à la Cour Pénale Internationale. Ce, alors qu’après les déclarations Macron-Kagame-Lourenço-Reynders, une rencontre très real politik est programmée à Luanda ce 17 juin avec comme invités, la crème des Présidents de la région des Grands Lacs dont le Président Kabila, lui-même.

Avec le verdict final de l’affaire Bemba Jean-Pierre fixé pour le 4 juillet, certains laissaient croire que le climat à l’horizon post-dépôt candidatures à la présidentielle 2018 dépendrait des retombées de Luanda selon que la thèse du 3ème mandat, jusque-là ‘’simple intention de certains caciques du Pouvoir’’, aura été annihilée ou non. Cependant, il faudra dire qu’une nouvelle donne s’insère dans ce ciel dont les étoiles ne sont pas faciles à compter. En effet, c’est là l’effet de l’ultimatum lancé par le Comité Laïc de Coordination à l’endroit de Joseph Kabila. D’ici le 30 juin, date de l’indépendance, le CLC demande des signaux clairs de décrispation qui comprend le chapelet de péchés reprochés au processus électoral actuel, avec comme cerise sur le gâteau, la clarification par Kinshasa, qu’il n’y aura pas de quête pour un troisième mandat, du 22 juillet au 8 août. A défaut de trouver satisfaction, le battage de pavé comme le 31 décembre 2017, le 21 janvier et le 25 février 2018 sera de rigueur. Tout bon analyste sait comprendre que cette période incertaine de la réaction du CLC tombe en juillet, juste avant l’appel au dépôt des candidatures à la présidentielle à la fin dudit mois et la venue, peu avant, du SG de l’ONU. Et qu’après ce cap, ce sera l’heure de vérité pour le lobby extranational anti-troisième mandat. Autant dire que l’avenir mystère prend un coup de graisse, quant à la RDC. Vers quelle direction se dirigera le Congo-Kinshasa d’ici la fin de l’année? Certainement, Luanda saura donner le ton. Mais, à coup sûr, le pays s’oriente, juillet-août et après, vers une cacophonie, si jamais l’alchimie de la confrontation prenait le dessus sur le schéma tracé dans l’Accord de la Saint Sylvestre.

La Pros.

 

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