Quand l’économie congolaise est en voie de disparition …

Quand l’économie congolaise est en voie de disparition …

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La bonne santé d’une économie se mesure par la production d’une gamme plus large de biens et services (croissance économique), la création des emplois (réduction du chômage) et l’augmentation des revenus de la population. Ainsi sur le marché national ou international, les biens et services issus de ladite économie sont de plus en plus nombreux. Lorsqu’on achète un téléphone ou gadgets Samsung, nous palpons la croissance économique sud-coréenne. Lorsqu’on achète une voiture Mitsubishi ou Toyota, nous consommons les fruits de la croissance japonaise.

Cependant, le marché local congolais n’est pas inondé des biens produits localement, il est plutôt dominé par les produits exportés. Le congolais mange, s’habille, consomme étranger. Si hier ce fut seulement les produits venus de l’Europe ou de l’Asie qui colonisaient le marché congolais, aujourd’hui, même les biens produits en Angola ou en Zambie inondent nos marchés. En 2015, l’Afrique du Sud et la Zambie ont constitué les principales provenances de nos importations avec 37% des importations globales de la RDC. Ces biens importés coutant moins cher et étant de meilleure qualité que ceux produits localement, l’industrie locale asphyxiée ne sait plus résister.

Si sur le marché local les biens produits en RDC ne sont pas visibles, ils les sont encore moins sur le marché international où le cuivre et le cobalt congolais sont cédés à vil prix. Nos exportations ne représentent que 2,92% des exportations de l’Afrique Subsaharienne et 0,02% des exportations mondiales. De 0,12% du PIB mondial qu’il représentait en 1960, le produit intérieur brut (PIB) de la RDC ne représente plus que 0,034% du PIB mondial et 2% du PIB africain. L’économie congolaise ne cesse de s’atrophier et perd sa place sur l’échiquier international.

Eu égard à ce qui précède, plusieurs questions traversent notre esprit : si sur notre marché, nous palpons la croissance angolaise ou encore zambienne mais sur quel marché est-ce que la croissance économique congolaise est visible ? Même la margarine, même le lait nous sont fournis par les pays voisins, l’économie congolaise n’est-elle pas en train de disparaitre? S’il survenait une grande crise à l’échelle mondiale à l’instar de la Grande Dépression ou encore le choc pétrolier des années 1970, l’économie congolaise subsisterait-elle ?

Les réponses aux précédentes questions portent un fond de pessimisme et pire de fatalité parce que chaque crise rétrécit la base de production de l’économie congolaise. Qu’à cela ne tienne, l’économie congolaise en croissance garde la même structure qu’avant, celle de l’exploitation-exportation de ressources naturelles à l’état brut mais pourquoi l’assiette des exportations se vide petit à petit ? En effet, en 1983, le Zaïre exportait les matières premières diversifiées (pétrole brut, le cuivre, le cobalt, le diamant, etc.) ; elle exportait également le café, le ciment, le bois et tant d’autres produits.

En 1983, les exportations du cuivre et du cobalt ne représentaient que 46% des exportations globales du Zaïre alors qu’en 2016, les exportations du cuivre et du cobalt représentaient à eux seuls 77% des exportations globales de la RDC. En plus localement, en 1983, l’économie zaïroise produisait du lait, des chaussures en cuir, en plastique, en caoutchouc, des réchauds, des pièces moulées, des pneus, des produits textiles divers. A ce stade, il y avait lieu de parler de la croissance économique.

Mais aujourd’hui, les entreprises congolaises sont en perte de vitesse, la classe entrepreneuriale congolaise est en voie de disparition. A peine on parle des entrepreneurs congolais de renommée, à peine on parle des entreprises en croissance, à peine on parle de biens produits localement. N’est-il pas temps de refonder l’économie congolaise sur d’autres bases ? Peut-être pas en commençant par de grandes industries mais d’abord en finançant de petites et moyennes entreprises dans l’agro-industrie. Peut-être en se fixant les objectifs à la Mao Tsedong qui disait : offrons au chinois au moins un bol de riz car pourquoi devons-nous élaborer les projets de production des voitures alors que nous mangeons étranger? Il est temps d’agir et de changer les choses.

 

Akhenaton IZU-MAKONGO

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