Front Commun pour le Congo. Le Centre : avenir menacé ou choix de l’avenir ?

Front Commun pour le Congo. Le Centre : avenir menacé ou choix de l’avenir ?

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*De plus en plus, le Centre se présente aujourd’hui comme la vraie prise de Joseph Kabila, depuis qu’il a signé, il y a quelques jours,  la Charte Constitutive du Front Commun pour le Congo au Pullman Hôtel, à la Gombe. Le buzz médiatique que  les réseaux sociaux en ont  assuré,  illustre combien le Centre, loin d’abdiquer à ses propres objectifs cardinaux, adhère plutôt à une vision orientée vers la victoire à l’issue des prochaines  joutes électorales.

Ainsi, l’opinion est-elle en droit de se demander si le Centre, au regard de cette nouvelle  alliance conclue autour de Joseph Kabila dont le mandat est arrivé à terme, depuis le 20 décembre 2016 et à qui la Constitution et l’Accord de la Saint Sylvestre reconnaissent, néanmoins,  le droit  de rester en place jusqu’à l’installation effective de son successeur élu,  gagnera le pari de son  avenir, après avoir gagné celui de son existence en tant que force politique incontournable en RD. Congo ?

Germain Kambinga Katomba y a répondu par l’affirmative, tout en assumant humblement et en toute honnêteté, la plénitude du  choix de la rupture  opérée  entre l’idée de payer la petite  facture due à l’instauration d’un dialogue politique et de la recherche d’un consensus permanent et, celui de la gestion symptomatique et catastrophique  des convulsions politiques résultant du chaos et  des  ratés des visions apocalyptiques, si jamais cette  crise politique entretenue,    dégénérait en  une guerre à l’effet d’arrêter  ou de retarder le processus électoral, de provoquer des pertes en vies humaines et, même,  d’hypothéquer l’avenir du pays tout entier   sur l’autel des intérêts égoïstes.

Après plus de 10 ans passés au  Mouvement de Libération du Congo et, surtout, après son passage de  quelques temps au Gouvernement, Germain Kambinga croit  en avoir tiré une expérience qui le fonde à inviter, ici,  la classe politique congolaise, toutes tendances confondues, à réussir au test de maturité, pour sauver la patrie.

Car, à ce stade, selon lui,  le processus électoral est engagé. Le calendrier est respecté. Le budget et les moyens logistiques sont là. De sorte qu’à  l’exception, peut-être, de  la méfiance sans cesse croissante entre les acteurs politiques, toutes les autres  contraintes techniques ont été rencontrées.

Comme Cyril Ramaphosa, l’actuel Chef d’Etat  Sud-africain, l’avait  si bien dit  dernièrement sur France 24, Kambinga réaffirme, lui aussi, que rien, rien alors, ne peut tordre le coup au processus électoral, si toutes les parties prenantes s’y engageaient résolument.

Choix décisif

Aux inquiétudes des Evêques et à l’appel du Comité Laïc de Coordination, il rappelle qu’en son temps, le Centre avait lancé un appel à la tenue d’une Table Ronde politique inclusive qui, normalement, devait se pencher sur toutes les questions politiques dont ceux qui font partie des préoccupations des hommes en soutane ou, alors, des Laïs qui les côtoient.

Cette proposition, insiste-t-il, avait été à maintes reprises renvoyée en direction de tous les acteurs politiques et de la société civile, de  tous les signataires de l’Accord de la Saint Sylvestre, y compris des  Evêques sous la férule de laquelle celui-ci avait été signé, mais sans trouver, cependant, l’onde de choc allant dans le sens d’y prêter une oreille attentive.

Fait accompli ?

Aujourd’hui, force est de constater qu’on en est là devant la politique du fait accompli. La CENI reçoit les candidatures à la Députation Provinciale, depuis le 24 juin 2018. Très prochainement, le 25 juillet 2018, elle listera les candidats à la Députation Nationale et à la Présidentielle du 23 décembre 2018.

Et maintenant, tout le monde, sans oublier la CENI, elle-même, est coincé par le temps. Que faire alors ? Refuser d’y participer, aller dans la rue et  appeler à la révolution afin que ce processus soit brutalement interrompu ? Faut-il, par contre, s’y engager avec toutes les forces politiques et sociales qui, visiblement, sont avancées dans les préparatifs ?

Pour ne pas tanguer en l’air et se soustraire aux effets funestes  de la politique ‘’fiction’’, entre les  forces nébuleuses sans vision, ni approches  programmatiques, le Centre, à l’instar du Modem de Bayrou en France ou du mouvement d’Ariel Sharon en Israël, s’est inscrit dans la Real Politik.

A l’ère de Startups où la numérique fait autorité sur les méthodes arriérées, surannées et ataviques, seules, la croissance rapide  et l’émergence peuvent déterminer les entreprises, fussent-elles politiques ou   créées par des jeunes,  à se propulser ou à se maintenir durablement.

En France, dit-il, Macron, 39 ans,  n’-a-t-il pas créé la surprise, avec la République en marche ?  Pourquoi veut-on que les expériences qui ont réussi ailleurs ne soient pas rééditées en RD. Congo, même si, au demeurant, les modèles et la typologie des schémas n’obéiront pas forcément aux résultats identiques ?

Pour autant qu’une telle perspective a été rendue possible en lisant la Charte du FCC qui laisse à chaque Plateforme ou entité membre, son autonomie et sa liberté, le Centre qui prêche tout, sauf la radicalité et l’extrémisme,  n’y a trouvé aucun mal.

Devant l’atermoiement de l’Opposition à se choisir un candidat commun et le Front Commun pour le Congo qui, très bientôt, va  sortir un candidat unique, il a choisi ce dernier, pour peu que d’autres sujets, tels que le sort du Président Kabila et consorts, soient traités, le moment venu, de manière démocratique à l’interne. Et qu’à l’externe, promet-t-il, le Centre ne jouera pas au trouble-fête. Il se prépare, par  contre,  à s’assumer dans son    rôle iconoclaste, lors ce débat-là.

Où en est-on ?

Le vin est tiré. Il faut le boire, dit-on. Au Centre, confirme son leader Kambinga, les cautions ont été payées. Mais, la vraie difficulté est  qu’on se retrouve devant des procédures complexes, des délais courts et la dimension vaste du pays (2.345.000 Km2) et l’inexistence des infrastructures adaptées.  Comment relever ce paradoxe ? La CENI devrait, dans ce cas, jouer à l’assouplissement de certaines procédures. Si, pour le vote, la machine à voter est proposée pour faciliter la tenue des scrutins, pourquoi ne le ferait-on pas pour le reste des formalités qui pouvaient, par exemple, passer par des documents scannés (en version pdf ou autres), pourvu que cela permette de gagner du temps et de se conformer, à la fois, aux échéances fixés au  calendrier et à  la loi électorale ?

LPM

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