Hydre !

Hydre !

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L’Hydre de Lerne est une créature de la mythologie grecque. Elle est décrite comme un monstre possédant plusieurs têtes qui se régénèrent doublement lorsqu’elles sont tranchées. De cet aspect très légendaire naîtra l’expression qualifiant d’hydre ce qui en lieu et place d’être stoppé semble se multiplier. En d’autres termes, un mal qui se reproduit à mesure que l’on l’éradique. Cette métaphore cadre, dans le contexte congolais, à la problématique de l’engagement expressis verbis du Président Joseph Kabila quant à sa recherche ou non d’un troisième mandat.

De l’avant 19 décembre 2016 à ce 21 juin 2018, il faut dire que l’attente aura été longue pour voir ce mystère s’estomper. Si, jusqu’au 19 juin 2018, certains espéraient qu’après le raté de la rencontre de Luanda qu’il (Joseph Kabila Kabange) allait se prononcer demain 22 juin, aujourd’hui, hélas, la donne est différente. Oui, dès lors que le speaker de l’Assemblée Nationale, chef de l’exécutif de la famille politique du Président Kabila, a, plutôt, annoncé le renvoi de l’oral signé JK pour au plus tard le 20 juillet de l’année en cours.

Si, la patience est de rigueur pour saisir les options définitives que Kinshasa lèvera entre les sirènes d’un troisième mandat et la voie historique d’opter pour un dauphin, la reprogrammation du speech de Joseph Kabila paraît comme un vrai coup politique asséné aux calculs jusque-là arrêtés pour la suite des choses. Ainsi, même derrière son célèbre silence manifesté ces temps par la demande de report des assises de Luanda et, avec force, par ce décalage, Joseph Kabila aura généré  une onde de choc sur la scène politique qui entretient, une fois de plus, le mystère sur son avenir politique.

En effet, le décor planté pour juillet se retrouve chambouler car, les signaux attendus en juin sont, désormais, à attendre d’ici le 20 juillet, à deux jours quasiment de la convocation du corps électoral dans la phase cruciale du dépôt des candidatures à la présidentielle. De la sorte, le qui-vive devrait être de rigueur dans les QG des partis politiques (MP et opposition) sur le sprint électoral à venir. Que fera le Comité Laïc de Coordination qui avait donné un ultimatum de décrispation totale de l’agora politique et le dépoussiérage du processus électoral, conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre tombant caduque ce 30 juin? Le non-talk du Président peut-il être assimilé comme non-décrispation aux cotés des exigences pas encore assouvies de la redynamisation, entre autres, de la CENI ? Mystère. La petite cerise sur ce gâteau d’interrogations qui clôturera le mois en cours est, sans nul doute, la perspective de la venue d’un nouveau vade-mecum de la Conférence Episcopale Nationale du Congo –CENCO. C’est ce 29 que les Evêques catholiques sont censés délier la langue à l’aube de la dead-line à mille contours qu’est le délai compris entre le 23 juillet et le 8 août consacré au dépôt des candidatures à la prochaine présidentielle. Quelles indications donneront les princes de l’Eglise Catholique ? Une fois de plus, le mystère perdure quoique les grandes lignes puissent être subodorées par les plus fines âmes. Quelles que soient ces dernières, elles constitueront la ligne de bataille du CLC. Juillet prend une couche de mystère. A quand la venue de Guterres, perçue, bloc Paris-Luanda-Kigali intégré dans une lecture politique pragmatique, comme le passage de Bill Richardson auprès de Mobutu ? Une fois encore, les enjeux obligent que le jeu politique tourne autour de la question : que dira Kabila ? L’hydre jusque-là sur cette préoccupation va-t-elle s’estomper ce 20 juillet ? Possible. Mais, la celtitude est que la forêt des mystères sera rasée dès la dernière minute de la dernière heure du 8 août.

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